‹ Etudes historiques sur l'AngoumoisChapitre 13 sur 19 · DE LA CINQUIÈME ÉPOQUE · texte numérisé non relu

DE LA CINQUIÈME ÉPOQUE

Ce qui existe aujourd'hui de ce monument donne une faible idée de la splendeur de la cour des "Valois. Les appartements, en changeant de destination, ont perdu tous leurs ornements ; les voûtes seules sont restées intactes ; les tours ont été abattues, de même que le faite de l'édifice. La chapelle existe encore : comme construction du XIVe siècle, elle offre une

architecture assez bizarre. Les deux grosses tours placées à la tète du pont, et qui protègent le passage de la rivière, semblent avoir été construites long-temps avant le château.

L'église de CogDac peut fournir à l'antiquaire quelques observations sur l'architecture ancienne , par ce qui reste de la construction première de cet édifice. S'il est difficile de dire au juste quelle en fut la première destination , on peut au moins avancer quelques conjectures qui serviront à expliquer la partie monumentale.

La façade est large, et ne paraît ancienne que dans sa base, partagée par une entrée en plein cintre , à voûte arrondie, dont les côtés sont garnis de colonnettes engagées : au-dessus, se dessine la moitié d'un cercle enrichi de sculptures aux formes variées. Têtes humaines sur des corps d'animaux, figures grotesques dans l'attitude de la prière , coiffures sans sujets , dans le genre des mitres des prêtres des anciennes religions , une femme représentant la Vierge avec plus ou moins de vérité, une tortue et d'autres signes méconnaissables, tant ils ont été mutilés , tels sont les emblèmes dessinés en relief sur le couronnement de la porte. A droite, deux enfoncements avec des sculptures , où l'on ne saisit plus que l'apparence d'un aigle aux ailes déployées. On serait tenté de croire que les signes placés sur la porte sont ceux du zodiaque ; mais tous ne peuvent pas se prêter à cette explication, et il semble plus convenable de n'y chercher que les grossiers symboles de la religion chrétienne, tels qu'ils furent adoptés dans les premiers siècles.

La partie intérieure , celle qui est la plus ancienne , se composait autrefois d'un carré long. Les deux côtés sont con-

struits en arcades , dont les intervalles semblent avoir été remplis dans des temps postérieurs. Deux colonnes se trouvent dans les deux angles , et leurs chapiteaux offrent quelque caractère du style Lombard , usité dans les monuments de la 2e race. Telle a du être l'architecture primitive de tout le monument , et il est probable que ce qui en reste a échappé aux ravages des Normands , dont la fureur attaquait surtout les églises. D'autres colonnes , placées dans un des angles de l'autre partie , ont le même caractère d'architecture. Il est aisé de reconnaître que le reste de l'église a été bâti dans des temps postérieurs, et à plusieurs reprises ; car elle a dû être agrandie pour remplacer une autre vieille église appelée Saint-Capray , placée près du château. En effet, le millésime, qui se trouve dans la partie neuve , concorde assez avec la démolition de l'église de Saint-Capray , où l'on a trouvé des débris de colonnes anciennes , et une pièce de monnaie portant l'effigie du Pape Innocent "VIII, et plusieurs autres de la race des Valois , antérieures à François Ier. On sait que ce Pape donna à Charles VIII le royaume de Naples ; peut-être la pièce de monnaie dont il a été question fut-elle déposée , dans l'église de Saint-Capray, comme un objet de vénération. Peu après , ce temple fut détruit , et François I" fit construire la chapelle qui existe encore. Ce qui confirme l'opinion que l'église actuelle de Cognac , après avoir été long-temps en ruines, fut bornée au carré long qui se distingue si bien du reste de l'édifice , c'est qu'on voit encore dans cette partie les cintres des ouvertures qui éclairaient lintérieur.

Dès les premiers siècles , les Comtes de la province habitèrent la ville de Cognac aussi souvent que celle d'Angoulême. Le cartulaire de l'Abbaye de Saint-Cybard cite plusieurs ordon-

nanccs et actes rendus dans cette ville , concernant l'administration du comté. En 1240, Isabelle de Taillefer et Hugues de Lusignan y expédièrent une chartre , par laquelle ils faisaient remise aux habitants de Champmillon d'un repas que ceux-ci devaient leur donner une fois tous les ans. Il fut convenu , qu'à l'avenir, cette Commune paierait, tous les ans, en échange, une somme de soixante sous de rente, qui fut cédée, en 1250, à l'Abbaye de Saint-Cybard , par Geoffroi de Lusignan , seigneur de Jarnac et de Chàteauneuf.

