CHAPITRE PREMIER
conjonctive, puis les appareils lymphatiques, ces bases de l'organisation, devenir le siège particulier d'altérations primitives ou propres à ces tissus fondamentaux.
Ici, le siège des déviations plastiques est plus général et plus profond. Les altérations sont aussi plus graves, plus hostiles à l'organisation : elles commencent à être destructives, mais avec des tendances assez faciles aux réparations. Telles sont les affections strumeuses, scrofuleuses. Le pus et les productions pyoïdes font leur apparition. On observe des inflammations qui, au lieu d'être superficielles et mobiles comme celles de l'ordre précédent, sont fixes et profondes, et au-dessous desquelles, si je peux ainsi dire, les tissus se ramollissent, s'ulcèrent, suppurent. Leur structure est menacée. Qu'est-ce que cela signifie ? Que des éléments à vie brève et chétive, à multiplication très-rapide et trèsenvahissante se sont formés dans la trame primordiale des organes et qu'ils y ont détruit et remplacé les éléments organiques sains. Cette destruction et cette substitution, qui peuvent s'étendre indéfiniment, si l'organisme est sous l'influence de ce qu'on appelle une diathèse, sont capables de contagionner et de s'assimiler la masse des forces ou des éléments sains. Trois productions morbides distinctes, mais analogues, entrent en scène et concourent principalement à ce résultat : ce sont le pus, la matière tuberculeuse ou caséiforme, et le tubercule proprement dit. J'appelle pyoïdes les deux dernières. Elles sont plus funestes et plus nécrobiotiques que le pus, car elles sont essentiellement destructives. Si je les groupe avec le pus, c'est que les caractères particuliers qui les séparent incontestablement de lui, n'empêchent pas certains caractères généraux très-importants de les en rapprocher. Elles ont une organisation inférieure et une existence pauvre ; leur vie est très-courte, et par conséquent leur multiplication très-rapide. Elles sont mal formées , atrophiques , sans vaisseaux , privées de toute sensibilité. Aussi, ont-elles une tendance extrême à dégé-
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nérer encore, ou à descendre vers des états presque inorganiques, inorganiques même. Des granulations d'une graisse inférieure et pathologique les envahissent bientôt presque nécessairement, et sont remplacées quelquefois elles-mêmes par un résidu calcaire, substance plâtreuse d'où toute trace d'organisation a disparu.
J'étudierai donc d'abord en eux-mêmes les trois éléments anatomiques si communément associés de la tuberculose pulmonaire ou de la Phthisie proprement dite, que je viens de nommer. Je m'occuperai ensuite de leur évolution dans les organes respiratoires et dans les autres organes, jusqu'à leur degré ultime et funeste, ou jusqu'aux arrêts d'évolution et aux procédés de réparation dont ces désordres sont susceptibles. Je décrirai aussi sous ce double aspect les altérations concomitantes, qui, pour n'être pas anatomiquement tuberculeuses, ne se rattachent pas moins réellement à la tuberculose où elles jouent un rôle considérable et dont elles éclairent singulièrement la nature et les rapports. Je veux parler des inflammations et des ulcérations, si nombreuses dans le cours de la Phthisie, et qu'on dirait n'être que des productions moins caractérisées, moins complètes, et comme diffuses de la tuberculose.
Ce tableau montrera que l'anatomie pathologique nouvelle est, comme je l'ai dit plus haut, essentiellement vivante, et qu'elle tend à se fondre chaque jour avec une observation clinique approfondie.
Il importe à mon plan et à l'idée générale qui domine ce travail, que je présente, avant tout, les caractères comparés du pus et du tubercule; que je recherche aussi en quoi consiste la matière dite caséeuse, — qui méritait un nom plus conforme à sa nature et à son importance, — et quelle place cette production occupe entre le pus et le tubercule.