‹ Études historiquesChapitre 11 sur 16 · CIRCONSTANCES · texte numérisé non relu

CIRCONSTANCES

AUXQUELLES SERAIT DUE LA DÉCOUVERTE DES CHEFS D* ACCUSATION ARTICULÉS CONTRE LES TEMPUERS.

Il arriva, dit* on, que du temps du Pape Clément V, un nommé Squin de Florian» natif de Beziers, fut enfermé pour ses méfaits, par ordre des ofiBciers du roi de France, ainsi qu'un Templier apostat, dans un château royal des environs de Toulouse. On les mit tous deux dans le même cachot.

Squin et son compagnon le Templier désespéraient de jour en jour d'avoir la vie sauve, à cause des crimes dont ils s'étaient rendus coupables, et comme font ordinairement les marins en dahger('), ils se confessèrent mutuellement leurs fautes. Le Templier avoua qu'il avait, au péril de son âme, beaucoup péché contre Dieu et l'unité de la sainte Eglise > et cela surtout à son

(1) More naTigàntinm*

entrée dans l'Ordre. Il fit à Squin le détail complet (^) de ses erreurs.

L'autre ayant entendu ces aveux, fit demander une entrevue au gouverneur d'une autre forteresse appartenant au roi de France, et, en sa présence, il offrit de révéler à Philippe -le -Bel quelque chose de très-important, dont il pourrait tirer un parti aussi avantageux que s'il s'agissait pour lui d'acquérir un royaume : t Faitesmoi conduire vers lui captif et chargé de chaînes, s'écriait-il. » Il ajoutait que, lors même qu'il serait sur le point de mourir, il ne ferait cette révélation qu'au roi de France.

Lorsque le gouverneur vit que, malgré ses promesses, ses présents, ses caresses, et même ses menaces, Squin ne voulait point lui confier ce dont il lui avait parlé, il écrivit au roi de France, en lui faisant part de tout ceci. Philippe lui répondit aussitôt, en lui donnant l'ordre de conduire le prisonnier à Paris, sous bonne escorte.

A peine Squin était-il à Paris, que Philippe le fit venir et le prit à part ^^^ pour savoir de lui la vérité, lui promettant que sHl disait vrai, il serait mis en liberté et récompensé. Squin rapporta au roi tout ce que le Templier apostat lui avait confié. Philippe donna immédiatement l'ordre d'arrêter un certain nombre de Templiers et d'informer contre eux^^^.

(1) Per ordinem.

(S) Tniit ad partem.

(3) Quelques historiens assurent qae ces deux coupables étaient le prieur de Montfaueon, de la provinee de Toulouse, etNoffo Dei, Florentin d'origine, exilé, et qni avait fkit partie du Temple. D'autres, eomme Amaury, Augier et Sponde, préiendeDt que eette dénonciation n'eut lieu qu'après l'arrestation des Templiers; mais tous s'accordent k dire que, de ces deux dénonciateurs, l'un fut pendu pour ses crimes quelque temps après, et Paatre assassiné.

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