‹ Études historiquesChapitre 12 sur 16 · INTERROGATOIRES · texte numérisé non relu

INTERROGATOIRES

M QUef.QfmS TEMPUERS Alf6LATS (1).

L*an 4309 de Fincarnatîon de Notre -Seigneur, le huitième jour après Fouverture du Concile^*^, le 40 des calendes de novembre, en présence des commissaires inquisiteurs déjà nommés , frère Guillaume Raven , de l'Ordre du Temple, fut introduit. Il lui fut demandé pendant combien ûe temps il avait fait partie du Temple ; il répandit qu'il avait été reçu dans FOrdre, il y avait cinq années écoulées, à Goumbe, dans le diocèse de Bath(^, par frère GfriRaume de la More, le dimanche apri& la Toussaint, en présence des frères Jean de Walpole, et Guillaume de Erynge, et d'environ une centaine de personnes laïques, dans la chapelle de cette résidence, à l'heure de Prime; que le frôre Gec^roi de

(1) Actes di Coneile Av Londres (IdOd) .

(9) Indictlone octsvi.

C8) Bàttettioisi.

micfs. Mil

Trè?es, chevalier, qui depuis a cessé ée vivre, avait été re^ ea même t^nps que lui.

U s^outa qu'il avait prié les T^ocipliers présents qu'ils voulussent bira l'admettre dans ledit Ordre, afin qu'il pût, jusqu'à la fin de sa vie, servir Dieu et la bienheureuse Vierge Marie.

Qu'on lui avait demandé si cette détermination était irrévocablement prise par lui^^) ; et qu'il répondit affirmativement. Qu'ensuite, deux frères lui exposèrent à quelles pratiques on était astreint en entrant dans rOrdre(^>, savoir : qu'il devait, dans toutes ses actions, faire abnégation de sa propre volonté, pour y substituer celle du précepteur; que s'il voulait faire une chose, ij lui serait ordonné d'en faire une autre, et que s'il avait l'intention bien arrêtée de rester dans le même pays, on l'enverrait dans une autre contrée.

Il promit tout cela, et jura, sur les saints Evangiles de Dieu, d'obéir au supérieur de l'Ordre, de ne rien avoir qui lui appartint, de conserver sa chasteté; de ne pas consentir à ce qu'une personne fût injustement dépouillée de son héritage, de ne jamais se porter envers quelqu'un à des actes de violence, à moins que ce ne fût en cas de légitime défense et en combattant les Sarrazins.

U dit encore qu'il fit ce serment dans la chapelle susdé^gnée, en présence desdits frères de l'Ordre et d'un prêtre dudit Ordre, dont il déclare ignorer le nom. Un des frères lui lut la règle du Temple, et lui enseigna

(1) Haberet llxam voiantatem.

(3) Rigores ordinis.

U8 PÛàlÈ.

comment il devait se conduire dans tout ce qui regardait sa nouvelle position<^). Ces instructions lui furent continuées pendant un mois par un frère servant, versé dans les lettres, nommé Jean de Walpole, et dont on a déjà parlé.

On lui demanda ensuite s'il avait prononcé quelque

vœu^^^à huis clos ou publiquement; il répondit que non.

Frère Hugo de Tadecastre , de l'Ordre du Temple, interrogé pendant combien de temps il en avait fait partie, déclara qu'il fut reçu à Farflet, diocèse d'York, par frère Guillaume de La More, dans la chapelle du lieu, un peu après le lever du soleil, et qu'aucune personne séculière n'assistait à sa réception ; qu'il n'est point d'habitude que des personnes de cette sorte soient présentes lors de cette cérémonie.

Interrogé sur la manière dont il avait été reçu, il répondit qu'il était Claviger au Temple, avant de faire partie de l'Ordre, et qu'il avait prié le grand-maître de lui conférer le grade de frère (^l On lui fit connaître la règle du Temple et les principaux statuts de l'Ordre t*) en ce qui concerne l'obéissance, la chasteté, l'abandon de toute propriété; il fut introduit dans la chapelle, en préci) QoaUter te haberet in dmnihas tpeetintibns ad ordinem. (S) Fecit aliquam professionem.

