Le château Saint Louis
Un opuscule intitulé : Notes on the Plains of Abraham, publié en 1858 à Gibraltar par le Lieutenani Colonel Beatson, officier du génie, ouvrage j^ien renseigné, mentionne le fait que Montcalm expira au château Saint Louis.
G-arneau dit, que Montcalm rendit le dernier soupir au château Saint Louis.
Dernièrement parut en France une étude intéressante sur le marquis de Montcalm. Cette étude est faite en partie à l'aide de documents inédits, suivant le dire de son auteur. Voici ce que nous y lisons : " Tl était à cheval sur les buttes
à Neveu proche la porte Saint Louis, quand une balle l'atteignit dans les reins. Il ne tomba point, appela deux grenadiers pour le soutenir, et tour sanglant, rentrât à Québec. Quelques femmes le voyant ainsi pâle et chancelant, s'écrièrent : " Le marquis est tué." Il les rassura, et se fit porter au château Saint Louis.' '
Ce dernier récit est en tous points conforme aux détails que donne le colonel Beatson, dans la brochure ci-haut mentionnée. Ce témoignage vient en ligne directe d'une femme qui fut témoin de l'entrée de Montcalm à Québec. Ellemême en aurait donné communication à l'IIon. Malcolm Fraser, petit-fils d'un des officiers de Wolfe, qui, à son tour en avait instruit feu M. Faribault.
D'après ces témoignages, nous pouvons affirmer, sans crainte de tomber dans une erreur historique grave, que Montcalm.
grièvement blessé, fut déposé chez Arnoux pour y recevoir les premiersoins et les plus urgents. De là. il fut
transporté au château Saint-Louis, et son état étant jugé grave par le chirurgien qui ne lui donnait que 10 à 12 heures de vie, il consentit à demeurer au milieu des officiers de l'armée qui lui rendirent les derniers soins.
DONNEZ DES PREUVES, S IL Y EN A, DE LA TRAHISON DE BIGOT A L'EGARD DU GÔUVERNEMERT PRAN «JAIS DURANT LE SIÈGE DE QUÉBEC, EN 1759 ?
Après bien des recherche*, il m'a été impossible de trouver quelques preuves directes de la trahison de Bigot durant le siège de Québec en 1759. Si, cependant, cette preuve semble manquer au procès du Sieur Bigot, il n'en reste pas moins acquis à l'histoire que cet Intendant plus que tout autre a conduit la colonie à sa perte par ses exactions sans nombre et son amour du gain. La soir insatiable de la fortune, et les moyens peu convenables dont Bigot se servit pour y arriver, en firent une âme vénale et capable du plus grand des crimes : trahir sa patrie et son roi. Le châtiment terrible qu'il eut à subir en France, no lut que justice rendue à ses compa-
triotes canadiens et français, et surtout à Montcalm qu'il avait sans cesse cherche à déprécier.
Les écrivains semblent rapporter le fait de la trahison de Bigot à deux chefs principaux : lo. Qui livra aux Anglais le secret du passage qui seul leur permettait d'arriver sur les hauteurs du Cap- Rouge ? 2o. Comment se peut-il que Vergor, préposé à la garde de ce poste important, n'eut pas connaissance de l'arrivée des Anglais, et n'eut à leur opposer qu'une poignée d'hommes, tandis qu il aurait dû s'entourer de toutes les mesures de précaution possibles en cas d'une attaque qu'on redoutait ?
La réponse à ces deux questions est difficile, et le mystère les entoure, comme la conduite de certains individus, par exemple du Sieur Dénis de Yitré, dont les actes postérieurs ont été bien compromettants pour leur loyauté.
Il est peu probable que nous parvenions- un jour à débrouiller ce chaos.
Qu'il nous suffise de citer comme résumé
de cette question, ces quelques lignes du savant auteur de l'Album du touriste (page 59.)
" Armé de ce document (mémoires sur les affaires du Canada depuis 1Y49 à 1760), le lecteur pourra citer au tribunal d'une impartiale postérité les plus fameux coquins de l'époque, leur imprimer au front une juste flétrissure et apprécier convenablement les menées ténébreuses de ceux qui avaient intérêt à ce que la France perdit ce beau pays ; car, avec l'abbé Ferland et d'autres, nous sommes inclinés à vcir dans la manière dont on défendit le Canada, plus que de l'indifférence, rien moins que de la trahison de la part de la coterie Bigot."