Elle naquit à Angoulème, le 11 avril 1492. Elle composa des nouvelles, dont l'obscénité révoltante donne une idée de la corruption des mœurs de cette époque et de la cour de François I". Cependant, les poésies de cette Princesse , qui fut surnommée la dixième des muses , respirent souvent un charme inexprimable que La Fontaine a fait revivre dans ses fables.

Pour être un digne et bon chrétien , Il faut à Christ être semblable ; 11 faut renoncer à tout bien , A tout honneur qui est damnable , .

A la dame belle et jolie , A plaisir qui la chair émeut ; Laisser biens , honneur et amie , Ne fait pas ce tout-là qui veut.

Né à Angoulème , en 1491. Il imita souvent la diction de Marot. Ses railleries étaient si piquantes , qu'elles donnèrent

lieu à cette façon de parler du temps : « Gare à la tenaille de Saint-Gelais. » Souvent François I" faisait avec lui assaut de poésie ; ce Prince commençait le vers , et le poète achevait le sens et les rimes.

Un jour , au moment de monter à cheval , François I" commença ainsi :

« Petit cheval, gentil cheval ,

» Doux à monter , doux à descendre.

Le poète continua :

» Bien plus petit que Bucéphale ,

» Tu portes plus grand qu'Alexandre. »

Une autrefois, Melin de Saint-Gelais, que son père avait fait prêtre , allait dire la messe devant François I" , qui l'aborda au moment de monter à l'autel , et lui dit à l'oreille :

L'autre jour , venant de l'école , Je trouvai la dame Nicole , Laquelle était de vert vêtue. . .

Le prêU'e , aussi peu soucieux de la religion que son digne père , répondit :

Ote-moi du cou cette étole ; Et si soudain je ne l'accole , J'aurai la gageure perdue.

Melin de Saint-Gelais se brouilla avec Ronsard , parce que celui-ci avait estropié une de. ses pièces de vers en la

lisant à Henri IL C'est à lui que nous devons le sonnet qu'il fit passer de l'Italie en France. Nous avons de lui plusieurs élégies , des rondeaux, des épitres , des chansons, et une tragédie intitulée Sophonisbe , qui ne fut représentée qu'après sa mort. Il eut une fille qu'il faisait passer pour sa nièce , et qui est désignée dans les poésies de son père par le nom de Diane.

Octavicn de Saint- Gelais , né à Cognac, en 1466 , occupa une place distinguée parmi les poètes de son temps. Il fit passer dans notre langue les beautés des langues anciennes , en traduisant plusieurs livres de l'Odyssée, F Enéide, les Héroïdes et l'Art d'aimer d'Ovide , de même que six comédies de Térence. Il travailla au Vergier d'honneur, avec André de La Vigne. Cet ouvrage, mélangé de prose et de vers , a pour sujet la conquête de Naples par Charles VIII. Octavien de Saint-Gelais parut à la cour de Charles VIII et de Louis XII en chevalier galant , et non en prélat zélé pour son état : aussi, trouve-t-on dans ses poésies l'éloge du plaisir-, l'empreinte de ses mœurs corrompues, et un grand mépris pour les femmes.

Pour être loyal à sa dame , Savez-vous ce qu'il en advient ?

De joyeux dolent on devient ; Car point n est de loyale femme.

De trop aimer c'est grand'folie,

Je le sais bien quant à ma part, etc.

Nommé à l'évèché d'Angoulême, en 1494, par le Pape Alexandre VI , il y mourut en 1502 , à l'âge de trente-six ans , épuisé par ses anciennes débauches , et fut inhumé dans la chapelle connue sous le nom de chapelle de Saint-Gelais. Cet asyle funèbre d'une famille puissante était décoré d'ornements magnifiques , comme on le voit par ce qui en reste.

