XIII. Gl. Gai. Perg. De oompositione medicamentorum
libri septem, Jo. Guinterio Andernaco interprète. Parisiis, ap. S. Colinæum, 1530; gr. in-fol. de 219 pages, avec uu remarquable frontispice de la fin du quinzième siècle (signé du monogramme : la croix de Lorraine, peut-être Woeriot). Magnifique dédicace « au très chrétien roi de EEf-ttce François, P"' du nom ». 11 s’étonne de ce que si peu de médecins aient songé à restaurer la médecine en faisant connaître Part des Asclépiades. Les deux seuls sont Ruel et Gop, qui ont fait revivre en latin des ouvrages dénaturés par les Arabes et usés par le temps. Combien il en est encore à publier! Parmi les plus utiles est ce bel ouvrage de Galien sur la composition des médicaments suivant les genres... Elle est datée de la maison de Tagault, xiii calend. de février.
Jean Tagault fait ensuite une longue préface au lecteur. Il exalte l’heureuse renaissance des lettres à cette belle époque. Sous les vaillants chefs Cop (de Bâle), Linacer, Ruel et Léouicène, la médecine est sortie des ténèbres profondes [cimmeriü) eX a repris son ancienne splendeur. Il faut y jnindre un lutteur non à dédaigner, notre Jean Guinter, jeune homme certes plus savant en grec et en latin qu’on ne l’est d’habitude à son âge. Il établit longuement, et non sans élégance, les caractères de la vraie médecine. En somme, c’est de tous points un très beau livre. Le privilège octroyé par Jean de la Barre, chevalier comte d’Etampes... et garde de la prévôté de Paris, est du jeudi 10 mars 1529.
, It. Per Joannem Guinterium. Andernacum jam primum latinitate donati... Basileæ, apud Andream Cratander, 16 calend. d’avril 1530, petit in-fol. de 101 feuillets. Au verso du f. 97 : Cl. Gai. Perg. : De ponderibus et mensuris, Andrea Alciato interprète, avec Brevis vTzypoctfm, in qua cuique quantum quælibet piensura capiat, clare patebit.
It. Nunc denuo ad antiquissimorum Græcorum exemplarium fidem castigati, capitibusque distincti ac argumentis et annotationibus illustrati. Lugduni, ap. G. Rouil- Üum, 1552;in-16de 595-pages. .
Jean Guinter d’Andernach est tout près du terme de ses
études. Bachelier, le 18 avril 1528, sous le décanat de Claude Roger, il a subi ses épreuves, thèses, etc., et sera admis à la licence le 4 juin 1530, tout cela pendant le décanat de Pierre Allen. Aussi le voyons-nous, dans sa prochaine traduction de Galien, De anatomicis administrationibus, 1531, ajouter a son nom le titre de médecin. Mais, avant d’y arriver, qu’on me permette de rectifier en passant quelques erreurs importantes. Ori lit dans Prosper Hérissant (ouvrage cité, p. 10) : «Il fut reçu bachelier en 1528, sous le décanat de Pierre Allen. Fernel (1), un des principaux créateurs de la méde- » cine moderne, courait la même carrière... Gonthier reçut » le bonnet de docteur en 1530, et on lui remit même la » moitié des frais. ^ Voici la vérité, comme on la trouve dans les Commentaires. Le doyen Claude Roger (t. IV, feuillet 206) inscrit, au mois de mars, les bacheliers (il y en a 18), qui sont nommés après examen, le 18 avril 1528.
Joannes Andernacus n’avait pas les quatre années d’études réglementaires finies à la fêle de tous les saints. Deux témoins furent obligés d’attester sous la foi du serment qu’il avait déjà étudié à l’université de Leipsick. Pierre Allen, qui avait été élu doyen suivant l’usage le premier samedi après la Toussaint, le 7 novembrel528, donna (feuillet 248) la liste des Licenciés nommés le 4 juin Joannes Fernel a la
deuxième place, Joannes Guinterius, la huitième. L’acte de vespérie de /oawwes Guinterius (feuillet 269),
qui d’habitude précède de peu de temps celui du doctorat, eut lieu le 20 février 1531, sous la présidence de François Myron. Guinterne reçut le bonnet de docteur, Lauream doctoralem- suscepit {hvL\\\%i 208), des mains :de Richard du Tertre que le 29 octobre 1532, sous le décanat de Hubert Coquiel (2). Prosper Hérissant, en donnant la date 1530, se trompe
(1) Je ne puis me dispenser de signaler ici une des innombrables bévues du baron Portai (lîisî. de Varmt. et de lachir.). Se servant de la notice de Prosper Hérissant, il ne fait pas attention au point placé après Allen, et écrit bravement « sous » le décanat de Pierre Allen Fernel, dont nous ferons bientôt l’histoire. » (Ouvrage cité, p. 345.)
