II PRÉFACE
empreints, dans le temps, d'un véhément esprit con-r servateur. Ils étaient alors, comme on disait, réac-? tionnaires. Aujourd'hui, le texte étant resté le même, la couleur dominante en est changée. On reconnaîtra, peut-être avec surprise, que la foi et Taccent qui animent ces pages, sont l'accent et la foi de la liberté, Ce qui était réputé trop conservateur il y a quatre ans, court donc en ce moment le danger de paraître trop libéral. Dans les temps révolutionnaires, les oscillations déréglées et violentes des événements ne manquent jamais de produire ces singuliers renver-r sements d'optique, par rapport a.\xx opinions mode-? rées et constantes.
Je ne regrette point ce contraste, et il ne m'est que trop aisé de le faire comprendre en me report£|.nt à mes impressions de 1848.
Oui, la Révolution de Février m'avait inspiré une profonde douleur. J'étais trop peu engagé encore dans les luttes politiques pour qu'aucune considération personnelle se pût mêler à cette souffrance. Ce n'était pas seulement la vague désolation qu'éprouve tout esprit ordonné en fàce d'une perturbation immense et soudaine. Ce n'était pas reffroi des théories qui se déchaînèrent alors sur la Fronce.; j'étais ipébrQnr
lableiomt coay^Qca que toutes le$ tentatives de destruction ne déplaceraient pas une seule des om'^ ditions fondamentales de la société. Ce qui me torturait, c'était l'issue où cette révolution était mani-" festeœent forcée de se perdre. Derrière ranarcbieje Yoyaisla dictature; après la démagogie, Tabsolutisme. Celte conséquence était écrite au front de la Révolution de Février comme Tarrét de l'histoire. « Cette révolution qui ne croit renverser qu'un gouvernement, précipiter qu'une poignée d^hommes, nous coûtera^ me disais-je^ la liberté! Elle était inutile aux progrès de l'avenir , puisque rien n'empêchait ces progrès de sortir avec maturité des institutions libérales fondées en 1814-, et maintenues au prix d'une révolution en 1830. Elle leur sera fuoeste, en anéantissant avec ces institutions le fruit des progrès passés. Elle nous fera rétrograder violemment d'un demisiècle. Et nous, les fidèles gardiens des principes et des traditions de 1789, nous serons forcés de reconquérir laborieusement et pied à pied ce qui nous appartenait déjà comme un héritage. r>
Je maudissais dans la Révolution de Février le mal qu'elle ferait à la liberté. Aujourd'hui que le mal est fait, il est naturel que le véritable esprit libéral de ces