VI PRÉFACE
Si ce point de vue est plus médical que celui de l'Ecole, c'est qu'il est plus élevé et embrasse plus de faits ; si je cherche les rapports les plus généraux des choses, c'est qu'ils sont les plus constants et les plus pratiques ; si j'étudie surtout les causes internes, c'est qu'elles sont les seules nécessaires ; si je sors du tubercule pour en pénétrer la nature, c'est que, n'étant qu'une production morbide commune et dégradée, il n'a en lui aucune raison d'être originale et spécifique.
Les causes et les rapports qui tombent immédiatement sous les sens, ne servent guère généralement qu'au diagnostic du fait accompli, et n'engendrent presque jamais qu'une médecine impuissante et une méditation sur la mort. Il faut au médecin des perspectives de réparation et de vie.
Je me suis efforcé de faire voir, à la lumière d'une seule idée, l'analomie pathologique de la Phthisie, son étiologie, sa génération, ses variétés, sa cure dans l'individu, sa prophylaxie dans l'espèce.
Quand on embrasse la Phthisie avec la diversité immense et l'unité parfaite qu'elle a dans la nature, on en trouve le domaine assez vaste pour le désigner sous un nom à part dans la nosologie. Il y a une Phlhisiologie aussi justement qu'il y a une pyrétologie. Les matériaux me semblent prêts pour une doctrine nouvelle de cette maladie universelle.
Je montre aux observateurs une œuvre de science et
PRÉFACE. Ylf
d'humanité à accomplir. Je les prie d'adopter un instant mes principes et ma mélhode, et de voir patiemment, avec un esprit renouvelé,, si la Phthisie est, ainsi qu'ils l'ont cru depuis Laënncc, et que le faux jour de la pathologie expérimentale voudrait le leur faire voir plus encore aujourd'hui, une maladie primitive comme la morve et la syphilis, ou une maladie régressive et ultime, comme toutes les maladies caractérisées par des productions morbides misérables et mort-nées.
Qu'ils veuillent bien chercher, avec moi, si l'unité incontestable que je reconnais à la Phthisie, est due à l'unité spécifique et à la virulence séminale de sa cause; ou si elle ne résulterait pas, plutôt, de l'unité de dégradation dans laquelle une multitude de causes communes très-diverses et souvent opposées à l'origine, viendraient se confondre sous la forme de la plus universelle, et, par conséquent, de la plus inférieure et de la plus vulgaire des dégénérations de l'organisme et des productions morbides.
Si telle était la conclusion d'une enquête clinique rendue trop facile, hélas! par la fréquence déplorable de la Phthisie à tous les âges et dans toutes les classes de la société, nous nous trouverions bien loin des hypothèses qui s'essayent aujourd'hui sur les causes de celle maladie.
En dehors de la doctrine que je défends dans cet