(3) Ut enm reciperet in fratrem.

(4) Sobstantialibus ordinis.

seoce d'une réunion de frères, composée de chapelains, de cheyaliers et de servants ; aucune personne séculière n'y assistait ; il prêta serment sur les saints évangiles de Dieu d'observer les trois vœux fondamentaux , les bons et louables statuts de l'Ordre, et de travailler selon ses forces, et contre les ennemis de la foi chrétienne, à la prospérité de la Terre -Sainte, située de l'autre côté de la mer.

Il ajouté qia'il jura de ne dépouiller personne injustement de son héritage. Alors on le revêtit du manteau de l'Ordre avec la croix, on lui plaça le bonnet sur la tête-

Il dit encore qu'il assista à un chapitre de l'Ordre, tenu à Dynesflée, où Philippe de Mewes, chevalier, fut reçu frère du Temple de la môme manière, et que ces réceptions ont toujours lieu avec les mêmes cérémonies; qu'il avait encore vu recevoir, à Gerynge, diocèse de Wigor, le frère Michel de Baskeviîle, ainsi que deux autres à Hapleden, diocèse d'Hereford, qui sont Henri de Paule, et Rodolphe de Evesham, chapelain.

Frère Thomas le Chamberleyn, de l'Ordre du Temple, lorsqu'il lui fut demandé combien de temps il avait fait partie de l'Ordre, répondit qu'il y était engagé depuis six années, non compris le temps qui s'était écoulé depuis son arrestation. Il dit qu'il fut reçu à Flaxflet, diocèse d'York. A cette question qui lui fut faite : Si les frères sont toujours reçus de la même manière, il répondit qu'il le croyait. Il ajouta qu'il fut reçu par frère Guillaume de La More, qu'en Europe et en Asie les mêmes ce-

iSO PIÈCES.

rémonies sont admises lors de la réeeptioo des frères, à ce qu'il pense, du moins, et qu'ils prononcent les mteies ?œux^*l

Il dit qu'B fut reçu dans l'église de Flaxflet, il y a huit ans, à la Pentoe^; qu'il fut soumis au mêmes formalités préparatoires ^'^ que les frères qui viennent de déposer, en ce qui concerne la chasteté, l'abandon de toute propriété, etc.

Il dit eocore qu'une seule porta fut fermée après son entrée dans le chapitre, et qu'il y avait une autre porte, placée près du cimetière, interdite à tout le monde. On lui demanda pourquoi les séculiers ne sont point admis lorsque les frères sont reçus et prononcent leurs vcbux; il répondit qu'il croit que cela est défendu par les statuts de l'Ordre (^)*

On lui demanda s'il croyait dictés par la vérité tes aveux faits $ms contrainte par les Templiers, et qui sont attestés par te seigneur Pape, tes cardinaux et les prélats <*^; il répondit qu'il n'en croyait rien.

Frère Rodolphe de Barton, gardien de la chapelle du nouveau Temple de Londres, fut reçu à Strode, etc. .

(1) Idem modus prolltendi.

(S) Caetera mufta preambula rccitabat.

(S) Seriliitur in libro eorunr articuloroiq.

(4) Magnâtes,

Interrogé s'il avait jamais connu les chefs d'accusation contenus dans la bulle, surtout en ce qui concerne le reniement du Christ et l'action de cracher sur la croix ; il répondit que non.

Frère Thomas de Toulouse, chevalier de l'Ordre du

Temple, interrogé, etc

répondit que les Tenaj^liers fontwage de ceintures, non pour adorer une idole, mais d'après les instruction^ de saint Bernard,

GiûUaume de Grawcômbe, de l'Ordre du Tmtfitd,

interrogé, etc> . . . . ,

nia les hérésies et les erreurs contenues dans les ohefe d'accusation^^), et dit qu'il n'avait jamais rien vîu dan$ ledit Ordre que 4e bon et 'd'honnête; il aloiula qu'il aijnerait xnieux moiuir ;que de cesser d'en finîre ps^ia,

(1) ActicaUs.

NoX.

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