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LES ÉDITIONS ULTÉRIEURES

L’édition de 1555 a étç revue et corrigée par Vésale luimême. Il y a bien, en effet, quelques corrections, quelques suppressions et additions ; mais elle est loin' d’être aussi augmentée que l’ont prétendu ceux qui, pour tout examen, se sont contentés de regarder au nombre des pages. Et encore n’ont-ils pas vu une erreur de typographie qui a fait donner à l’édition de 1543 cent pages de moins ; en outre, l’édition de

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1555 est imprimée en caractères plus gros. Sauf trois figures explicalivesetquelqucsplanchesdpminimeimportance(p.560, 588,674), ce sont les mêmes bois qui ont servi à la 2' édition ; aussi quelques-uns manquent-ils de la netteté première. En revanche, l’impression du texte est splendide. Haller a dit avec raison (Meth. stud. med., 1751, p. 271) : « Hinc qui utramque editionem sib'i comparare possit; sccundæ textum et tabulas primæ considéré deberet. »

Le portrait de Vésale à mi-corps est pareil. Le frontispice n’a subi que de légères modifications. L’homme de la fenêtre à gauche est vêtu. Le squelette tient une faux au' lieu d’une houlette. Deux bêtes au lieu d’une sont introduites à droite. Le manteau du personnage debout à côté n’a plus de festons. Le privilège {cum Cœsâreæ Maiest. Galliarum Regix, ac Senatus Veneti gratia et privilegio, ut in diplomatis eorundem continetur) n’est plus écrit dans un cadre, mais sur une planche à vivisections. Le monogramme qui désignait Jean Oporin, a été supprimé; il était devenu inutile, puisqu’on a ajouté au bas du frontispice : Basileæ, per loANNEM Oporinvm. En somme, l’ordonnance du dessin (une leçon d’anatomie) est la même. C’est une copie moins bonne, à mon avis, que l’original. Au centre est Vésale, la tête un peu plus de face. La manche droite du/êt > ment est collante. Le cadavre et les objets qui sont sur la table devant lui présentent aussi de très-légères modifications. L’écusson des belettes est plus grand. Le titre ; Andreæ Vesalii Brüxellensis, invictissimi Câroli V imperatoris medici, de humani corporis fabrica libri septem (André Vésale n’est plus professeur à l’école de médecine de Padoue). A la fin : Basileæ, exofficina Joannis Oporini, anno salutis per Christum partæ MDLV, mense Auguste. Puis la marque de l’imprimeur un peu modifiée aussi. Au-dessous de la devise : invia virtüti nulla est VIA, Arion avec sa lyre est remplacé par un homme debout qui joue du violon, un pied sur la terre, l’autre sur un dauphin en mer. Je ne suis pas de l’avis de L. Choulant (ouvr. cité), qui trouve souvent l’impression des gravures de cette édition plus belle et plus vigoureuse. Sauf le texte, elle est certainement inférieure à la première édition de 1543, qui est bien autrement précieuse. Les lettres illustrées surtout sont loin d’être aussi belles. Les quatre grandes initiales O, T, Q, I, ont été conservées et permettent la comparaison avec un grand V, qui a été ajouté avec une composition nouvelle (Marsyas attaché à un arbre et écorché vif). Toutes les autres petites lettres, dessinées sans doute par le même artiste qui

a fait le grand V, présentent les mêmes sujets, mais bien moins heureusement traités.

Cette édition de 1555 a été reproduite en 1568 à Venise avec le même titre, apud Franciscum Franciscium Senensem et Johannem Criegher Germanum, en un moindre format et avec des caractères plus fins. C’est un petit in-folio de 510 pages, très-soigné, sans frontispice et sans portrait. Les gravures sur bois sont malheureusement réduites à de plus petites dimensions, mais néanmoins fort belles. Dans sa dédicace (c Antonio Monticatino, doctori in Ferrariensi gymnasio clariss. », François de Franciscis, imprimeur à Sienne, dit qu’il a ainsi rapetissé le volume énorme de Vésale pour la commodité des étudiants, «studiosorum gratia, eorum præsertimquibusres domi est angustior. Porro icônes exculpsit Joannes Criegher Poraeranus, juvenis diligentissiraus. Caetera vero quantis studiis et quantis nostris sumptibus confecta sint, incredibile est; sed arduunri tamen hoc opus... Venetiis, XV cal. Februarii, M. D. LXVIII (24 janvier 1568)». Suivant L. Choulant, Criegher serait Kruger. Pourquoi?

Les mêmes bois ont servi à une deuxième édition, Venise, 1604, chez Jocm. Anton, et Jac. de Franciscis, les fils du précédent libraire. Quoique répondant page par page à la précédente, elle a été imprimée de nouveau. On y a ajouté

avec un titre à part : « Universa antiquorum Anatome . et

Rufo Ephesio tribus tabellis (tableaux, et non pas figures) explicata per Fabium Paulinum, ut et fragmentum Sorani de Matrice. »

Saufletextedu Grand ouvraged’ anatomie publié, sansfigurès, à Lyon, chez J. Tornœsius, 2 vol. in-16 1552; à Francfort, 1604 et 1632, in-4, et de l’Epitome àParis, chez André Wechel, 1560, in-8, Wittemberg, 1582, in-8, il n’y a pas d’autres éditionsrégulièresdes œuvres anatomiques de Vésale jusqu’aux Opéra omnia Vesalii de Boerhaave et Albinus, Leyde, 1725, deux grands in-folios où se trouvent, exactement gravées sur cuivre par Wandélaer, toutes les planches du Graad ouvrage et de l’Epitome. Le frontispice et le portrait à mi-corps (par trop modifié) sont loin de valoir les gravures sur bois originales.

Je ferai remarquer en passant que les Opéra omnia Vesalii ne contiennent pas le Commentaire 'sur le neuvième livre de Rhazes (1537), ni la lettre sur la saignée au bras droit dans la douleur pleurétique (1539). Par contre, on y a ajoute les observations anatomiques de G. Falloppe pour la réponse de Vésale. (Anatomicorum observationum examen.)

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