DV ROY DK L.\ BAZOCHE
Mercure , Mars, Apolo el Triton , Nymphes, Seraynes, SiWcslres, Oriades; Cupido laisse Ion Vireloii ; Juno , Palas , Venus au cler meiilon , Veiiev, en bas proférer ung diclon Triste semé de joycs rétrogrades Ny faillez pas Muscs aquariades , Nayades, douces Chorindyades , Celcslcs corps glorieux dor maissis , Clercs jovines , freschcs Olympiades , Fades ou sades venez par ambassades Pour contempler le dueil ou je m'assis
Hutueux chant grief chier chetif soit pris, Helas, cnfans pileux cris deschanle/, Venez pleurer par cens et par milliers , Pranez champions, suppolz et familiers Palacieux loumoyeurs de piliers , (îens vertueux se pitié vous anime , .Vdveiiluricrs, plaisant iiisics , galicrs ,
C'iii' Atropos eslarit sur vos pailliers ,
Soub;t aggrcsscui-es mortifères filUei-s
Sa bai'belec darde plusillanime ,
Tant quelle roni, soubmnist, ronge et lyme
Larbre fleury de vertus magnanime
Le paragon ayant lillre de poy,
Le tronc dhonncur, de triumphe la synie ,
Labolisseur de dur cruel ei scysme ,
Qui pour emprunt taille tribut deeyme,
Ne misi jamais son peuple en desroy.
^'DipUi amimfncant par les quatre bout:- tant en relro gradanl quf auUremenl.
Ploure^, plourez, plaignez , lerraes gecte/ , Petis et grans eiifans criez helas !
Courez, trotez dolens d\\x pourgectez :Subtilz , surpris supposlz tenez vous las ; Doubtife Suiez laissez joye et soûlas , En desroy tous cueurs et eorps essorez Fuytifz serez povres criaiis las las Koy n'avez plus : plorez doncques plorpz.
Tondez en pleurs et en melencolie Gentilz Suysses et chacun son collic A grielz senglolz , car la doulce eneolie Du cloz de paix est submise a mort ceve La fleur des fleurs nom dodeur amolie En florissant a este démolie Que mauldil soit celluy par qui mon lie
1)L' RUV lit L.k IMZUL'HK. li
Eli si jeune aage et croissance premcv*l'iig des beaux ûh que puis Adam ei Eve Fusl veu ne sceu et qui denlente ieve A soubstenir ung cbascun fui engrani.
Se peiil fut , mis non soit en resene Moins de renom, car vivant sans granl \cr\i- Pour contenter franscîsique cateme Ung petit Roy vault bien autant qun grnnt.
Laissez couleurs mette?, jus albardes.
Cessez aubades ne pensez plus a bardos Doulces œillades , coulevrines bombardes Ne a pennades gettcz ces pourpoiiitz vers Osiez ces plumes ces jacqueies coquard<^s , Fiisques gambades : car en lieu davani gaides Fault que musades servez darriere garde , Tristes et (ades de piteux noir couvers Pisque convers sans estre descouvers , Ne recouvers helas , povres pervers Les yeux ouvers mettez vous a genouh Sans plus ruer a droit ne a revers Elstocz divers de tort ne de travers Tous a lenvers dictes en piteux vers Haa le feu Roy trop tost est mort pour nous.
Ploure?. , plaignez , gémissez povres mon-s Laissez ce jaune et ce beau gris encores Ces picqucs noires car vous estes frelores El napporipz ((uc vos obscurs myuois Pour enfondper lermes détériores
[J.S (.OIIPLAINTKS ET F.PITAPHES
Et llumiticz plaintes inleriores Soubz agravees façons exieriores Chose plus propre crier en mon baiiiioys El vous après désolez aibanoys Vos virevoustes et plaisans esbanoys Nont plus de cours laissez pavois escu Darl , javelot pour jouxtes et toumoys Ne V07. habitz ne vailent ung toumoys Pour dueil mener, car comme je congnoys Le bon feu Roy pour nous a peu vescu.
