H. Peters, op. cit., p
158 CQAPITRE UUATRIÈME.
tite, en trois générations : 1° Il regarde, coçtime formant la première, la génération qu'il appelle celle des v^po)sç, Cyrille, Domninus, Démosthéne, Eudoxius et Patricius, auquel^ dit-il, Huschke ajoute Amblichus; 2° 11 estime qu'après la génération dite des v-po)£ç vint la génération de Leontius, fils d'Eudoxius, et de Leontius. fils de Patricius, ce dernier cité par la Const. Tanta-XizMv.vi, § 9, les deux seuls noms connus de cette génération; 3° Rt enfin, pour lui, la deuxième génération après celle dite des r)po)£ç, — soit la troisième, — serait la génération des commissaires du Digeste. En dehors des conséquences qu'il tire de son idée pour l'édification de la thèse soutenue dans son mémoire ', la seule chose à noter, c'est qu'il a l'air de considérer la première génération comme représentant exclusivement l'école nouvelle, celle qu'il ne se serait sans doute pas refusé à nommer l'école des « maîtres œcuméniques ».
Le classement de Peters est, à notre avis, inadmissible pour plusieurs motifs : 1° Il se borne en somme à grouper en un ensemble les maîtres qui reçoivent des textes le titre de 5 opo)^. La base est des plus fragiles. Le titre 5 î^pwç signifie seulement que le personnage revêtu de ce titre est mort depuis un certain temps. Si Leontius, fils d'Eudoxius. ne le porte pas, c'est uniquement parce que les Scolies des Basiliques ne prononcent son nom que dans une phrase où l'épithète n'eut guère été reeevable : AcôvTio; r,pM-{r,:>t) (Leontius quaesivit). Quant à Leontius, fils de Patricius, il n'y a même pas lieu de se demander pourquoi il ne porte pas le titre, puisque ce
1. Le mémoire de Peters se propose de prouver qu'il a existé avant le Digeste, en Orient, au v siècle, plus précisément à l'époque de Leontius, fils d'Eudoxius, un recueil ayant servi de modèle au Digeste, un « Prédigeste » comme Ta appelé Rotondi. Mais ce dernier a démontré combien l'existence de ce recueil est improbable (G. Rotondi, Sul modo di formazione délie Pandette, dans « Il Filangieri ■>, t. XXXVIll, 1913, p. 653-669 = Scritti giuridici, t. I, p. 87-109), et nous nous rangeons entièrement à son avis.
Leontius n'a jamais existé'; 2° Peters prétend concentrer dans une génération commune les cinq premiers jurisconsultes qu'il nomme, et même six avec Amblichus qui s'appelle aussi c Yjpo)?. L'auteur n"a pas réfléchi, d'une part, à ceci que l'Ecole de Beyrouth au v^ siècle possédait deux ou trois chaires seulement% et donc, certainement, que six ou même cinq maîtres n'auraient pas pu enseigner ensemble. Il n'a pas vu, non plus, que la base qu'il donne à son système le force à faire dEudoxius le contemporain de Patricius^, alors que la Const. Tanta-\éoM7,zv, § 9 déclare formellement Patricius antérieur à Eudoxius.
II. — Le classement des professeurs de Beyrouth doit être essayé sur une base plus solide que celle prise par Peters.
Une scolie de Théodore permet d'entrevoir comment les jurisconsultes grecs du vi" siècle comprenaient le développement de i'École des « maîtres œcuméniques ».
Théodore* parle là d'une opinion d'Eudoxius et des zczAaisTspii oioâr/.aAct, réformant l'opinion de Patricius. Contre ses adversaires, il remet en honneur l'interprétation de Patricius. Il n'énonce malheureusement pas les noms des TraXais-spoi autres qu'Eudoxius. Mais Théodore, citant ailleurs'' Domninus et Démosthène avec Eudoxius sous le titre commun de ;•' zavâpiaxs'., on peut en induire que l'épithète antérieure se rapporte encore à eux. Le langage de Théodore, en tout cas. prouve qu'il reconnaissait formellement deux phases : la phase des « plus anciens » qui s'opposerait à la phase des « plus récents ». L'une se plaçant au temps d'Eudoxius, l'autre se rapporte de soi à la génération d'un maître que