CHAPITRE PREMIER
locaux, et surtout les symptômes généraux, sont quelquefois considérables avec des altérations tuberculeuses locales peu développées, et réciproquement; c'est-à-dire, que le rapport n'est pas toujours exact entre les lésions pulmonaires et les altérations de la nutrition, de la circulation et des fonctions générales de l'économie dans la Phtliisie. Rien n'est pourtant moins fait que cette disproportion, pour servir de fondement aux deux systèmes que je combats. Je m'appuierais même très-volontiers sur elle pour soutenir l'opinion contraire.
La Phtliisie n'est ni une maladie purement locale, ni une maladie purement générale. Elle est locale et générale tout ensemble, mais presque toujours avec une prédominance relative plus ou moins prononcée de l'un ou de l'autre ordre d'altérations. Les divers appareils de l'économie ne prennent pas une part égale à l'affection. Ils ne sont pas tous affectés au même degré. Ils ressentent la maladie, ou y concourent chacun selon sa mesure de susceptibilité morbide spéciale, ou sa mesure relative de résistance ou de santé. De plus, encore une fois, le tubercule n'est pas la seule expression organique de la tuberculose pulmonaire ou de la Phtliisie.
Cette maladie se manifeste par des phlegmasies disséminées au sein desquelles l'histologie ne rencontre aucune production tuberculeuse appréciable, et qui sont nées pourtant de la diathèse dont le tubercule est la plus haute, mais non la seule expression. On peut en dire autant de la fièvre. Associée aux phlegmasies dont je viens de parler et au travail de la tuberculisation, elle en exprime à sa manière la nature propre, car elle est déterminée par le même principe d'activé dégénération qui produit le tubercule. Or, ces diverses manifestations de la tuberculose, dont l'ensemble constitue la Phtliisie, sont loin d'avoir toutes la même intensité.
Pour bien comprendre cela, il faut se faire une idée
4 PHTHISIOLOGIE.
juste de la vie tout à la fois propre et commune des organes, de leur indépendance d'une part, et de l'autre, de leur dépendance réciproques. Or, cette vie propre et commune, cette indépendance et cette dépendance mutuelles, se retrouvent en pathologie, et sont même plus sensibles que dans l'état normal, où une parfaite harmonie les dissimule plutôt que de les mettre en évidence.
Ainsi, les appareils autres que le poumon paraissent quelquefois pendant longtemps ne pas entrer dans le tourbillon de la Phthisie, malgré l'existence d'une diathèse, c'està-dire d'une affection générale; mais si la tuberculisation pulmonaire marche malgré cette résistance de l'ensemble, les autres appareils finissent par être entraînés dans le mouvement de la maladie, selon le degré de leur susceptibilité morbide ou de leur disposition réfraclaire. Or, il est bien certain, que chacun de ces symptômes généraux, fièvre, phlegmasies diverses, vomissements, amaigrissement, etc., n'existe qu'en vertu d'altérations organiques correspondantes qui, sans tomber toujours sous les sens extérieurs et se produire sous l'influence immédiate de notre tubercule, n'en sont pas moins des effets congénères de la diathèse tuberculeuse. Il s'ensuit que le symptôme ou le trouble morbide de telle ou telle fonction, est toujours exactement en rapport avec une lésion tuberculosique quelconque, c'est-à-dire, avec une altération de nature tuberculeuse de l'appareil qui est le siège de l'altération fonctionnelle.
Des tissus doués de fonctions spéciales, le vasculaire, le nerveux, peuvent être affectés par le principe de la tuberculose sans formation de tubercules proprement dits dans ces tissus. Le tissu plasmatiquc ou conjonctif et ses équivalents, qui sont le siège de la dégénération tuberculeuse, peut lui-même être modifié par la diathèse sans qu'il en résulte une formation de tubercules. Qu'est-ce, en effet, que l'amaigrissement général qui se produit chez un sujet