DE LA QUATRIÈME ÉPOQUE
L'opinion vulgaire est que l'église de Montbron a été bâtie pendant l'occupation Anglo-Française. L'arcnitecture semble, en effet, moins ancienne que celle des autres églises du pays. Cependant, nous la croyons antérieure au règne de Louisle- Jeune; car nous retrouvons^ sur un des côtés des murs
extérieurs, le tombeau de Robert de Montbron , évêque de Périgueux , mort en 1099. Pour soutenir le contraire , il faudrait donc prétendre que les cintres, au-dessous desquels se trouvent plusieurs des tombeaux des anciens seigneurs , appartiennent au cloître du prieuré. Mais alors, on aurait donc bâti dessus; ce qu'il est difficile d'admettre , en examinant les voûtes majestueuses de l'église , dont l'élévation a dû exiger de solides fondements. Il est plus probable que ce monument appartient au XIe siècle, et que les cloîtres du prieuré sont de la même époque : peut-être aussi, l'église ne fut-elle achevée que plus tard , ce qui explique l'opinion actuelle.
La dernière des inscriptions tumulaires, écrite en lettres gothiques, est de 1214. Voici celle de la femme du seigneur dont il a été question : « Christe. tud. mannâ. pascatur. don- » na. Joanna. curans. hœc. légère, dicat : Deus. huic. » miserere. »
Cette seigneurie, qui appartint aux Lusignan, fut une des plus importantes du pays. François de Montbron la vendit, en 1471 , à Marguerite de Rohan. Elle passa ensuite dans la maison de Montmorenci. Gabriel, fils d'Anne de Montmorenci, qui fut tué à la bataille de Dreux, prenait le titre de Baron de Montbron.
En récompense de son courage, il obtint la seigneurie de La Valette, alors appelée Villcbois. Cette possession féodale existait, en cette qualité, dès le IXe siècle. Dans la suite, le Duc d'Epernon , dont la présence causa tant de désordre à Angoulème , la fit ériger en duché-pairie , et lui donna le nom de La Valette , que portait un de ses enfants.
Ces lettres-patentes sont du mois de novembre 1569. 11 existait plusieurs autres chartes des Rois d'Angleterre , dans les archives de la Commune de Cognac; mais l'exaspération des premiers jours de la révolution les livra aux flammes. Nous devons la connaissance de ces lettres-patentes à un habitant de Cognac , qui en prit note en faisant l'inventaire des papiers de l'Hôtel-de-Yille , quelques années avant la révolution de 93.