Voici le texte de l'ordonnance rendue à ce sujet : « Louise, Comtesse d'Angoulesme , dame d'Espernay, de Romorantin , de Chisé et Welle, ayant la tutelle, bail, garde, gouvernement et administration de nos très-chers et très-amés enfants, François, Duc de Valois, Comte dudict Angoulesme, et Marguerite, sa sœur , à tous ceux qui ces présentes lettres verront et ouyront , salut. L'humble supplication , requeste de nos chers et bien-amés les Maire, bourgeois, manants et habitants de nostre ville de Cougnac , avons reçu constenant que dès très-long-temps pour l'entretesnement, augmentation et deffence de ladicte ville, et afin que les affaires de la chose publique d'iscelle fussent et soyent mieux et plus ardemment resgies et gouvernées, leur ont esté donné , par nos prédécesseurs , seigneurs dudict lieu de Cougnac , pluzieurs biaux et grants droits et privilesges , et, entr'austres facultés, permission et puissance de eux assembler un corps et coullége dans ladicte ville 5 toutefois et quantes qu'ils en seroyent requis, et élire et avoir vingt-quatre personnages dudict corps d'iscelle ville , dont douze auroyent titre d'Eschevins, et austres douze de Conseillers; les isceux, vingt-quatre avecque leur Maire, seroyent et représenteroyent le tout de la communauté delà dicte ville, et ordonneroyent

lies affaires d'isccllc tout aincy et par la forme et masnière que tout le peuple , manants et habitants d'iscelle, duement congregé et amassé faire se porroyent, et, qu'en vertu desdicts oetrois , permission et facultés , ils ont par très-longtemps conduit et gouverné le corps de ladicte ville par ledict nombre de vingt -quatre personnages avecque ledict Maire, et jusqu'au temps des guerres qui ont eu cours par tout le pays de Guyenne; au moyen de quoy lesdicts habitants ont esté par bien long-temps en si petit nombre , captivité et servage , qu'ils n'ont fait aulcune élection desdicts vingt-quatre personnages, mais se sont tous assemblés avecque leur Maire, qu'ils élisent par chacun an, quand les cas sont requis à traiter, décider et ordonner des négoces et affaires de ladicte ville; et parce que, de présent par la grâce et volonté de Dieu, et moyenant le bon traittement de feu nostre très-redoulé seigneur et époux, cui Dieu pardouïn , et nous leur avons fait ladicte ville , a esté et est tellement habitée , qu'ils sont de présent en bon et trèsgrand nombre ; et difficille chose leur est le tout congréger pour traiter desdicts négoces et affaires, au moyen de quoy et de la confusion qui s'y est aulcunes fois trouvée et porroit estre par l'avenir, estant partie des affaires et négoces d'iscelle ville sont demeurés en arrières, et porroyent ciaprès demeurer indécis et sans estre ordonnés et mis ordre qui seroit requis. Nous suppliant , pour obvier auxdictes choses, et afin que la chose publique d'iscelle ville puisse mieux et plus facilement estre resgie, gouvernée et entretesnue, que nostre plaisir soit de leur octroyer, vouloir et permettre que par ledict nombre de vingt-quatre personnages, avecque leur dict Maire, ils puissent doresnavant ordonner, décider et déterminer les affaires, ele

Pour ce est que nous ces choses considérées , et après que nous avons fait voir et visiter par les gens de nostre conseil plusieurs lettres , titres , chartes et enseignements des privilesgcs ça-arrière octroyés ; et aussy , en considération de ce qu'ils ont toujours par cy-devant esté bons , loyaux , obéissants subjets , et que c'est le lieu de la nativité de nostre dict fils, à iceux, pour ces causes à ce nous mouvants, avons donné et octroyé , donnons et octroyons , par ces présentes , permission , pouvoir , faculté et puissance de faire et avoir, audict lieu de Cougnac, corps et coullége de ville, duquel seront seulement vingt-quatre personnages , les douze desquels seront appelés et auront titre d'Eschevins, et les austres douze de Conseillers , lesquels , par ceste foi seulement , seront choisis, nommés et éleus par nous ; et que , quand aulcuns d'isceux iront de vie à trépas , les austres Eschevins et Conseillers de ladicte ville survivants porront élire un austre pour et au lieu de celuy décédé....