Plourcz palays , saiiu siège impérial , Temple royal , sacre lieu curial , Droit et loyal souverain allitrosne , Très glorieulx divin prethorial Seigneurial théâtre hîstorial , Mémorial du sempiternel prosnc.
Court bienheureuse, angelique malrosne , Digne patrone qui justice patrone En vostre trosne de refulgent arroy, Pric7. pour l'ame du bon feu petit Roy.
Plourez tumulte , cohorte et grosse tourbe Presse assez fourbe sans plus faire la fourbe Chascun se courbe sur ces royaulx prétoires Pas nest besoing quayez l'œil en la bourbe Tant quon assourbe le point qui nous destourbe Et qui recourbe no7. tristes auditoires , Pleurez parquelz, bancz , chaires escriptoires Frans répertoires , audiences notoires ,
Lieux pcremptoireK par ung dueil iiompareil Lo bon feu Roy qui iieul onc de pareil.
Poultres dorées, pilliers sicges royaulx , Fendez carreaulx, calemars et fourreaulx, Cliquant barreaulx, guischeuetbouu de bans, Poches et sacz, lettres, pacquctz, trousseaulx, Clercz par moncaulx porlans soubz vo7, seaulx , Noirs |>anonceaulx soyez dorreur flaïubans.
Table de marbre vous perdez voz bonbans.
Si font rubans , las , cordons, acabaiis , Joyaulx tombans savez cueur entame Pleurez le Roy qui esloit tanl ame.
Plourez , plourez legierement mercières Doulces cencieres, geôlières financières , Gentes grossières , cloez moy ces cstaulx.
Cessez voz ris mirolicres bourcieres , Entrelacieres de franches gibecières, (>rans plumaciercs sentez maulx capilaulx .
Gros gras potaulx qui dessoubz ces pourtaulx (iravez courlaulx marques espouvenlaulx , Laissez metaulx , burin , plalainc et lame , Pour regretter du noble feu Roy lame.
Plourez aussi libraires , cbappeliers , Farceurs , geôliers , orpbevrcs , poupeliers, Rustes, galiers , avalleurs de frimars , Pastenostriers , revendeurs, miroliers, Houspailliers , porteurs de vers filliers , Frans cousteliers laissez vozbracquemars,
;t."l*J Lf.-^ COMPLUNTES ET EPlTlPHEs
Etirhes camai'S de finance disiuars.
Laisse/ voz mars, poix, godeU coquemars.
Pour niieulx de Mars plains d'ennuy el d'esmoy. Plaindre l'enfant , Roy de vous Pt de moy
Ploiire?. aussi povres soliciieurs , Eniremeieurs , tuteurs et curateurs , Danceurs , saulteurs , varletz , paiges errans , Advanturiers de plumes operateurs , t'risques chanteurs comme bons serviteurs, Soyez porteurs dtiabis non difTerens , Comme garans de plaintifz apparens , Et sur mes reiiez puis qnatant je me rens .
Soyez narrons la mort du Roy quon plaintes Gens vertueux par pileuses complaintes.
Pleurez fenestres , eschaufTaulx et tourelles . Franches querelles du séjour dentour elles , Pour pastourelles et gens de graus espris.
Plourez seigneurs, bourgoises , damoiselles, Doulces guezelles toutes dessoubz mes esies , Car du moys elles n'auront leur vol repris Court et pourpris lieu nompareil compris, Dhoniieur espris qui aviez apris Davoir le pris des jeux du moys de may Trop losl scaurez le dueil du mal de moy.
Ploui-ez , plaignez , regrettez voz praticques Gens mecauicques ainsi que Irenaliques En res bouticques rhascuri de vous s>nfernip Et la dedans comme trop aquatiques ,
DU Hl.V DE LA UAZOCFtE. Z^'i
Demy ethicques dictes devotz. cantiques Tous flumaticqucs pendant aux yeux la lermc Et quoi) alerme par saison el par termes.
Ou quon conferme ains quon se desenferme. Ce que safferaie qui eu ce point mengaigne, Pour le bon Roy dont advie/. mainl gaigue.
