‹ Études historiques sur le droit de JustinienChapitre 40 sur 242 · D'après Lammens, p · texte numérisé non relu

D'après Lammens, p

LA DESTRUCTION DE l'ÉCOLE. 57

ne fut épargné; il n'en subsista que des amas de décombres. Une multitude d'habitants et d'étrangers restèrent ensevelis sous les ruines. On déplora surtout la perte d'un grand nombre de jeunes étrangers de nobles familles,, distingués par leur éducation, qui y étaient venus étudier le droit romain. C'était en effet pour cette ville une prérogative spéciale et le plus grand des privilèges de posséder cette école si renommée ».

La ville fut anéantie et 30.000 personnes périrent*. L'École de Droit fut transférée à Sidon (Saïda), en attendant la reconstruction de Beyrouth. Une ville nouvelle fut rebâtie, non pas comme elle était auparavant, mais sur un plan semblable ^

On allait inaugurer cette ville nouvelle et y rappeler les anciens maîtres, lorsqu'un incendie dévora les édifices provisoires en 560 \

24. — La dernière allusion à l'éclat de l'enseignement à Beyrouth est faite par l'un des pèlerins chrétiens qui, précisément, peu après le tremblement de terre de 551, visitèrent les régions dévastées de la Syrie. VAuclor^ Iliîîerarii Antonini martyris (ou Pseudo- Anlonin) décrit ainsi son passage à Tripoli, à Byblos, à

1. Le chiffre est fourni par le passage du Pseudo-Antonin, Cor-p. Script. Ecoles, latin., de Vienne, t. XXXVIIII, p. 159, cité plus bas, p. 58.

2. Détails tirés d'Agathias, Hist., Il, 15 [loc. cit.); cf. Lammens, p. 22. — P. Krueger, p. 393, n. 8 (trad. franc, p. 465, n. 4), parle par erreur d'un transfert de l'École à Tyr. — Notons que les lamentations souvent citées du poète espagnol, Jean Barboucalos, sur la ruise de Beyrouth {Anthol. palat., t. II, c. IX, n" 425-427, éd. Didot, t. II, p. 88), ne contiennent aucune allusion à l'École de Droit.

3. Lammens, p. 22 (d'après le P. Michel JuUien, loc. cit., p. 437). — Cela n'est pas dans Agathias.

4. Cité par Migne, P. G., t. LXXXVI, 2» partie, col. 2765, n. 85; Corp. Script. Eccles. latin., t. XXXVIIII, Itineraria Hierosolymitana S3iec. IIII- VIII ex recensione Pauli Geyer, Vienne, 1898, p. 159 (dont nous suivons la leçon). — Ce texte a échappé aux auteurs qui ont écrit sur Beyrouth ou sur son Ecole de Droit, sauf à Hase, p. 58 et à Lammens, p. 23.

Triari (Bolrys ?) et à Beyrouth : « Venimus in partes Syriae in insula Antharidus et inde venimus in Tripoli Syriae, in qua sanctus Leontius requiescit : quae civitas tempore ïustiniani imperatoris subversa est a terrae motu cum aliis civitatibus. Venimus exindc Biblo, quae et ipsa subversa est cum horainibus, item in Triarim civitatem, quae et ipsasimiliter subversa est. Deinde venimus in civitate splendidissima Berito, in qua nuper studium fuit litterarum. Quae civitas subversa; dicente nobis episcopo civitatis, quia cognitae personae, quae sciebantur nominatim,excepto peregrinis triginta milia ad brève missi hic perierunt. Ipsa civitas iacet sub montana Libani ».

Le studium litterarum de la très splendide cité de Beyrouth se traduit le mieux du monde par « l'Université ». Au moment où passèrent les pèlerins, l'Université n'y existait plus (nuper); elle avait été transférée à Sidon. Mais la réputation de l'Université s'était maintenue, puisque l'auteur prend soin de la mentionner. Or, comme c'était l'École de Droit qui donnait au studium litterarum son lustre, il nous semble que nous n'avons pas tort de comprendre ce texte peu connu sur Beyrouth dans le dénombrement des sources relatives à l'École de Droit.

Beyrouth était encore en ruines en l'an GOO ; elle tomba facilement aux mains des Musulmans en 635 ', sans que l'École de Droit eût repris naissance.

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