LA RÉVOLUTION ET LA TRADITION
sont pas conleslés, dans la controverse politique dont les limites sont plus étroites. Respectons le présent, qui est le domaine inviolable des pouvoirs publics. Respectons Pa?*?nir, car il est à Dieu. Ne demandons pas même au temps s'il a encore quelque chose à faire, « le temps, dit assez étrangement le comte Joseph de Maistre, ce premier ministre de Dieu au département des souverainetés sur la terre (1)... » Laissons l'avenir, mais défendons le passé, si c'est sur ce terrain-là qu'on nous appelle. Personne en France aujourd'hui, quand il s'agit des gouvernements quine sont plus, n'a le droit légal de prévoir et de prédire. Tout le monde a celui de se souvenir. L'histoire des deux branches de la maison de Bourbon est depuis quarante ans en butte à tous les préjugés contraires. Sachons enfin leur rendre justice aux uns et aux autres : aux uns, qu'on disait voués au culte exclusif de l'ancien régime, tenons compte de la liberté qu'ils nous avaient donnée; — aux autres, qu'on croyait engagés sans retour dans la politique révolutionnaire, sachons gré de la prospérité dont ilsont versé dix-huit ans les Ilots sur la France et sur le monde. Il n'est jamais trop tard pour rendre hommage à la vérité. Les fautes des Bourbons, hélas ! les histoires écrites de notre temps en sont pleines, et on dirait que les historiens contemporains, y compris M. Rittiez, malgré son esprit de justice, n'ont d'autre tâche que de les relever. Pourquoi ne pas faire aussi le compte des bienfaits? « Sans doute, dit encore le comte de Maistre, » la maison de Bourbon devait quelque chose à l'inévitable » justice; mais je crois qu'elle a piyé »
(1) Lettres et Opuscules, tome lei, page 114 (Paris, 1851). FIN.