‹ Etudes générales et pratiques sur la phthisieChapitre 27 sur 83 · TIHKRCULK DE LA MORVE · texte numérisé non relu

TIHKRCULK DE LA MORVE

La seconde maladie tuberculeuse distincte de la phthisie commune est, comme je lai dit, la morve-farcin.

Celle-ci, histologiquement parlant, et dans sa période de dégénération, ressemble beaucoup plus, d'un bout à l'autre,

1 Path. cellu'., p. 400.

à la tuberculose pulmonaire commune, que la gomme syphilitique, surtout lorsque la tuberculose des poumons revêt la forme inflammatoire. Les granulations du tubercule de la morve-farcin soit isolées, soit en masse, sont indiscernables de celles du tubercule commun. Cette maladie a aussi ses productions caséeuses du poumon, sa fonte purulente et ses cavernes.

Elle constitue presque exclusivement la phthisie pulmonaire du cheval, car cet animal paraît extrêmement peu susceptible de la phthisie tuberculeuse commune.

Mais ce qui, entre bien d'autres caractères spécifiques, distingue essentiellement la tuberculose morveuse de la tuberculose commune, c'est que celle-ci ne présente anatomiquement rien de plus primitif que le tubercule. Le tubercule y est initial. Rien, sous le rapport des productions morbides n'étant avant lui, il est tout. Au contraire, le produit caractéristique et virulent de la morve, ce n'est pas le tubercule, c'est le pus, la sanie, la matière du jetage fournis par les ulcérations des fosses nasales. Lorsque le tubercule morveux se montre, c'est que la maladie devient chronique, dégénère, commence à perdre sa spécificité et tout ce qui s'y rattache.

Cette étude comparée du tubercule commun, du tubercule de la gomme syphilitique et du tubercule morveux montre une fois de plus que je n'ai pas eu tort de faire du tubercule une production pyoïde. On voit, en effet, le tubercule présenter comme le pus, un état commun et des états spécifiques.

Les maladies spécifiques ont une suppuration qui les caractérise et les représente. Nous venons de voir aussi deux maladies spécifiques, la syphilis et la morve, avoir leur tuberculisation spécifique qui les représente aussi, mais seulement à un certain moment de leur processus. Quant au tubercule de notre phthisie pulmonaire, c'est le tubercule commun, comme dans les suppurations des ma-

DIAGNOSTIC DIFFERENTIEL DES TUBERCULES

ladies ordinaires et non spécifiques, le pus est un pus commun. Le tubercule commun, celui de notre phthisie, n'est ni plus spécifique ni plus virulent que le pus commun ou le pus des inflammations communes. Mais il faut se défier des tubercules spécifiques. Quoique eu leur qualité de productions en voie de régression et d'une faible vitalité, ils soient moins virulents et moins inoculables que les produits primitifs et naissants de la syphilis et de la morve, ils peuvent, celui de la morve surtout, avoir conservé des restes de propriétés virulentes et d'inoculabilité. Le tubercule commun n'est pas plus virulent, pas plus spécifique à son début qu à ses dernières périodes. L'étiologie de la phthisie pulmonaire le prouvera.

Je termine ici l'étude des éléments ou des matériaux qui forment lanatomie pathologique de la Phthisie. Il me reste à mettre ces matériaux en place, et à les voir se développer dans le poumon même et dans les autres organes où la grave et intéressante maladie qui fait l'objet de ce travail, nous les montre.

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