‹ Études historiquesChapitre 16 sur 22 · FRANÇOIS IL · texte numérisé non relu

FRANÇOIS IL

De 155d à 1560.

Le règne de François II, de Charles IX, d'Henri III, et une partie du règne d'Henri IV, jusqu'à la reddition de Paris, ne forment qu'un seul drame dont les principales figures sont, pour les femmes : Catherine de Médicis, Marguerite de Valois, Marie Stuart, Jeanne d'Âlbret, la duchesse de Nemours, madame de Montpensier , madame d'Aumale, madame de Noirmoutiers, Gabrielled'Estrées et quelques autres; pour les hommes, parmi les princes, les prélats et les guerriers: les deux premiers Guise, François de Guise et le cardinal de Lorraine ; la seconde génération des Guise, Henri dit le Balafré , le cardinal de Guise et le duc de Mayenne; le duc de Nemours, le connétable Anne de Montmorency, l'anûral de Coligny et les Chàtillon ; les princes du sang, Antoine roi de Navarre, son fils Henri de Béarn , et les deux princes de Condé ; pour les magistrats : lHospital, le premier Mole, Harlay, Brisson , de Thou.

Dans le second plan du tableau, les personnages sont : les filles d'honneur de Catherine de Médicis, les mignons de Henri III et de son frère le duc d'Alençon, les satellites des Guise; Maugiron, Saint- Mesgrin , Joyeuse , d'Espernon , Bussy ; les grands massacreurs de la Saint -Barthélémy, Maurevert, Besme, Coconnas, Thomas, le parfumeur de Catherine de Médicis, sans oublier Poltrot , Jacques

Clément, et enfin Ravaillac qui ferma plus tard la liste de ces assassins.

Les gens de lettres et les savants ne doivent point être oubliés dans cette scène, parce que chacun d'eux y joue un rôle selon la religion qu'il professoit : Jean de Bellai, cardinal; Melanchthon, Beauvais, gouverneur de Henri IV; Jean Calvin, Charles Etienne, Etienne Jodelle, Charles Dumoulin, Henri d'Oysel, Pierre Ramus, duTillet, Belleforest, Jean de Montluc, évéque de Valence; Pibrac, Ronsard, Saint-Gelais, Arayot, Bodin, Charron , Cujas , Fauchet, Garnier , du Haillan, Lipse, de Mesme, Miron, Montaigne, Nicot, d'Ossat, Passerat, Pitou, Scaliger, de Serres. Alors le Tasse racontoit à lltalie la gloire des anciens chevaliers, à laquelle Cervantes alloit donner une autre espèce d'immortalité en Espagne; le Camoëns chantoit l'Orient retrouvé; le génie du moyen-âge, apparu sur la terre avec le Dante, descendoit glorieux dans la tombe avec Shakespeare; Tycho-Brahé, tout en abandonnant le vrai système du monde dévoilé par Copernic, acquéroit le titre de restaurateur de l'astronomie dans ces régions dont les Romains n'avoient entendu parler que comme la patrie inconnue des barbares destructeurs de leur empire.

Sur les trônes étrangers, les personnages à remarquer sont, Sixte V, Elisabeth et Philippe IL Des quatre rois qui gouvernèrent la France dans ces troubles, François II, Charles IX, Henri III et Henri IV, le premier n'est célèbre que par la beauté et les malheurs de sa veuve, cette Marie Stuart qui

transmit à son fils un nom funeste et un sang d echafeud.

Le gouvernement, sous François II , tomba aux mains des oncles maternels de ce jeune monarque, François de Guise et le cardinal de Lorraine. Le cardinal ayoit des liaisons intimes avec Catherine de Médicis : «Un de mes amis non huguenot, dit « FEstoile , m'a conté qu'étant couché avec un valet «de chambre du cardinal dans une chambre qui « entroit en celle de la reine-mère , il vit sur le « minuit ledit cardinal avec une robe de nuit seule- «ment sur ses épaules, qui passoit pour aller voir «la reine, et que son ami lui dit, que s'il avenoit «jamais de parler de ce qu'il avoitvu, il en per- « droit la vie. »

Le connétable de Montmorency et la duchesse de Valentinois voient tomber leur crédit Antoine de Bourbon et le cardinal son frère sont envoyés en Espagne sous le prétexte d'y conduire Elisabeth de France à Philippe U. La conspiration d'Amboise contre les Guise éclate ; elle étoit dirigée secrètement par le prince de Gondé.

Edit de Romorentin par lequel les évéques sont investis de la connoissance du crime d'hérésie. L'Rospital fut malheureusement l'auteur de cet édit ; il ne le rédigea que pour empêcher l'établissement de l'inquisition.

Convocation des états à Orléans , où sont mandés le roi de Navarre et le prince de Condé ; le prince de Condé est arrêté comme chef d'une conspiration nouvelle ; il est jugé , condamné à per-

dre la tête , et délivré par la mort de François II (1559, 1560).

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