En tesmoing de ce, avons signé ces présentes de nostre main, et à iscelles fait apposer nostre scel.

Donné à Amboise, le 16 avril , l'an de grâce IS07.

Signé LOUISE,

(6) page 222.

On peut citer ce dizain de François I" à la Duchesse d'Étampes :

Est-il point vrai, ou si je l'ai songé, Qu'il m'est besoin m'éloigner et distraire De votre amour , et en prendre congé?

Las ! Je le veux. , et je ne puis le faire. Que dis-je veux ! C est du tout le contraire : Faire le puis , et ne puis le vouloir ; Que plus tâchez ma liberté me rendre , Plus empêchez que ne la puisse avoir , En commandant ce que voulez défendre.

(7) page 222.

Le château de La Rochefoucauld fut terminé en 1525. On voit encore au-dessus des portes , et aux festons des galeries, le millésime de la construction avec ces deux lettres F. A., initiales du nom de l'architecte , Antoine Fontan. Alors , la science commençait à imprimer pour l'histoire son nom sur les monuments des familles puissantes ; le génie avait ses rêves d'illustration et d'avenir , dont l'ambition allait détruire les droits féodaux. Une des parties de cet édifice la plus remarquable est le grand escalier.

(8) page 254.

Henry , par la grâce de Dieu , Roy de France , à tous ceux qui ces présentes verront , salut. Reçu avons l'humble supplication de nos chers et bien-amés les Maire , Eschevins et Conseillers de nostre ville de Cougnac , contenant que , au mois de may 1552, Charles d'Espagne, lors Comte d'Angoulesme et Connestable de France, créa une maison commune en ladicte ville de Cougnac , et ordonna que les manants et habitants d'iscclle ville , pour chacun an , nommeroyent et présenteroyent au Séneschal dudict Angoumois , ou son lieutenant , audict Cougnac , quatre d'isceux habitants , dont

ledict Séneschal , ou son lieutenant , créerait l'un desdicts quatre en mairie de ladicte ville pour ladicte année , et d'iscelui recevrait le serment ; et néansmoins , que ledict Séneschal , ou son lieutenant , oyerait les comptes des deniers de ladicte ville , et austres qui seroyent levés pour la tuition et deffence d'iscelle. Ce qui auroit toujours esté observé et gardé jusques au tems de nostre très-honorée Dame et ayeulle , la Duchesse d'Angoumois , long-tems auparavant que le feu Roy , nostre père , tint à la couronne , et depuis parvenu à iscelle couronne , par lui confirmé , laquelle ordonna , etc. , etc

.... Laquelle adroisse , par inadvertion et sans avoir veii ledict privilesge que dessus , auroit esté faite audict Capitaine de Cougnac , au lieu d'adroisser au Séneschal d'Angoumois ; ou son lieutenant , audict Cougnac , selon qu'il estoit ordonné par ladicte création , et pour autant que en ladicte réception de serment et audition des comptes il survient plusieurs choses qui gisent en connoissance de cause , et que en ce il est bien requis que gens expérimentés en pratique et en sçavoir , ayant la connaissance de ce ; joint que pour l'absence desdicts Capitaines qui ne sont ordinairement résidants audict lieu de Cougnac , il ne se trouve gens expérimentés quant à ce , au moyen de quoy lesdicts comptes sont souvente fois demourés sans estre ouïs ; aussy , s'il advient altercation ou débats sur la présentation desdicts personnages requis pour esLre maires , et réception de son serment , nul ne peut décider pour l'absence dudict Capitaine , chose qui tourne à l'intérest et dommage de la République de ladicte ville et nous. Isceux suppliants nous ont supplié et requis y donner te'le provision : Sçavoir feisons , que nous inclinant libérallement à la supplication et requeste d'isceux, ayant

égard aux choses susdictes

.... Avons, par advis et délibération des gens de nostre privé Conseil , dict et déclaré , voulu et ordonné , voulons et ordonnons , et nous plaît doresnavant les trois personnages qui par lesdicts Eschevins et Conseillers de Cougnac , seront choisis pour l'un d'isceux estre maire par chacun an ; si nostre dict Capitaine est absent , et ne soit en ladicte ville , seront présentés en son absence audict Séneschal d'Angoumois au

jour accoustumé Car tel est nostre plaisir, en té-

moing de ce , nous avons fait mettre nostre sccl à ces dictes présentes.

