‹ Études historiques. Le tombeau de Champlain et autres réponses aux questions d'histoire du Canada proposées lors du concours ouvert en juin 1879 par son excellence m. le comte de Prémio-RéalChapitre 9 sur 11 · SECOND VOYAGE AU CANADA · texte numérisé non relu

SECOND VOYAGE AU CANADA

Deux religieux faisaient partie de l'escadre de Jacques-Cartier, lors de son 2e voyage au Canada ; leurs noms étaient Dom Antoine et Dont Guillaume le Breton, (Voir la liste de l'équipage).

.T'ignore les raisons qui ont fait dire à l'auteur d'une note, que nous lisons au bas de la page 38 de l'édition canadienne des voyages de C artier, les mots suivants : " Il est certain qu'aucun ecclésiastique " n'a accompagné Quartier soit dans le " premier voyage, soit dans les autres " qu'il fit subséquemment en Canada. " L'opinion qui prévaut pourtant est, que Cartier à son second voyage, s'était fait accompagner d'ecclésiastiques qui célébrèrent la sainte messe à Québec et

ailleurs.

Ferland le dit expressément, et donne môme le nom de ces aumôniers.

Dans Laverdière, il est dit, que le P. Dolbeau célébrait à Québec, le 26 juin 1615, la première messe qui y ait été dite depuis l'époque de Cartier.

L'abbé Faillon arrive à la même conclusion, et fait une longue et savante dissertation à ce sujet. C'étaient probablement deux Bénédictins, si on en juge par le titre de Dom qui précède tours noms. Ce point importe peu du reste à la question principale.

origines du mot Canada.

Quelques-uns prétendent que les Espagnols furent envoyés par François I pour découvrir des terres nouvelles ; parvenus à la Baie des Chaleurs, ils se mirent à la recherche de mines précieuses, et ne trouvant rien, ils manifestèrent leurs déceptions par ces mots : acanada, rien ici. Les Sauvages ayant saisi ces paroles, en avaient appelé le pays du nom de Canada.

D'autres affirment que Canada est une corruption des mots Capo de nada, cap de rien, cap stérile, dénomination que les Espagnols auraient donnée à cette terre qu'ils croyaient stérile.

Dans une pièce inédite de la bibliothèque de l'Université-Laval, nous avons trouvé l'origine suivante du mot Canada.

Ce mot viendrait des premiers voyageurs qui descendirent en ce pays. Quelqu'un leur ayant demandé ce qu' ils cherchaient, ils répondirent qu'ils étaient des hommes cherchant une terre, segnada Canada.

Canada signifierait alors terre.

Ces étymologies diverses tirées de la langue espagnole, ne sont pas rationnelles à notre sens. Supposant même, que des Espagnols auraient foulé les premiers le sol de Terre-Neuve, de la Nouvelle- Ecosse et môme du Nouveau-Brunswick.

et que les Indiens de ces contrées auraient appris d'eux le mot Canada, ou ne peut guère s'expliquer comment ils eussent pu appliquer ensuite cette appellation à un pays qui commençait à l'Ile aux Coudres et se prolongeait jusqu'à Hochelaga, à l'arrivée de Cartier en 1535. La langue sauvage, du reste, était assez riche pour y puiser le mot Canada, et on ne peut pas croire un instant que ce mot ne dérive pas de l'indien.

La véritable étymologie vient du mot Iroquois Kannata, qui signifie amas de

cabanes, de inities ou un village. Dans le vocabulaire de la langue de Hochelaga, joint au journal de Cartier, il donne Canada ou Kannata comme le mot employé pour ville ou village. Il a la même signification dans la langue mohawk.

Belleforest et Thevet traduisent Canada comme un mot indien qui signifie terre.

origines du mot Québec.

