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LE NOMBRE DES PROFESSEURS

Aucun document positif ne permet de savoir combien de professeurs donnaient en même temps l'enseignement à l'Ecole de Beyrouth.

Le Privilegium studii de l'École de Rome et de Constantinople parle de deux professeurs de droit seulement : « duo qui iuris ac legum formulas (voluntates Cod. Inst.) pandant » ^ Ainsi, en 425, il n'y avait dans les capitales aucune correspondance entre le chiffre de? années d'études et le nombre des maîtres; il n'y avait pas un professeur par année; autrement dit, le même professeur faisait plusieurs cours ou, plus exactement, l'un des deux professeurs faisait deux cours, puisqu'il existait trois cours dirigés par eux et seulement deux professeurs.

A Rome, en 533-534. un professeur unique, « nec non et iuris expositor », est mentionné par l'ordonnance d'Athalaric -.

Il est probable que, si le Privilegium siinlii de Beyrouth

1. Cod. Theod. 14, 9, 3 = Cod. lust. 11, 19 (18), 1; Laborde, p. 32; Kuebler, loc. cit., col. 400.

2. Cassiodore, Var., 9, 21. — En 554, la Pragmatique sanction Pro petitîone Vigilii, c. 22, dans Schoell-Kroli, Novellae, Append. VTI, p. 802 (Laborde, p. 73, n. 2), emploie le pluriel « iurisperitis », comme pour les autres professeurs. Le nombre s'en serait-il accru entre 533-534 et 554, ou il y a-t-il là des pluriels de redondance ?

nous avait été conservé, nous serions exactement fixés. A son défaut, le nombre des professeurs travaillant concurremment demeure inconnu. La seule indicatioa précise que nous possédions, grâce à la Vie de Sévère par Zacharie le Scolastique \ est que Leontius, en automne 487 ou 488, faisait deux cours : le cours de première année auquel assistent ensemble Sévère, Edicta/is, et Zacharie, Dupondius, et le cours de deuxième année auquel Sévère reste comme il était de son devoir, tandis que Zacharie, n'étant encore qu'au début de ses études, se retire.

Cette indication semble sharmoniser avec la conclusion auquel nous avait conduit la présence de deux professeurs seulement à Gonstantinople. A Beyrouth comme dans la capitale, en 425, ne devaient se trouver, à la fin du v*' siècle, que deux professeurs à la fois ^

Cependant, l'on sait d'une façon certaine, par une scolie de Théodore % que dans le même siècle, l'enseignement facultatif de la cinquième année, consacré à l'étude des constitutions impériales, était dirigé par un professeur dans des « conférences privées » (àvaYvwa[j.aTa îoixà). Si ce directeur de conférences était le professeur chargé d'un cours normal unique (en troisième année, par exemple), alors il n'y aurait eu réellement en tout que deux maîtres. Si, au contraire, l'on considère que le service des conférences sur les constitutions imposait à son directeur une tâche assez lourde pour qu'il s'y consacrât tout entier, alors il y aurait eu trois maîtres : deux ordinaires et un extraordinaire, peut-on dire. Etant donné l'importance pratique de l'enseignement des constitutions, nous serions porté à croire que le nombre de trois professeurs serait le plus vraisemblable.

1. Vie de Sévère, § 14; Nau, t. IV, p. 557; Kugener, p. 47-48.

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