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CHAPITRE II LES LOCAUX DE L'ÉCOLE DE DROIT

La topographie de la Beyrouth romaine et byzantine est encore trop mal connue pour qu'on y ait retrouvé les bâtiments de l'Université ou, au moins, les ruines d'une construction qui pourrait passer pour avoir abrité l'Ecole de Droit.

Si l'archéologie n'apporte aucun renseignement utile % les textes, en revanche, fournissent quelques indications, dont la combinaison nous permettra de présenter une hypothèse sur l'emplacement de l'École de Droit dans la période finale et la plus brillante de son histoire, c'est-àdire à partir du second tiers du y" siècle.

L — Pour le Haut-Empire, on ne possède aucun texte visant l'existence de la statio qui servait à l'enseignement du droit à Beyrouth. La seule conjecture vague que l'on puisse émettre à son sujet, c'est que, très probablement, elle formait l'annexe d'un temple ou était établie auprès d'un temple. A Borne, en effet, au Haut-Empire \ les stationes où les prudents enseignaient se trouvaient toutes dans le voisinage des bibliothèques publiques, lesquelles

1. Voir à la fin du volume le Plan de Béryte au vi" siècle, que le comte R. du Mesnil du Buisson a bien voulu dresser pour nous.

2. A moins que l'on n'accepte l'identifiGation proposée, p. 72.

3. D'après Bremer, p. 13-14. Cf. Krueger, p. 152 (trad. franc., p. 185).

étaient d'ordinaire installées dans les temples, et dont certaines au moins renfermaient des ouvrages juridiques, comme on le sait pour la bibliothèque du temple de Trajan ' et la bibliotheca iuris civilis du temple d'Apollon Palatin auprès duquel iuris periti sedebant et tractabant ^ Une bibliothèque existait aussi au Capitole, peut-être avec une slatio.

A l'exemple de la Roma vêtus, Constantinople possédait en 425 sur son Capitole des salles de cours publics [Capitolii auditorium) ^

La colonie romaine déduite à Beyrouth par Auguste avait, selon l'usage, reproduit chez elle toutes les institutions et installations de la capitale. Elle eut donc des temples, des bibliothèques et une statio ou des staliones ius publiée docentium. C'est pourquoi nous pensons que la plus ancienne statio s'élevait dans le voisinage d'une bibliothèque, elle-même érigée dans un temple dout le vocable demeure inconnu (le temple de Jupiter?) *.

II. — En ce qui regarde la première période de l'histoire de l'Ecole au Bas-Empire, un seul texte parle de locaux spécialement affectés à l'enseignement du droit : c'est VExpositio totiiis mundi [Descriptio orbis terrae), § 25, qui, on l'a vu, date du iv" siècle (vers 350) et qualifie Beyrouth de civitas imlde deliciosa et auditoria legum habens^.

Où étaient situés ces auditoria du iv** siècle, nous l'ignorons. Ici encore, une hypothèse est nécessaire. Nous croyons pouvoir établir, comme on le verra dans un

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