DE LA DEUXIÈME ÉPOQUE
C'est surtout dans l'Arrondissement de Confolens , et dans une partie de celui d'Angoulèrae , que le peuple a conservé en partie les mœurs et le langage des temps anciens. Ses
habits sont encore ceux du Moyen- Age ; ses préjugés, vieillis par le temps , sont la partie poétique de son imagination , qui divinise jusqu'au hasard pour suffire aux besoins de son existence. Là , plus que partout ailleurs , la nécromancie a conservé son empire 5 il n'est pas de village où l'on ne trouve un vieillard , ou une vieille femme , prédisant l'avenir , employant des sortilèges pour guérir les douleurs humaines , et mêlant à ces pratiques superstitieuses les prières de l'évangile. Qu'on y étudie avec soin les mœurs des paysans , et l'on y trouvera les restes du paganisme et de l'idolâtrie, comme, au milieu des champs , ou sous l'ombre des châtaigneraies , on croit voir encore le vieux Gaulois , avec sa longue chevelure que n'a jamais touchée le ciseau.
C'est encore dans la partie septentrionale de ce Département qu'on retrouve plus particulièrement cette croyance : le terrain , semé de hautes collines , de rochers , et couvert de bois , contribue beaucoup à entretenir ces illusions. D'ailleurs l'instruction , jusqu'à ce moment , y a fait peu de progrès , et l'imagination a gardé les erreurs locales sans pouvoir en expliquer la cause.
Sur une des colonnes de l'intérieur de l'église , on trouve celte inscription : « H\c : jacent : nobiles personœ : Arnal- » dus : de : Pelra : et : Maria : de : Monaco : ejus : uxor: » et : Johnes : Bruni: et : Maria : de : Fayole : ejus : fratris: » uxor : qui obierunt anno Dni 1472. »
C'était, sans doute, le tombeau de quelque famille remarquable de ce pays , et qui n'existe plus aujourd'hui.