" Il était de l'intérêt de cette faction de celer ses infamies sous la ruine commune ; les scélérats consommés brûlent l'habitation qu'ils ont dévastée après en avoir outragé les habitants ; l'incendie cache toute trace du crime."
ORIGINE DE DONNAGONA, LE GRAND CHEF DES SAUVAGES A L' ARRIVÉE DE JACQUES-CARTIER EN 1535.
Donnacona, roi de Stadaconé qui était sa ville et demeurance, était aussi Vagouhanna on seigneur du Canada, lors du deuxième voyage de Jacques-Cartier, en 1535. " Le Canada," dit Crarneau, " dont la principale bourgade était Stadaconé, aujourd'hui Québec, commençait à l'Ile-aux-Coudres, et se prolongeait en remontant le fleuve jusque vers Hochelaga. "
Il y avait encore les royaumes de Saguenay et de Hoclielaga qui avaient un chef ou agouhanna à leur tête.
D'après Ferland et l'abbé Faillon, la bourgade soumise au commandement de Donnacona (et il va sans dire, Donnacona lui-même), appartenait à la grande
famille huronue, bien plus industrieuse et plus intelligente, dit Ferland, que jie l'étaient les nations algonquines. D'ailleurs, ajoute-il, la description que fait Cartier des mœurs et des coutumes d<> cette peuplade ne fait que corroborer cette opinion.
Comme on le voit, ces deux savants abbés simplifient déjà considérablement la question en limitant le choix entre les nations huronné et algonquine.
Le professeur Dawson, dans un arti du Ganadian Naturalist se prononce en faveur de l'origine algonquine des sauvages de Stadaconé et de Hochelaga à l'époque de Cartier. Voici ce qu'il dit :
" Cartier indique évidemment commuidentiques les langues parlées à Stadaconé et à Hochelaga. Plusieurs mots qu'il cite incidemment sont les mêmes et n'offrent qu'une légère différence, et il ne donne qu'un vocabulaire pour ces deux places. Cela s'accorde parfaitement avec ce que disent expressément les Relations des Jésuites, que cette tribu.
dont les ancêtres auraient habite Montréal, pariaient la langue algonquine à l'époque de Cartier et en 1642. Ce peuple était en même temps politiquement et socialement uni aux algonquins du bas du fleuve, etc."
L'abbé Faillon, qui cherche à prouver la thèse adverse, sape par la base l'argument du professeur Dawsoji, quand iî dit que la langue parlée à Stadaconé du temps de Cartier était bien la langue huronne et non pas r algonquine, et il prouve sa thèse au moyen de citations de mots usités alors et qui étaient luirons. Ainsi, le mot Agouhanna, seigneur, se dit en algonquin Okima. Le mot Canada, se dit en algonquin OtenaS, etc., etc., et ii continue ainsi en donnant une nomenclature qui semble faire croire que Donnacona et les siens appartenaient bien à la nation des Hurons.
Quand au fait que les langues parlées à Stadaconé et à Hochelaga étaient bien identiques, tous deux s'accordent sur ce point. C'était bien aussi le langage des sauvages de Graspé, puisque Taiguragny
et Domagaya que Cartier avait amenés de G-aspé en France à son premier voyage, et qu'il ramena l'année suivante à Stadaconé, comprenaient la langue des habitants de cette bourgade.
Il est bien vrai, que les Algonquins avaient habité ou habitèrent un peu plus tard l'île de Montréal. Le récit que fit en 1642 à M. de Maisonneuve un sauvage algonquin, qui assistait à la fête de l'Assomption de la Sainte-Vierge, célébrée pour la première fois à Ville- Marie, nous fait croire que les Algonquins d'abord possesseurs de l'île, en avaient été chassés parles Hurons,qui eux-mêmes n'habitaient- pas Hochelaga en 1642.
Avec les traditions obscures des anciens habitants du Canada, il est difficile, dit Ferland, de reconstruire l'histoire des temps qui ont précédé l'arrivée de Champlain.
Il est donc probable que Donnacona appartenait à la nation huronne, qui avait des ramifications nombreuses dans tout le pays, surtout à Hochelaga et à G-aspé.
cartier avait-il des aumôniers, LORS DE SON