Donné à Fontainebleau, le cinq décembre 1555.

Signé HENRY.

(8) PAGE 2il *

Un nommé Galafre , bourgeois de Blanzac , fut un des premiers Chefs de la révolte. Elie Vinet , de Barbezieux , dépeint ainsi la consternation du peuple , en parlant de sa ville natale : « Je la trouvai moult triste et dans un silence non accoutumé. » Les malades , qui ne peuvent dormir ni jour ni nuit , n'a- ■n vaient cause de se plaindre du bruit des cloches 5 car pour » autant qu'aulcunes d'elles n'avaient que trop sonné , il n'en » était demeuré une seule aux clochers. »

Les horloges avaient même été brisées; pour les remplacer , l'auteur cité fit l'ouvrage intitulé Manière de faire des Solaires ou Cadrans, (in 4°. — Poitiers , 1564.)

* Une erreur de chiffre ayant eu lieu dans le texte pour le renvoi à cette note , on a cru devoir ne rien changer , pour ne pas intervertir les chiffres correspondants des notes suivantes. (Note de l'éditeur.)

416 SOTES.

(9) page 242.

En 1548 , les recettes de la France se montaient à 8 547,577 livres tournois , environ trente millions de notre monnaie ; la dépense se montait à 9,000,487 livres tournois.

(10) page 244.

* Le combat des seigneurs de Jarnac et de La Chataigneraye.

Deux gentilshommes françois , Guy-Chabot et Jean de Vivonne , tous deux du pays d'Angoumois , et de maison illustre et ancienne ; Guy-Chabot , fils de Charles , seigneur de Montlieu , Saint- Aubin , que le Roy François, premier du nom , appela Guichot , par la particulière affection qu'il lui portoit , et les austres appeloient quelquefois sieur de Montlieu, et souvent sieur de Jarnac , comme fils assuré de leur ancienne maison, de long-tems fortifiée par sanguinité ou par alliance des plus grandes et illustres maisons, familles de France, d'Italie , de Flandre et d'Allemagne : il eut ses prédécesseurs et devanciers en directe et descendance et du mesme susdit nom de Chabot Febran et Adrien, neveux de l'Empereur d'Allemagne , frère et enfant de Feri-Chabot , et Adrienne , sa femme , les envoya au service de Clovis , cinquième Roy de France , premier Roy chrétien. Febran-Chabot fils , ayant

• Extrait du Vidimus d un manuscrit trouvé, en 1801, dans la démolition de l'ancien château de S'-Mème , près de Jarnac.

espousé Radégonde , fille de France , eut Philippe Chabot , qui fut marié avecque Marguerite de la Marche, seule fille héritière , et d'isceux naquirent Brieu et Hugues-Chabot.

Brieu eut pouf femme Jeanne, fille du Comte de Meneau, qui enfanta Tristan-Chabot et austrcs enfants : et Tristan fut marié avecque Magdeleine d'Angoulesme, qui eutGudic, qui espousa Bonne , fille du Comte de Blois ; duquel mariage est issu Pierre-Chabot , qui fut Connestable ; eut dTsabeau , fille du Comte de Mon , sa femme , Vincent, Alban et Roullet, et trois filles, comme après, du mariage d'Alban-Chabot avecque Jeanne , fille du Comte de Périgord, est venu Ollivier-Chabot, qui espousa Anne , fille du Comte de la cité de Chartres , qui enfanta Boniface-Chabot , et Boniface-Chabot espousa Agnès, fille du Comte de Poitou ; d'isceux venus Antoine-Chabot et deux filles , et de lui est venu Eustache- Chabot , qui fut marié avecque Pernelle de Lusignan , qui enfanta Bouchet-Chabot , et Bouchet-Chabot espousa Jeanne de Méliner; d'isceux naquit Guillaume-Chabot , qui fut marié avecque Rollane , fille aînée du Comte de Flandre , qui eut Guillaume-Chabot, lequel fut marié avecque Jeanne de Chinon , qui eurent Renauld et Elisabeth, et Renauld- Chabot, Comte de Jarnac , qui fut grand et vaillant capitaine , et qui fit mortelle guerre aux Anglois du tems de Sorie , Comte d'Anjou *

' Ici nous avons dû laisser subsister une lacune dans la généalogie des Chabot. L'auteur du manuscrit s 'étant laissé entraîner à des erreurs de nature à compromettre la gravité de l'histoire et la vérité

note de l éditeur).