(2) Qu’on persiste ù appeler Robert par la transformation deffM en So.
de deux ans. Il confond évidemment la licence avec le doctorat. Je poursuis la recherche des grades successifs de Jean -Guin^ 1er. Son acte pastillaire a lieu le mardi 4 févri^ 1533. Com- ■nientaires, t. IV, feuillet 320 et t. V, f. 6. (1). Le jeudi suivant, deux jours après, il préside (extra ordinem) une thèse quodlibétaire, et dès lors, il est inscrit au nombre des docteurs régents par le doyen Jean Yasses de Meaux (Vasses: ' et non pas Levasseur, Joannes VassœusMeldensis).'La signature de Gùinter est au feuillet 316 du t. IV dès Commentaires- Son nom est sur.la liste qui est au verso du mêrhe feuillet. La signature de Guinterius se voit encore, t. V, f. 78 verso, à la lin du troisième décanat de J. Tagault, novembre 1536, et t. V. f. 45, verso.
Le 7 novembre 1534, le jour où Tagault fut élit doyen, les choses se passèrent d’une façon inaccoutumée. Des quatre électeurs (qu’on appelait Intrantes) délégués par chacune des quatre nations, il ne s’en présenta que deux, Nicolas Baron pour les Français (ex natione gallicana) et Jean kernel pour les Picards (Picardus). Ce nombre étant insuffisant (trois auraient suffi), l’élection fut faite par la faculté ellemême. Parmi les Normands, on ne trouva personne qui voulût accepter la charge d’électeur, et pour la nation, germanique, le seul qui en était alors, Jean Guinter d’Ândernach, ne ut pas accepté, parce que deux années ne s’étaient pas encore écoulées depuis qu’il avait présidé (extra ordinem) une thèse quodlibétaire. Le même jour et à la même heure, .furent, nomniés comme, lecteurs (professeurs) ordinaires de la faculté, le susdit Jean Guinter et Jean Fernel (ce dernier était prorogé), et l’on augmenta de dix livres leurs appointements, qui étaient de quinze livres par an, afin qu’ils missent plus de soin à'faire leurs leçons {ut diligentiorem operam navarent. suis iectionibus). Le mardi, 10 du même mois (trois jours, après) la faculté a été convoquée pour la remise des comptes du dernier doyen, Jean Vassès. A la fîu de cette
1) Cette double 'indicatiôn provient de ce que le p'rënner décanat de Jean VasSès a.étéjreipopié au commencement du t. S des Gcmimentaires. - . .
séance, Jean Guinter demanda à la faculté de vouloir bien lui remettre la somme de 17 livres 10 sous qu’il lui devait Personne ne -réclamant, cette faveur lui est d’autant mieux accordée, qu’il a bien mérité de la science pour avoir traduit en latin la plupart des ouvrages de Galien et toute la médecine de Paul d’Égine, quœ quidem summa, nemine réclamante, ei ultra condonala est, eo potissimum nomine quod optimé meritus esset de re medica et magna labore ac studia plurima Galeni apera et tatam Pauli Æginetœ medicinam latinitate dannasset. {Cammentaires, t, V, f. 46.) Cette date, d’où provenait-elle? On le voit au verso du feuillet 300 du tome . IV des Cammentaires. Pour les frais de son doctorat, Jean Guinter d’Andernach reconnaît, par écrit, devoir à la faculté la somme de 17 livres 10 sous dont a répondu J. Tagault. Au feuillet 33 du t. V, cette dette est rappelée dans les comptes du doyen Jean Vasses, et en marge, une note indique qu’elle a été ensuite remise qiar la faculté comme nous venons de le dire. Ainsi tombent toutes les suppositions qu’on a faites à ce sujet. « Peut-être le Roi paya-t-il pour. Gonthier l’autre moitié des dépenses qùe la faculté ne lui avait point remises, dit Prosper Hérissant, (om®. cit,, p. 11, note). Portai (ow. cit.) ajoute « un troisième .sentiment -. Certains historiens attribuent l’honneur de la récompense au cardinal du Bellay, protecteur de Gonthier. » J1 né s’agissait pas d’ailleurs des autres actes, pour lesquels .Guinter avait acquité régulièrement les droits régleraentaires. (Voy. Commentaires, t. IV, f. 210, verso, 211, verso, 228, verso, 254, 255, verso.)
