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CHAPITRE PREMIER

Anatomie pathologique générale de la Phthisie : pus, tubercule, productions dites caséeuses. — L'anatomie pathologique moderne s'approche beaucoup plus de la maladie que l'ancienne. Elle est essentiellement vivante. — Principe d'une classification des productions morbides. Son application aux maladies chroniques.

Autant l'anatomie pathologique éloigne de la Médecine, quand elle est grossière et mécanique, autant elle en rapproche quand elle est étudiée selon les méthodes de l'histologie et de l'organogénésie.

L'anatomie comparée, l'embryologie, le microscope et la chimie organique substitués au scalpel, à la macération et à tous les moyens de division mécanique, ont accompli un progrès qui tendra indéfiniment à ne plus faire de l'anatomie et de la physiologie deux sciences distinctes, et qui identifiera chaque jour plus dans l'avenir l'altération organique avec la maladie, et l'anatomie pathologique avec la pathologie.

La Phthisie n'a pas pour unique manifestation le tuber-

2 PHTHISIOLOGIE.

cule. Chaque appareil exprime à sa manière la luberculisation. L'amaigrissement, la dyspepsie, la fièvre, les phlegmasies du phthisique, sont tuberculeux, comme la fièvre du varioleux est varioleuse indépendamment des pustules de la variole en elle-même, et des modifications que les divers états de celles-ci peuvent imprimer à cette fièvre.

On devrait pouvoir reconnaître la tuberculose à un de ses symptômes quelconques aussi bien qu'en voyant les tubercules eux-mêmes ; et si l'anatomie pathologique était parfaite, l'aspect du sang, d'un vaisseau lymphatique ou sanguin, d'un élément organique quelconque du phthisique, révélerait la nature de la maladie aussi spécialement que la production morbide sut generis qui en est la manifestation fixe et plastique. Une lésion est, en eflet,un symptôme de l'ordre des fonctions végétatives, comme un symptôme est une lésion de l'ordre des fonctions sensitives et motrices, ou des fonctions animales. Les lésions et les symptômes se supposent mutuellement. La nature du tubercule, si elle était bien connue, représenterait toute la Phthisie à un pathologiste d'une pénétration profonde. Les symptômes généraux de la Phthisie ne lui révéleraient pas moins exactement la nature de la tuberculose et du tubercule.

Ceux qui disent, avec Graves, que la Phthisie est la cause du tubercule; ceux, au contraire, dont les doctrines supposent que la Phthisie est l'effet du tubercule, ne s'entendent pas plus avec eux-mêmes qu'ils ne s'entendent entre eux. Dans l'esprit du vitalisme moderne, où l'organisation et la vie se déterminent mutuellement et sont indivisibles en réalité, la phthisie pulmonaire et le tubercule ne sont ni antérieurs ni postérieurs l'un à l'autre. La tuberculose et la lésion qui la caractérise ne se précèdent ni ne se suivent. Elles sont, comme la vie et l'organisation, une même chose sous deux aspects.

Ce qui peut tromper à cet égard, c'est que les symptômes

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