Etudes générales et pratiques sur la phthisie
Le titre de cet Ouvrage en indique assez bien l'esprit et le but. Ce n'est point un traité, il manque de tout pour cela, de la méthode classique, de l'érudition, des faits et des détails élémentaires, de l'indication textuelle des sources, etc. C'est bien plutôt une suite d'études sur la Phthisie.
Je suppose la séméiotique connue et le diagnostic fait. Ce n'est donc pas aux commençants que ce livre s'adresse. 11 faut, pour le lire, être déjà versé dans la clinique de la Phthisie. Je voudrais que le lecteur fût autant que possible, pour le comprendre, dans les conditions où j'ai été pour le faire.
J'étais depuis douze ans médecin des hôpitaux de Paris; j'avais donc déjà vu et traité bien des phthisiques, car j'ai commencé mes études en 1829; j'avais
Il PRÉFACE.
même fait quelques leçons sur la Phthisie à l'hôpital Lariboisière, lorsqu'en 1860, je fus nommé Médecin- Inspecteur des Eaux-Bonnes.
Il y a des gens, ditLabruyère, qui ne savent que ce qu'ils ont appris. J'étais comme ceux-là : je ne savais guère de la Phthisie que ce que l'école m'en avait enseigné. A dater de 1860, je commençai à apprendre sur ce sujet quelque chose par moi-même. C'est le fruit de cette observation personnelle et indépendante, que j'offre aujourd'hui au public, non sans avoir déjà essayé plusieurs fois de lui faire part de quelques-unes de mes idées sur celte grande question, dans divers mémoires et dans des discussions académiques.
Je n'ai pas eu à recommencer ce qu'on trouve dans les nombreux et excellents traités français de la Phthisie. Portai, Bayle, l'immortel auteur du Traité de l'auscultation médiate, notre Lacnnec, Louis, Andral, Bouillaud, Bricheteau, etc. . . , etc. . . , sont entre les mains de tout le monde. Personne ne leur doit plus que moi, puisque, appliqué depuis plusieurs années à l'étude spéciale de la Phthisie, j'ai eu besoin, plus qu'aucun médecin, de consulter ces sources abondantes de faits précis et de démonstrations rigoureuses.
Il ne faut donc chercher dans ces pages qu'une suite de considérations scientifiques et pratiques sur la Phthisie, présentées avec plus ou moins d'ordre, et à un point de vue général différent de celui que Laënnec nous a imposé et que la médecine subit encore.