‹ Études historiques sur le droit de JustinienChapitre 15 sur 242 · LES SOURCES · texte numérisé non relu

LES SOURCES

Pour retracer aussi complètement que possible l'histoire de l'École de Droit de Beyrouth, la méthode la plus sûre est de suivre un à un les textes, malheureusement trop peu nombreux, que nous a laissés TAntiquité, textes qui, malgré leur rareté, n'ont pas encore été relevés dans leur ensemble *.

§ I. — Le IIP siècle.

1. — Le premier document historique qui révèle l'existence de l'enseignement du droit à Beyrouth est un passage de saint Grégoire le Thaumaturge dans VGrat. panegyr. ad Origenem, chap. V, prononcée en 239. Grégoire y raconte qu'un précepteur lui apprit, dans sa patrie, la Cappadoce, le latin et les lois romaines afin qu'il put se rendre à Beyrouth pour y devenir étudiant en droit. Il qualifie cette ville de rSK\.q 'PwixaïxwTépa tcwç xal twv V3[ji,wv ToÛTwv.... -atcs'jTTÎpiîv (civltas... Bomani iuris, harum legum communis schola et auditorium)-.

1. Au dire de Hase, un passage obscur de Juvénai, Sat. III, 114 et suiv., ferait allusion à l'Ecole de Droit de Beyrouth. Hase consacre son Chapitre IV (p. 35-52) à l'interprétation de ces vers. Son exégèse est vraiment trop Imaginative pour pouvoir nous convaincre.

2. Migne, P. G., t. X, col. 1065-1066. D'après Hase, p. 52-55, c'est en 231 que Grégoire se serait proposé d'aller commencer ses études à Beyrouth. Le

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L'importance de ce passage est considérable à deux égards : parce qu'il montre la réputation de l'École de Droit de Beyrouth s'étendant déjà au début du iii° siècle fort loin de la Syrie, et parce qu'il atteste que la ville était alors un centre romain et où l'enseignement se donnait en latin. En fait, d'ailleurs, saint Grégoire le Thaumaturge, pour des raisons de famille, ne se rendit pas à Beyrouth, comme il en avait le vif désir, mais à Gésarée de Palestine*. Les auteurs qui ont fait de lui un étudiant de Beyrouth ont été trompés par le triple témoignage de saint Jérôme-, de Socrate le Scholastique ^ et de Cassiodore*, ces derniers affirmant que Grégoire étudia les lois à Beyrouth. Mais cette opinion se heurte à la déclaration expresse du Panégyrique même^.

Une erreur identique a été professée à l'égard du frère du Thaumaturge, x\thénodore, qui, selon certains auteurs, l'aurait accompagné à Beyrouth ^ Les sources ^ disent seulement qu'il fut cinq ans l'élève d'Origène à Gésarée

passage est cité aussi par : Godefroy (chez Mueller, Geogr. gr. min., II, 517, d'après S. S. Patrum Greg. Thaum... opéra graeco-latina, Paris, 1622, in-fol.); Krueger, p. 153, n. 86 (trad. franc., p. 186, n. 7); Hitzig, op. cit., p. 74, n. 244; Benzinger, v" Bcrytos, dans Pauly-Wissowa, t. m, col. 322; Jullien, loc. cit., p. 451; Schemmel, p. 446; P. de Francisci, p. 3, n. 2; Kuebler, loc. cit., col. 398 (d'après l'éd. de Koetschau, § 62, p. 13, 5) ; Lammens, p. 5.

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