‹ Études historiques. Le tombeau de Champlain et autres réponses aux questions d'histoire du Canada proposées lors du concours ouvert en juin 1879 par son excellence m. le comte de Prémio-RéalChapitre 10 sur 11 · LIEUTENANTS-GOUVERNEURS DE GASPÉ · texte numérisé non relu

LIEUTENANTS-GOUVERNEURS DE GASPÉ

Nous sommes dans l'ignorance à peu près complète sur les motifs qui engagèrent la mère-patrie à nommer des officiers d'un grade aussi élevé que celui de lieutenant-gouverneur, quand rien ne semblait exiger de tels besoins. Plusieurs s'accordent à croire que N. Cox fut le premier Lieutenant-Grouverneur de Graspé. C'est bien à tort, croyons-nous, car avant lui, il dut y en avoir plusieurs autres, entr'autres un nommé Elliot ; mais aucun d'eux ne résida à G-aspé. Ce n'était qu'une sinécure à laquelle se rattachait d'assez forts émoluments ; récompense accordée au mérite, devons-nous charitablement supposer.

Mais, en 11 Ï4, quand les loyaux de la Nouvelle-Angleterre semblaient vouloir s'établir au Canada plutôt que de secouer

le joug, alors l'Angleterre, ne pouvant que leur tendre une main seeourable, comme c'était son devoir, leur offrit l'hospitalité dans les vastes cofntés de Graspé et de Eonaventure. Un lieutenantgouverneur fut nomme, et ce fut Nicolas < 'ox. Ses états de service nombreux, la bravoure qu'il avait déployée lors du siège de Québec en 1759, lui avaient valu cet honneur insigne qui lui rapportait mille beaux louis dor et d'autres choses encore. Ce ne fut qu'en 1/780, qu'il se rendit à Percé pour prendre possession de son gouvernement, il avait une maison à Nevr-Carlisle, et il s'occupa beaucoup de faire progresser cette partie du Canada qui commençait à prendre de l'importance. En lt84, on lui accorda une pension que ses infirmités ravalent forcé à demander. La Gazette de Québec du 16 janvier 1Ï94, annonçait ainsi sa mort arrivée le 8 du même mois : " Vendredi, le 8 janvier, est décédé a ;- l'âge de 70 ans, Nicolas Cox, écuyer, i; Lieutenant-Grouverneur de Graspé et

u Surintendant des pêcheries du Labrai; dor. Dès ses premières années, il •' embrassa la profession des armes, et il " y servit fidèlement son roi et son pays " pendant plus de cinquante-deux ans.

" Il prit part aux sièges de Louisbourg 11 et de Québec, et commandait une '■ compagnie du 47e régiment à l'immor- " telle bataille des plaines d'Abraham. " le 13 septembre 1Ï59. Dans la belle i; défense de Québec, au printemps de M 1776, Lord Dorchester l'adjoignit à son " état-major ; et bien que ce temps soit " déjà loin de nous, il y a encore vivants i; trop de ses frères-d'armes qui peuvent ;' rendre à son zèle, à sa fermeté, à sa " ponctualité à remplir scrupuleusement ,; son devoir, un témoignage aussi ample " qu'honorable, pour qu'il soit besoin '; de s'étendre sur ce point."

Francis LeMaistre remplaça Cox. Il ne demeura que peu d'années à Percé.

sa résidence ordinaire. Il mourut à Québec en 1805, et le Mercury du Ï6 février, donne un résumé des cérémonies

qui accompagnèrent ses funérailles. 11 mourut en sa demeure, rue Sainte- Famille, le 13 février 1805. Il était un des Adjudants-Généraux de la Milice Provinciale et Colonel d'un bataillon de milice de Québec" L'on ne connaît que fort peu de chose de ce lieutenantgouverneur ; et nous n'avons de pièces officielles émanées de lui qu'une ordonnance aux habitants de la Rivière à l'Anguille, datée de Percé, le 11 août: lï84, et à la môme date, une autorisation à Jacques Gangnon d'agir comme chef des sauvages domiciliés à Eistigouche.

A F. LeMaistre succéda Alexander Forbes, Celui-ci ne se rendit probablement jamais à Graspé, au moins avec l'intention d'y résider. En 1821, la Chambre d'Assemblée siégeant à Québec, voulut mettre une fin à ce qu'elle considérait comme un abus. Ce fonctionnaire " ne résidant pas dans la province, " c'était faire payer «£800 inutilement. Mais le Gouvernement fit la sourde oreille, maintint Forbes en place et lui

continua ses émoluments. Eu 1825, on constate que la Chambre d'Assemblée refusa de voter lïtem suivant des subsides : Lieutenant-G-ouverneur de Gaspé .£300. Le résultat ne fut pas plus satisfaisant qu'en 1821, et cette sinécure continua d'exister. En 1883, À. Forbes était encore Lieutenant-Gouverneur de Gaspé, mais il est fort probable qu'on lui avait refusé son salaire dès l'année 1881, quand Lord Aylmeré dans son message aux Chambres, disait : " On 11 Impose d'abolir la charge de Lieute- " nant- Gouverneur de Gaspé comme k- n'important plus au service public ; " mais il est à espérer qu'en l'abolissant, " le Gouvernement verra l'Assemblée " payer les justes réclamations pour " arrérages des deux années précédentes, •: et comme indemnité pour la perte que le " titulaire éprouvera par cette abolition/' JJ Almanach de Québec de 1833 mentionne encore A. Forbes comme Lieutenant-Gouverneur de G-aspé. Etait-ce par erreur, ou parce que celui-ci aurait

préféré conserver le titre honorifique et sacrifier les £300 ? nos études ne nous permettent pas de nous prononcer sur ce point obscur, qui mériterait d'être mieux connu.

FRANÇAIS RESTÉS A QUÉBEC, EX 1629, APRÈS LE DÉPART DE CHAMPLAÏN, LORS RE LA PRISE DE

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