XXIV PRÉFACE
Le Savoureux fit à Genève les études que l’on : pouvait y faire à cette date. On ne donnait pas de cours de morale, tant on comptaitsurla foi pour suppléer à tout. Dans ce milieu éminemment doctrinaire, la dogmatique était représentée par un mathématicien à l'imagination brillante qui exposait longuement une théologie de fantaisie. L’unique ressource était dans le cours de Symbolique, dogmatique comparée des diverses con-, fessions, donné par Merle d'Aubigné. Le célèbre historien non plus ne manquait pas d'imagination, comme l’a prouvé ,le jeune littérateur vaudois“ qui était déjà en train de devenir le docte, le consciencieux, l’exact Herminjard, qui trouve moyen de tout savoir et de ne rien oublier.
Mais enfin, il fallait bien compter avec les documents écrits, cela rognait les ailes.
C’est à ce cours bien fait et substantiel que lon était redevable de la dogmatique que l’on savait. R
En somme, le jeune Le Savoureux quitta la Faculté avec un bagage scientifique assez léger et avec des vues peu larges : l'horizon de Genève, encore peu étendu, était alors plus étroit qu'’aujourd’hui, vers 1840. Le jeune candidat emportait cependant l’essentiel, un zèle brûlant puisé dans un milieu favorable: une ardeur mission-