On trouve Kebek dans le P. Bressaiiy, et Kebec très-souvent dans les Relations et ailleurs. J. Cartier ne donna à ce lieu d'autre nom que Stadacone et Stadacona, village des Sauvages. Jean Alphonse l'appelle toujours Canada, et Jean de Laët Stadaca et Stadacone. Sagard dans son vocabulaire de la langue huronne dit, qu'en cette langue le nom de Québec était Aton-ta-ré-guée, tandis que les Hurons modernes l'appellent Tia-ton-ta-riti, c'est-à-dire " lieu où la " Rivière se rétrécit." Charlevoix prétend que les Algonquins disaient autrefois Quebeio et les Abenaquis Quélibec, c'està-dire, " ce qui est fermé. " Champlaiu dit que le nom de Québec était donné par les Sauvages à l'endroit le plus resserré de la rivière.

Suivant Mgr Laflèche, ancien missionnaire à la Rivière-Rouge, Québec, dans la langue Crise, vient de Kepak, temps indéfini du verbe Kipao, et signifie c'est bouché. Québec, en micmac Kébéqué, suivant M. J. M. Bellenger, ancien missionnaire à qui la langue des Micmacs était très-familière, veut dire " retrécisse- " ment des eaux formé par deux langues " ou pointes de terre qui se croisent. Dans " les premiers temps que j'étais dans les " missions, je descendais de Ristigouche " à Carleton ; les deux sauvages qui me " menaient en canot, répétant souvent le " mot Kébek, je leur demandai s'ils se " préparaient à aller bientôt à Québec. " Ils me réporidirent : Non, regarde les " deux pointes et Veau qui est resserrée en " dedans ; on appelle cela Kébek en notre li langue.'1

En algonquin, le mot Québec prononcé Ouabecj signifie " là où la rivière est fermée." C'est l'opinion de M. Vassal, ne d'une mère abénaquise et qui parle plusieurs des langues Indigènes au

milieu desquels il a passé la plus grande partie de sa vie, que Ouabec signifie iJ détroit." Dans l'idiome micmac, assure M. Malo, qui fut missionnaire de 1828 à 1843 chez les tribus du golfe St. Laurent, Kibek à la même signification.

L'origine du mot Québec est évidemment indienne, et pour mieux préciser, algonquine. Champlain et Lescarbot le disent expressément. MM. Malo et Yasseur n'entretiennent aucun doute sur cette opinion. a Le 119m de Québec ne vient point du cri de surprise d'un matelot normand : Quel bec ! c'est-à-dire, Quel cap ! et la dissertations de Hawkins, pour prouver que les De la Pôle, Comtes de SufFolk, portaient au XVe Siècle le titre de Seigneurs de Québec, est sans fondement, car les De la Pôle étaient seigneurs, non de Québec, mais de Bréquebec, en Normandie." (Ferland.)

NONS DIVERS DONNÉS A L'ïLE d'aNTICOSTI.

1°. Le nom primitif donné à cette île par les sauvages était Natiscotec (Jean de Laët).

2'\ Jacques-Cartier, à son deuxième voyage de découvertes, donna à cette île le nom de V Assomption, parce qu'il y arriva le 15 août, jour de l'Assomption de la Sainte-Vierge. 4; Le lendemain jour " de Notre-Dame d'Aoust, quinzième du " dit mois, nous passasmes le détroit : " la nuit devant, et le lendemain eûmes " cognoissance des terres qui nous demeu- " roient vers le Su, qui est une terre à " hautes montagnes à merveilles, dont " le Cap susdit de la dite Isle que nous •' avons nommée L'Isle de V Assomption.''

3<>. Jean Alphonse de Xanctoigne, premier pilote de M. de Eoberval, clans un routier où est représenté le cours du

fleuve St Laurent, depuis le détroit de Belle-Isle jusques au Fort de France-Roy, en Canada, lui donne le nom d'Ile de r Ascension ; c'était en 1542.

4°. Dans un document inédit qui se trouve quelque part dans les archives de la bibliothèque de l'Université-Laval, nous avons vu que cette île avait été appelée Taisp/e, par des anglais probablement.

5°. Les Français, dit J. de Laët, entendant les Indiens appeler l'île du nom de Natiscotec, en firent par corruption le mot Anticosti, nom qu'elle porte encore. Une rivière au nord de l'île porte encore aujourd'hui le nom de Natiscotec.

6°. Thévet l'a appelée Naticousti.

7°. Les Montagnais la désignent sous le nom de Nataskoaeh, c'est-à-dire, lieu où Von va chercher fours.

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