4ifi NOTES.

Toutefois , il est notoire qu'elle a esté des plus grandes et des plus illustres de l'Europe, que d'iscelle sont issus quatre Empereurs. Madeleine de Luxembourg et de Jacques-Chabot, sieur de Brion, et Bunesay, puîné à Charles, qui fut grand Amiral de France , lequel Amiral a laissé les Comtes de Charni et de Brion , et Françoise- Chabot , dame de Barbezieux ; sa fille Madeleine eut dudict Jacques-Chabot Catherine-Chabot , qui espousa Berthaut d'Estitut ; et Charles-Chabot , fils aîné , fut marié avecque Jeanne de St.-Aulay , dame de Mondieu , et Saint-Aulay , dont issurent Louis-Chabot , qui mourut jeune, après le voyage qu'il fit avecque le sieur Lautrec, et Guy-Chabot, duquel est question, qui espousa en premières noces Louise de Puiseler , de la maison d'Hely , en Picardie. D'isceux issus Edouard et Charles Chabot, sieurs de Montlieu et Saint-Aulay; comme Edouard- Chabot , du mariage de Durefort , de la maison de Duras , est venu austre Guy-Chabot, et austres enfants. Après la mort de laquelle Saint-Aulay , Charles-Chabot espousa en secondes noces Madeleine de Puignien , dame vertueuse, qui avoit esté eslevée avecque Marguerite de Valois , sœur unique du Boy , nommée la Fraie Marguerite , pour l'union de la France, et de ce mariage seroit né austre Charles- Chabot, sieur deS!«-Foyr, et Jeanne-Chabot , qui fut mariée avecque le sieur de Chàteauneuf , en Limousin , et de Charles-Chabot , sieur de Su-Foy , et , Jeanne Joubert , est venu austre Chabot de S,c-Foy.

Et François de Yivonc estoit puîné de la maison d'Anville, et lui et Charles , son frère , estoient fils d'André de Vi-

vonc , grand séneschal du Poitou, lequel, par la grande autorité et crédit qu'avoit le Roy en lui, disposoit des estats et offices royaux, et uacsme en donnoit les promotions qui estoient dehors; avoit grande famille illustre, ancienne et de la maison de Bretagne. Pourquoi ceux de Yivone portent encore les hommes en leurs armes, et combien que Charles eût eu La Chataigneraye et austres terres pour son partage , et Jean eut, en Ardelaix et austres lieux , sans prendre austre chose à La Chataigneraye, seroit recognu, honoré et craint, tant par sa faveur, qu'il avoit du Roy Henry, de ses naturelles benoits et perfections , riche stature de corps, que pour son cœur généreux et assuré , dextérité, expérience aux armes , et courage entre les plus vaillants admirables.

Ces deux gentilshommes, de mesme pays et voisins, presque d'âge égal, nourris à la cour du Roy François premier, logés long-tems ensemble , ayant assez de convenance de mœurs, et qui s'estoient unis et liés d'estroite amitié, continuant de lit, dès lors qu'ils avoient esté nourris, et fait ensemble la guerre pour le service du Roy; outre qu'ils estoient alliés par le mariage d'une fille de Jarnac, grande tante de Guy-Chabot, avecque l'aïeul de François de Vivone , exerçant si long-tems les offices de leur amitié , qu'elle engendra , fit naître envie et haine au cœur de plusieurs qui n'oublioient pas de chercher tous moyens pour détruire cette union; et sans avoir égard à la conséquence, il advint d'y mettre fin au jeune Jarnac, qu'il s'estoit vanté à La Chataigneraye d'avoir couché avecque sa belle-mère , et l'avoir chevauchée, estant avecque lui. Lors ces propos, qui estoient un moyen pour parvenir au combat, n'y ayant aulcune preuve

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