De même, là Faculté de médecine, lorsqu’elle a proposé comme sujet de prix, en il^^,-YEloge de J. Gonthier d’ Andernach, a îail une supposition toute gratuite, en le quali- ;. fiant de médecin, ordinaire de François premier. Sur les listes des docteurs régents {Commentaires, t. V), on notait alors ceux qui avaient des places à la cour : Ludovicus Burgensis, primarius Regis medicus; Franciscus Myron, phini medicus; Lodovicus Braillon, medicus regius; Guil-
lellmus .Müet, id.; Joames Morelly, ià.; Hieron^nius Varades, id., etc. A côté du nom de Joannes Guinterius;i\ n’y arien. Et quand Prosper Hérissant dit, p. il. (o^ü. bit.):
« Cinq ans après (1), (François 1") lui donné une place parmi « ses médecins », c’est encore une erreur manifeste. Guinter avait quitté ou était près de quitter Paris. Les Commentaires nous apprennent eh effet qu’il était, au mois de novembre 1536, un des quatre électeurs, celui de la nation allemande, pour la deuxième nomination de J. Tagault. Mais, en novembre 1538, pour iélectioh d’Antoine Gallus, il n’était plus là {nam Germàniis nullus comenisset).
On ne peut pas non plus laisser passer cette singulière assertion de la page 10: «Depuis un siècle, la faculté n’avait « pas vu d’Allemand parmi ses membres. » Et l’illustre Guillaume Cop, de Bâle, qui fut reçu le premier de sa licence le 13 avril 1496, fut l’électeur allemand [intrans ex natione germana) pour la nomination du doyen Jean Bertoul, le 7 novembre 1500, et mourut l’ancien des Ecoles, le 2 décembre 1532. Et Narcisse Brun, licencié èn 1508, qui était intrans ■Alemanus, pour l’élection du doyen Louis Braillon, du diocèse de Laon, novembre 1516, l^"' samedi après la fête de tous les saints ! Commentaires, t. IV, feuillet 60.
XÏV. Cl. Gai. Perg. De anatomieis administrationibus libri novem, Joanne Guintèrio Andernaco medico interprète. Parisiis, ap. S. Colinœum 1531. Grand in-folio de 129 pages avec le même frontispice. Guinter est dans toute sa gloire de traducteur. Il adresse encore à François une importante préface sur cet ouvrage admirable de Galien. Histoire de l’anatomie, son utilité médico -chirurgical, etc., etc. Elle est datée de Paris, 15 cal. de mars 1531. — Bazileæ, ap. And. Gratandrum 1531. (Voy. plus loin). — Parisiis, excudebat Joannes Barboeus. Veneunt apud Jacobum Gazellum 1546. magnifique in-folio de 96 feuillets, imprimé en italique, sur beau papier. Bibl. Mazarine n“ 4461.— -Lyon, apud G. Bouil¬
li) 1537. La réception au doctorat est de 1532.
lùm 1551, in-ie. — Paris 1572, traduit eh, frànçais na Daléchamps. ,
tS. Cl. Gai. Perg. De çonstitutione artis medicœ liber
Jano Autoniaco interprète. Parisiis apud S. Golmæum,(inaii 1531, in-8 de 27 feuillets. Au feuillet 26, verso : Galenidi Prœsagiis ’ex insomniis libellus, eodem Jano Autoniaco interprète. (G. Gesner-Simler 1574, Bibliotheca, p. 327 et J. Georges Schenk 1609, Bibl. iatrica, p. 266, ont écrit à tort Antonigtus,et Haller, Bibl. med., I, 232, Antoniacus:) G’est bien Guinter qui est ici désigné, car on retrouve ces mêmes traductions dans Fana, etc., 1534. Au titre du livre sur la peste, il y a Antoniacenus . Dans la dédicace « Eruditissimo viro Huldricho Ghelio Pliorcensr physico apud Solodorenses, Janus Autoniacus S, », J. Guinter envoie à son ami ce premier livre de Galien, qui est un résumé très clair de ce qui est compris dans beaucoup d’autres ouvrages. Il se rappelle tout ce qu’il a fait pour la défense et la publicité de ses traductions, lui promet les livres qu’il a en préparation : «Galeni commentarîa in Epidemia, item Pàùlus Ægineta aliaque ejus farinæ », et termine en disant qu’il ne s’ar. rêtera pas jusqu’à ce qu’il voie tout Galien écrit en latin, wat., Td. 28, 17 (Réserve).