‹ Études historiques. Le tombeau de Champlain et autres réponses aux questions d'histoire du Canada proposées lors du concours ouvert en juin 1879 par son excellence m. le comte de Prémio-RéalChapitre 1 sur 11 · V. Aumôniers de Jacques-Cartier, à son voyagé · texte numérisé non relu

V. Aumôniers de Jacques-Cartier, à son voyagé

de 1535, VI. Origines du mot Canada.

VIL Origines du mot Québec VIII. Noms donnés à l'Ile d'Anticosti.

IX. Les Lieutenants-Gouverneurs de Québec. X. Les Lieutenants-Gouverneurs de-Gaspé.

XL Français restés à Québec, en 1629.

XÎL Liste de l'équipage de Jacques-Cartier, k son 2e voyage au Canada, en .1535.

àj?«ehdicë : — Calendrier des principaux événements religieux du Canada de IG 15 à 1650.

AVÂN.T-PEOPOS

En juin 18Ï9, Sou Excellence M. le Comte de Premio-Eeal ouvrait Un concours sur des questions d'Histoire du Canada. Grâce au grand intérêt que cet homme ' distingué porto à ces sortes d'études, et aussi à la générosité dont il a donné alors une preuve non équivoque, des prix étaient offerts à celui ou à ceux qui donneraient les réponses les plus satisfaisantes. Un jury d'examinateurs, composé de S. E. M. le Comte de Premio- Real, de M. le Président de la Société littéraire et historique et de M. le Président, de l'Institut-Canadien, décerna les deux prix au même concurrent, l'auteur de ces Etudes.

Ayant manifesté depuis à S. E. M. le Comte notre intention de livrer nos

réponses à la publicité, il a bien voulu seconder nos efforts dans ce sens. Nous avons revu une des questions principales. celle qui a trait au tombeau de Châmplain, et l'ayons considérablement augmentée.

La lettre flatteuse que Son Excellence nous adresse et que nous publions, est de nature à nous encourager à faire connaître au public le résultat de ces recherches qui ne seront peut-être pas sans quelque intérêt pour ceux qui aiment à connaître l'histoire de leur pays.

Québec, le 6 mars 1880.

Monsieur le docteur.

J'ai vu avec une profonde satisfaction que vous comprenez l'importance des questions historiques en général, et de celles en particulier qui intéressent le pays où vous êtes né et dont j'aime tant le séjour.

On doit toujours encourager autant que possible les esprits sérieux et perse-

vérants qui Teulent bien comprendre qu'en dehors des occupations professionnelles, d'autres champs sont ouverts à leur activité, et qu'ils peuvent par l'étude y foire des découvertes utiles.

Je vous assure, Monsieur le Docteur, que je n'ai jamais débourse avec autant de plaisir que lorsqu'il s'est agi de vous faire parvenir la très-modeste somme, montant du prix que vous avez obtenu.

J'aimerais à être plus riche pour pouvoir accorder souvent des récompenses aussi bien méritées.

La reconnaissance que je vous dois pour avoir répondu avec tant de sagacité aux questions historiques qui vous ont été posées, est grande, très-grande ; car vous m'avez prouvé que l'idée qui me guidait n'était point stérile.

Quant à votre intention de publier une nouvelle étude sur le tombeau de Champlain, tous ceux qui s'intéressent à de pareilles recherches ne peuvent que vous féliciter et vous encourager sur cette nouvelle piste.

Vous avez d'autant plus de mérite à poursuivre vos travaux que la voie en est plus ardue, je dirai môme plus aride. L'histoire, en effet, n'admet pas les ornements dont les autres genres littéraires sont susceptibles. Le poète qui veut séduired'orateur qui veut persuader, ont à leur disposition le merveilleux de la fiction, l'arsenal des images brillantes, des tours oratoires, l'enchantement de l'harmonie, le balancement des périodes sonores. Au contraire, l' attribut essentiel de l'histoire, que dis-je ! son but même est la vérité, intéressante sans doute, mais la vérité.

Que la critique ne vous décourage1 donc pas, et surtout quand elle est pleine de fiel. Si quelqu'un vous traite mal, tant pis, non pour vous, mais pour lui. Il méconnaît le conseil du célèbre écrivain anglais Harris : " de fixer notre attention plutôt sur ce qui est louable que sur ce qui est blâmable, c'est-à-dire, de plus rechercher les sources de la louange que celles du blâme ; car, bien

qu'il arrive parfois à un critique d'être sévère avec raison, il peut fort bien dans une autre occasion se tromper, et s'expose alors au sarcasme décoché au savetier qui se posait en critique : Ne suior ullrm crepidam"

D'un autre côté, je comprends votre goût pour ces recherches historiques et l'intérêt particulier qu'on éprouve au Canada à traiter des questions, dont quelques-unes sont très-obscures. L'apparente confusion avec laquelle les astres nous apparaissent semés sur la voûte céleste, n'ajoute-t-elle pas à l'intérêt de l'astronomie.

Enfin, comme vous n'avez point la prétention de laisser, nouveau Salluste, des modèles de narration historique, mais seulement d'élucider certaines questions controversées, je vous félicite de ce que vous avez fait. Je n'ai jamais eu 1® plaisir de vous rencontrer ; je ne vous connais point personnellement ; mon opinion ne saurait donc être influencée par mes sentiments: Je vous réitère

encore une fois cordialement mes félicitations, et me fais un véritable honneur de me dire

Votre très-humble

et très-obéissant serviteur,

PremioRexl.

LE

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