Chantres, chanoynes, cordeliers, Augiislins, Devotz rustins bons hommes philistins.
Soirs et matins dedans voz mai sonnettes Moynes , Chartreux , hermites clandestins , Vrais celestins en ces lieux terrestins Diiz celestins et doulces chansonnelies.
Kii publiant l'iilyllc de Pliitibrrl Giriiin, 31. Hrpglicit du Lut i; lit prn'(-der d'un avant-propos, dan'> Icc|iif1 nous lisons ce ipi
luil-FD-r.hmlcl. 1
M. Brcghot du Lut ne connaissait pas rrtlîlîon dr Bâlc , qui Est de 1546, dans laquelle Gilbert Cousin de Noierny daiinr l'idylle de GIHtiet , au milieu d'une compilation de poèmes latin> ■nodcmcs intitulée Bueolicomm autorei XXXVIII. Il a reproduit la version donnée par le P. Meneslrier û la lin de ses Xolei tar t'hittairr de Lyon. Elle diffère, sur plusieurs points essenlipls, de celle de Gilbert Cousin.
Cette idylle a été composée , suivant nous , de 1 530 à 1 535 . Cirinct était alors un jeune homme , un bozochien. Conune Maurice Sève , il prit part ù l'élection de Pierre Gauthier en relie qualité , ainsi que l'indiquent les vers suivants :
n Nous le jugeimes digne de cet honneur. » — La version de SI. Breghot du Lut est celle-ci : lllo dignanfur honore : a Ils Ir jugèrent digne de cet honneur. » Ce qui est bien diRcrent.
Les détails que donnent Girinet sont ceu.^ d'un témoin oculaire : Caulerum acclamanl , a ils nomment Gauthier par acclamation ; » nna /inl tnlenlia , « il n'y eut qu'une seule voix ; » et dans sa latinité on retrouve l'écolier, le jeune homme toul plein de souvenirs classiques, de réminiscences virgilicnucs , qui-
le» uiiiii'Ui n'ont [luiiit Piicaiv faïl oubltir. I.'aiilnii' |inuv»it atoir. lor!iqu'il la composa, de vingt ù vin);l-rii|[] ans; ce qui furrait s* naissance dans les (|Uinze premièrps uiniVs du scizîi'nic sirèlr.
I)aii9 tuus les cas, ce poemc csl antêriRiir, bien cnlpndu , à I J46 , dale de l'édition de Bâlc. Sa date se rapproche de 1 335, i-ai' il y est question de Hugues du Piiy, qui était conseiller échelin à Lyon en 1537,
Ed jiariaiit de l'idylle de Giriiiet, page 91, non< avions reproduit de confiance la version de U. Bifgliot du Lui; mais en lu romparant, depuis lors, avec celle de l'éilition de Bâle , nous y avons trouvé des diffrrenres. Nous iTproduisons celte dernière, ■[uî est beaucoup plus exacte, en conscri'aul , autant que pussilile . la Iradurlion et les noirs du fiavaiil Lyonnais.
PHILIBERTI GIRINETI
DE PETRI GAUTERI I» PRAGHATrCORl'Ii LUGDUNEKSICM PRINCIPEM ELECTIO!«R
iDYLLION.
Hensis erat Maius, maionim è nomin» diclus (I). Avia quo volucnim résonant virgulla canore (t!) , Et vacuo virides extendit in aère (3) ramos Cuncta arbor, cœli est fades perblanda sereni : Ac Venus aima (i) subit juvenum preecordia , menles Turbat amor, furiatque fuiens , volucresque , ferasque.
lUo Pragmalic) coierunt tempore in unum , Principem ul eligerent de more sibi, atque locarent Sublimi in solio; una fuit sententia , Pelnun Gauterum acclamant ; illo dî^namur honore (5). Hic est antiqua nalua de stirpe virorum Nobilium, quorum non cognila gioria nusquam est.
. (VlrKtl, ^n. l.ttt, ri
PHILIBERT GIRINET,