VI PRÉFACE
les relations de cette haute magistratore avec Tautoiitâ royale, de faire connaître Tesprit dont elle était animée, la portée de son indépendance. La conduite du Parle* ment sous Richelieu peut servir à expliquer le rôle qu'il joua sous le gouvernement de Hazarin.
De cette double épreuve on peut déduire Jusqu'à quel point la grande institution de cette magigtraiure souveraine était une garantie conire le pouvoir absolu et reconnaître comment elle pouvait protéger le droit privé j lorsqu'il lui était interdit de maintenir le droit public.
Lorsque le pouvoir et même rinfluenee du Parle* ment eurent disparu devant la suprême puissance de Louis XIYy lorsque la France, fatiguée des guerreâ civiles/ ne souhaita plus que Tordre et le repos et fut séduite par la gloire , elle éprouva, quelques annéea après, quelles peuvent être les coiiséquencef d'un pouvoir absolu et sans contrôle.
C*est à Fénelon, c'ei»t à ce grand esprit, à cette haute vertu que nous avond demandé le tableau et le jugement de l'époque funeste qui suivit led belle» années du règne de Louis XIY ; nul n'en éprouva plus de douleur et d'indignation; nous en atons dierché les témoin gnages dans ses ouvrages, mais plus spécialement dans les Directiora de la cansoiênee d'un toi et dans sa eor* respondance avec M. deBeauviUiers^ Ses opinions, ou pour parler plus exactement, se» sentiments ne peuvent être suspects. Sa soomisaion^ son dévotiemeat, sa
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pitÉfAce. VII
loyauté ne BAUndent être mis en doute. Il aimait le roi, tout en détestant ses erreurs et ses défauts. 11 se soumettait pieusement au pouvoir absolu , ne lui demandant rien de plus que d*écouter de sages conseils et de gouverner dans les intérêts du pays ; ses projets n'allaient pas au delà ; il ne voulait pas que la souveraineté souffrit diminution ni partage ; il ne demandait d*autre garantie que la consultation des trois Ordres, en lés tenant séparés comme par le passé.
On a souvent remarqué , en examinant les opinions de Rousseau, qu*il prenait pourpoint de départ de ses systèmes une origine abstraite et théorique de la société ; il semble supposer qu'elle a pu être formée par des individus égaux stipulant leurs droits et consentant avec connaissance à sacrifier, pour Tavantage commun, une portion de leur primitive et entière liberté. Une telle formation des sociétés humaines n*est pas conforme à la réalité, ni aux traditions et aux témoignages historiques. C'est précisément le contraire qui est vrai; jamais l'inégalité n'est plus marquée que dans les sociétés naissantes ; puis elle diminue selon les progrès de la civilisation , du bien-être et du développement des intelligences. — J'ai pensé que les annales de la France pouvaient en fournir un exemple et une preuve ; il m'a semblé que l'histoire de l'égalité et de la composition sociale ne serait pas sans intérêt ', surtout à une époque où le principe d'égalité devant la loi a été appliqué non-seulement au droit
< 2* Série des Études.