‹ Études historiques sur le droit de JustinienChapitre 43 sur 242 · Cf. suprà, p · texte numérisé non relu

Cf. suprà, p

5. Migne, P. (?., t. LXXXV, col. 1023-1025; Boissonade, p. 85-86. — En

Le Dialogue s'échange entre Zacharie (A) et le jeune païen, futur étudiant en droit, qu'il veut convertir (B). Voici, presque littérale, la traduction des passages qui nous intéressent* :

« A. — (Zacharie). Mais, afin que personne ne vienne interrompre mon discours, t'ayant pris par la main, je te conduis ici près du Temple de Dieu. Et t'ayant d'abord guidé vers le spectacle du Temple (car tu aimes les belles choses) et t'ayant bien préparé à la discussion, alors je t'exposerai tranquillement la doctrine.

« B. — (L'ami). Mais tu me fais plaisir en agissant ainsi, mon cher, car mes oreilles sont remplies du bruit que ce Temple est le plus noble de tous les spectacles ; car il est orné (dit-on) de matières diverses et merveilleuses et sa beauté (dit-on) est inexprimable, en sorte qu'aucun de ceux qui aiment les belles choses ne peut se rassasier de sa vue, si grande est la beauté dont l'art et l'habileté de l'architecte l'ont revêtu ainsi que le zèle de ce fameux archevêque [Eustathe] qui (dit-on) s'est occupé de cette o'uvre d'art.

« A. — ... Regarde de tes propres yeux.

« B. — 0 quelle habileté de l'architecte, ô mon ami, et quel beau spectacle de cette peinture! comme le Temple de Dieu a de beauté et de proportion! comme ses dimensions grandes sont soutenues et s'appuyent sur deux fois cinq colonnes ! comme elles sont taillées dans une matière unique et comme elles ont le même aspect et pour ainsi dire une parenté les unes avec les autres, toutes blanches,

vérité, le nom d'Eustathe n'apparaît que dans une glose des manuscrits ^Boissonade, n. 33, p. 333); mais l'attribution à cet évéque nest pas douteuse : elle est confirmée par la Chronique syriaque de Pseudo-Zacharie, IV, IX {Infrà, p. 67-68).

1 . On trouvera de ces passages deux traductions en latin, Tune chez Hase, p. 71-72 (reproduisant celle de Tarinus, éd. Gronov., p. 166;, l'autre chez Migne, loc.cit.;i\ existe deux traductions en français, l'une du P. JuUien, loc. cit., p. 452, l'autre du P. Lammens, p. 16.

LES LOCAUX DE l'ÉCOLE. 65

polies, et brillantes par la blancheur et le poli et comme elles montrent le même dessin et la même forme. Je loue aussi la peinture du peintre et les tableaux variés et gracieux et la beauté diverse de la peinture et la grâce et l'éclat des matériaux et leurs belles couleurs... ».

D'après ce passage lyrique, le bâtiment érigé par l'évêque Eustathe était une basilique, une longue salle soutenue par dix colonnes (sur deux rangs sans aucun doute) de la même forme et de la même matière, le marbre blanc. La salle était ornée de tableaux aux vives couleurs. Hase' croit que ces tableaux étaient des peintures, dont on ne saurait affirmer, dit-il, qu'elles représentaient des scènes de l'histoire sainte ou des scènes d'animaux (le mot CwoYpasîa ayant perdu son sens originaire pour désigner toute peinture en général). Le P. Lammens ^ pense que le dernier trait de la description se rapporte, non à des peintures, non à des fresques, quoiqu'il en existât déjà au v* siècle dans les églises de Beyrouth, mais à des mosaïques, l'art du mosaïste étant alors très florissant en Syrie'. Ces mosaïques représentaient, selon toute probabilité, des scènes religieuses.

Les deux auteurs s'accordent cependant entre eux et avec d'autres auteurs pour admettre que la basilique d'Eustathe aurait servie l'enseignement et aurait été l'un des auditoria ou salles de cours*. Comme Le Quien ^

Page 1