‹ Études historiques et exégétiques sur l'Ancien TestamentChapitre 36 sur 75 · XLIV PRÉFACE · texte numérisé non relu

XLIV PRÉFACE

rière, il n’a plus pour l’étude qu’une attention distraite.

La jeunesse fuit, l’âge arrive, la pauvreté devient lourde. Il est dur d’aimer la vérité plus que tout et d’être pour cela dédaigné. Ses contemporains le devancent, ses amis le délaissent, l’honorent à peine d’une indulgente compassion. Il lui faut un courage surhumain pour ne pas tomber dans la route. Que s’il rend dédain pour dédain, il s’aigrit et tourne au maniaque.

» Qu'importe au monde la vérité? À ses yeux, l'essentiel est d'arriver. Pour arriver, il faut partir ou ne pas suspendre à tout propos son jugement. Entouré d’ambitions hâtives, le philosophe reste neutre; il reçoit les coups de chacun. Les partis le repoussent, l’Église même le rejette.

Il en appelle à l'opinion. Mais il s’est tenu loin de la foule; ses amis ne peuvent le comprendre, ses adversaires le juger... Privé de conseil et d'appui, il se défie de lui-même. Il est modeste, on le croit sot. Le voilà perdu pour jamais.

n Où trouvera-t-il la force, le temps, les moyens äe surmonter tant de dégoûts? Qui lui dira s'il n’a point vécu de chimères? Doute poignant, doute cruel! Combien en un siècle savent y résister? Une âpre énergie le soutient. Il a vaincu les préjugés de l'enfance, les entraînements de la

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