‹ Études historiques et biographiquesChapitre 2 sur 23 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

La plupart des morceaux qui forment ce recueil ont déjà été publiés en 1835. Ceux qui sont ajoutés à cette édition nouvelle ont plus d*étendue et comportent plus de développements ; toutefois , je puis dire encore» comme alors, que la critique littéraire, et même les notices biographiques, sont une sorte de conversation de Fauteur avec le public, et ne composent pas une œuvre qui ait de Tunité et de la suite. Un écrivain contemporain, qui a contribué à donner à la critique une grande place dans les lettres, a modestement intitulé Causeries une série d'articles qui ont jeté une lumière nouvelle sur le caractère de beaucoup d'hommes célèbres et sur le mérite des œuvres de l'esprit. Son exemple a été imité, et maintenant la publication des morceaux épars dans les revues ou les journaux est devenue une coutume encouragée par le succès et par l'empressement des lecteurs.

. Malgré la diversité des sujets et le défaut de suite et

Il PRÉFACE.

d'enchaînement, une sorte d'unité peut être donnée à ces collections de morceaux détachés. L'auteur, dans ces entretiens avec le public, est inspiré par un même esprit , et par Tordre d* opinions qui ont dirigé ses travaux et ses réflei^ions* Qu'il mt soit permis de placer ici ce que j'écrivais il y a plus de vingt ans.

« Si dans ce recueil de fragments, divers par les sujets qu'ils touchent et par les époques où ils furent écrits, une direction générale peut être remarquée, j'aime à supposer qu'on y trouvera le constant désir d'une justice impartiale, la crainte continuelle de subir le joug des opinions exclusives et de l'esprit de parti, le besoin impérieux da rendre hommage à tout ce qui est noble dans la {lensée et désintéressé dans l'action, quelles qu'en puissent être inspiration et l'origine. J'ai toujours eu un grand éloignement pour la polémique; la vie militante de la controverse rend les opinions excessives et engendre des h^itudes de malveillance. Lorsque je commençai à pouvoir observer autour de moi , lorsque les yeux de ma raison s'ouvraient , les conséquences de toutes les opinions exagérées avaient été si funestes; elles avaient couvert )a France de tant de ruines et de tant de sang ) la patrie avait payé si cher Tenivrement des déclamations, le délire de l'orgueil, l'irritation des amours-propres, qu'il fallait bien se pénétrer d'aversion pour les excès de l'anarchie et de la tyrannie. » La modération et l'impartialité, qui m'ont toujours semblé un devoir moral, ne ressemblent pas à cette indifférence inerte, maintenant si commune, qui procède de

piitrACie« lit

la lamtade» du 0e8ptioiMiM| àm ealottlt de Viotérèi personnel ou de h faîbleêM du caraetère.

Les morceaux ajoutés à Tédition de 1835 sont od d«i biographies ou de» études faistoriquei ; tel a été eotkê^ tamment l'emploi de mes loisirs ^ le sujet de mes rd*" fleiions.

Les notices biographiques^ bien que pour la pldpaft elles soient dédiées à la mémoire d'hommes HVêC qu) j'avais des rapports d'amitié ou dont j'avais été rap*proche par les affaires publiques^ peuvent être lues avec confiance; je les donne pour sincères et vraies. La bienveillance est souvent plus juste que Taversion ou l'esprit /chagrin et satirique. Lorsqu'on a pénétré dans une intime connaissance , lorsqu'on a observé les intentions plus que les opinions^ le caractère plus que la conduite déterminée par l'action des circonstancfes, on est amené à apprécier la véritable valeur de celui dont on raconte la vie. Ce n'est pas indulgence ni apologie , c'est justice; on peint le modèle tel qu'on l'a vu, de près et souvent. Deux portraits de la même personne peuvent être ressemblants et différer par le coloris. Les portraits de Saint-Simon^ qui ont tant de relief et de vie y sont parfois ealomnieux ; il observait lés modèles au poini de vue de ses préventions haineuses et ne voyait qnt leurs défauts OU leurs ridicules ; eé grand

peintre n'est pas toujours vrai.

Quelques-unes dé ces notices préâfenteront peut-être un intérêt qui n^est pas seulement biographique et comportent un développement tenant à l'histoire cqUi*

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