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7. A la vérité on pourrait objecter que le silence de ce recueil antéjuslinien, loin d'être favorable à l'idée d'une non-réception de l'acte romain en Orient, fournit un appui à la désuétude du réception indiquée par la const. 2 et qu'il double le témoignage de Justinien. L'objection va être réfutée avec la thèse même de la désuétude.
conduite de Justinien à l'égard de ïactio recepticia n'est donc pas la désuétude quoiqu'il l'invoque lui-même, car celle-ci ne peut se produire, à proprement parler, que pour des institutions qui ont réellement vécu dans le passé. La raison véritable, plus vraie encore pour le receptum que pour la mancipation, c'est la non-adaptation qui s'explique en définitive par la même cause, la persistance du droit national des populations helléniques ou hellénisées.
II. — Toutefois, s'il en est ainsi, comment les rédacteurs de la constitution de réforme et Théophile d'après eux ont-ils pu parler de désuétude? Sans hésiter, nous répondrons qu'ils se sont trompés sur les destinées du receptum. Ils constataient une antinomie entre l'existence de l'institution dans les écrits des classiques* et son inexistence dans la pratique de leur temps et de leur pays. Cette antinomie, ils pouvaient la résoudre par l'une ou l'autre des deux idées déjà souvent indiquées : ou bien l'institution est inexistante en Orient parce qu'elle est tombée en désuétude, ou bien l'institution est inexistante en Orient parce que jamais elle n'y a été introduite. Pour se ranger à cette seconde explication, il leur aurait fallu remonter l'histoire, ce qui n'a été permis qu'à la science moderne; d'autre part, pour vérifier si le receptum était vraiment tombé en désuétude dans tout Vorbis romatius, il leur aurait fallu comparer l'état du droit de l'Orient avec celui de l'Occident, ce dont les rédacteurs de la constitution ne se sont pas préoccupés davantage, car la connaissance du droit romain de l'Italie leur échappait autant que l'histoire. Ne pouvant vérifier l'un et l'autre point, ils ont formulé la raison qui vient naturellement à l'esprit d'hommes qui ne sont ni des archéologues, ni des savants au courant du droit comparé, raison qui du reste est fondée en général : ils ont cru de bonne ;foi que le recep-
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tum avait fonctionné jadis dans les pa\s d'Orient comme à Rome et que, s'ils ne l'y retrouvaient fjlus, c'est ([u'il avait disparu par désuétude comme tant d'autres institutions classiques.
Mais nous, modernes, qui pouvons et devons pénétrer plus loin qu'eux dans l'histoire du droit, nous contenteronsnous de cette raison de surface? Déjà, au début de cette Section, certaines questions ont été soulevées qui — à supposer que le receptum ait réellement passé chez les Grecs — rendaient la désuétude difficile à comprendre'. .\ous les reprendrons dans un instant. En attendant, une difficulté se dresse, qui a été signalée au même endroit et à laquelle il est temps de revenir : puisqu'il est probable que l'opération a continué d'exister en Italie après le m* siècle, pourquoi aurait-elle disparu en Orient, et en Orient seulement ? 11 faudrait, pour en rendre compte, découvrir des raisons spéciales d'anéantissement propres à cette partie du monde romain. On ne peut les imaginer, car, dans les provinces grecques où les banquiers jouent un rôle considérable, si le receptiun avait été réellement pratiqué par eux, on apercevrait, au contraire, une raison favorable à sa durée : c'est sa parenté proche avec le contrat de garantie des Grecs, l'ÈYYJr,, qui semble incontestable et qui le leur eût rendu plus sympathique. Faute de raisons spéciales, il reste seulement la raison que les rédacteurs ont donnée pour justifier la désuétude, le formalisme de Yactio recepticia. Quelle valeur faut-il lui attribuer?
Assurément on pourrait avant de discuter susciter contre elle une objection qui en diminuerait déjà la portée. Uaclio devait être aussi formaliste en Italie qu'en Orient. Comment se fait-il que sa solennité ne lui ait pas nui là comme ici? Comment la pratique s'est-elle accommodée des paroles solennelles plutôt dans la péninsule que dans l'Empire de Justinien?