LE NOMBRE DES PROFESSEURS
En résumé, deux professeurs avant que l'étude des constitutions fût mise au programme; trois professeurs dans la suite.
Les historiens ont cru pouvoir arriver à une précision pour le temps de Justinien. La Gonst. Omnem, disent-ils', est adressée à huit antecessores : Théophile, Dorothée, Théodore, Isidore, Anatole, Thalélée, Cratinus, Salaminius. Comme il ne peut figurer dans cette liste aucun professeur de Rome, puisqu'en 533 Rome n'avait pas encore été reconquise par les armées de Justinien, les huit professeurs se répartissaient par moitié entre les deux Ecoles de Constantinople et de Reyrouth : quatre dans la première (parmi lesquels Théophile et Cratinus sont certainement compris), quatre à Beyrouth (parmi lesquels les noms de Dorothée et d'Anatole sont sûrs).
Pour le temps de Justinien, un autre argument conduit les auteurs au même résultat. Deux maîtres de Beyrouth étant occupés à la préparation du Digeste et, à ce titre, devant nécessairement résider à Constantinople, si à Beyrouth même d'autres maîtres n'étaient pas restés en fonctions, la Faculté se serait trouvée dans l'obligation de suspendre ses exercices, conjoncture inadmissible ^ La double argumentation n'a pas convaincu tous les historiens du droit romain : rien n'est moins sûr, dit l'un d'entre eux^ 11 était facile, ajouterons-nous, de remplacer les commissaires absents par des suppléants.
On n'aboutit guère à un résultat plus solide en partant d'une autre donnée. Au temps de Justinien au moins, l'usage semble s'être établi que les étudiants s'attachent à un seul maître sous lequel ils demeuraient durant tout leur séjour à l'Ecole; ce maître unique leur faisait les
1. Krueger, op. cit., p. 394 (trad. franc., p. 466); Laborde, p. 61.
2. Cf. Barbagallo, op cit., p. 366, n. 2, citant Savigny (I, 263, n. a, = Gesch. d. rôm. Rechts. i. Mittelalter, P, p. 462, n. i) et Karlowa (I, 1023).