‹ Études iconographiques et archéologiques sur le moyen ageChapitre 12 sur 27 · DOTAL! S VO · texte numérisé non relu

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SOLVIT

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Ces mosaïques paraissent avoir été surtout ornementales. Celle d'Aquilée, d'après Bartoli, ne se composait que de cubes noirs et blancs ; celles de Vérone ne contenaient pas non plus de traces de personnages ou d'êtres animés. Et de fait, les ornements se prêtaient le mieux au système de répartition alors en vigueur. Ce n'est que dans l'immense lithostrote de la cathédrale de Pesaro * que Ton a suivi une marche différente. Il est vrai que cet ouvrage est d'une date bien postérieure et que la composition y est morcelée à l'infini : grâce à ce fractionnement, chaque donateur, quelque modeste que fût son offrande.

i Décrit et gravé dans Touvrage de M. Carducci, Sul gran musaicorecentemente scoperto in Pesaro ;l?essLrOj 1866, in-folio. — Dans un article publié dans la revue Im neuen Reicb, 1872, n" 11, p. 407-417. M. R. Engelmann a rectifié en plusieurs points le travail de M. Carducci.

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pouvait attacher son nom à une figure distincte. L'un d'eux, par exemple, prenait à soa compte l'exécution de deux paons qu'il accompagnait de cette épigraphe : A. SO- LINVS lOHIS (Johannis?) VRSELLIOS PAVONES FACERE FECIT. Un autre, une dame, faisait exécuter un médaillon orné de deux monstres à corps d'oiseau et à figure humaine ; elle avait soin, elle aussi, d'apprendre à la postérité la part pour laquelle elle avait contribué à l'embellissement de l'édifice :

DNA MAROTA VXOR BONI OMINIS GAVDENCI FECIT OPERARE ISTA (sic) TABVLAS.

Dans le choix des sujets on remarque la prédominance vraiment singulière de l'élément profane. Ici encore la différence entre les lithostrotes et les mosaïques murales éclate au grand jour. Dans ce dernier genre, les compositions, si l'on en excepte les portraits de Théodoric au palais de Ravenne et au forum de Naples, offrent invariable-

ment un caractère religieux. D'innombrables exemples servent à nous le prouver.

Si la note qui accompagne un dessin du XVII* siècle jusqu'ici inconnu aux archéologues mérite créance, une inspiration toute païenne aurait présidé, sous Constantin encore, à la composition des mosaïques. Ce dessin *, qui reproduit un fragment de l'ancien pavement du mausolée de Sainte-Constance, nous montre deux enfants tenant chacun une coupe et s'apprêtant à faire des libations.

L'un deux, couronné de pampres, est assis sur un âne ; l'autre, la main gauche armée d'un bâton recourbé, est debout devant son compagnon. Des rameaux de vignes, des

* Cabinet des Bsumpes. Dessins de P.-S. Bartoli. La série dont ce dessin hit partie est précédée d'une note que je crois utile de rapporter : r Les cinq dessins de peintures antiques qui suivent sont encore de la main de Piètre Santé Bartoli ; ilâ ne sont pas gravés dans l'édition » (des peintures du comte de Caylus). — Il Êiut cependant ajouter que ces dessins portent la signature : Franc^ Bartoli fec, que Ton rencontre aussi sur un dessin de la première série publiée dans le recueil ci-dessus mentionné de Caylus (p. 48), et oui leur assigne une date postérieure j>.— Voir aussi VAoecedario 4e Mariette, 1. 1, p. 75, et t. VI, p. 207.

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oiseaux (hibou, canard, perroquet, £ûsan^, des chalumeaux, et deux autels^ sur l'un desquels voltige un papillon, complètent le tableau. Le fragment est de forme circulaire et les figures se détachent en noir sur un fond blanc. La note à laquelle j'ai fait allusion ne semble laisser aucun doute sur la provenance de l'ouvrage : « Pavimento del tempio di Bacco fori di Porta Viminale nella via Nomentana a mano mancha aS. Costanza consagrato da Alessandro IV l'anno 1255 délia nobil famiglia di Conti. 7>

Ces réminiscences païennes, nous les rencontrons longtemps encore de l'autre côté des Alpes; pendant toute la première période du moyen âge la mythologie y joue un rôle plus ou moins considérable et il n'est pas rare de l'y voir associer à des idées empruntées au christianisme.

Le Combat de Thésée et du Minotaure^ qui figure si souvent dans les incrustations de la fin de l'Empire*, paraît avoir été un des mo-

* Voir Millin^ Voyage dans les départements du midi de

tifs favoris des mosaïstes chrétiens. Ciampini déjà nous a fait connaître la composition qui orne le sol de l'église Saint-Michel- Majeur de Pavie * ; elle représente, d'un côté, Thésée luttant avec le monstre à l'intérieur du labyrinthe; de l'autre, Goliath provo-

la France^ pi. XXXIV; Artaud, Histoire delà Peinturé en mosaïque (mosaïques de Lyon et des départements du midi de la France), pi. XLVIII. — Mittbeilungen derAntiq, Gesellschajt ^çtt Zurich, t. XVI, pi. XXIX, etc., etc. — Otto Jahn, dans ses Archaologische Beitrage, p. 268 et suiv.^ décrit huit ou neuf mosaïques antiques représentant le même sujet. Un passage de Pline H. N. xxxvi^ 85, permet d'affîrmer que les labyrinthes étaient fréquemment représentés dans les mosaïques antiaues : « Labyrinthi,non, ut in pavimentis puerorumve ludicris campestribus videmus... »

* Vetera Monimenta, t. II, pi. II et p. 4. — La bibliothèque Barberini possède sous le no XLIV, 35, un dessin du xvu* siècle^ sans indication de provenance, qui représente évidemment la mosaïque de Pavie et qui a passé jusqu'ici inaperçu. Il ofire un intérêt tout spécial parce qu'il nous montre les signes du zodiaque et les travaux ou les plaisirs de chaque mois qui manquent dans la gravure de Ciampini, aussi bien que dans la gravure jointe à Touvrage de M. delFAqua, Memoria storico descrittiva delV insigne basilica di 5. Michèle Maggiure di Pavia; Pavie, 1862, p. 73. Des fouilles récentes ayant remis au jour la partie inconnue à Ciampini, la reproduction de M. Aus*m Weerth (pi. IV) se trouve être plus complète que celles de ses prédécesseurs.

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quant David*. Les vers léonins qui servent de commentaire à ces deux scènes méritent d'être reproduits. Le premier d'entr'eux se rapporte à Thésée, le second à Goliath, le troisième à David :

TESEVS INTRAVIT MONSTRVMQVE BIFORME

[NECAVIT-

SVM FERVS ET FORTIS CVPIENS DARE VVL-

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