‹ Études indianistes (volume 2)Chapitre 121 sur 134 · THÉATRE PARIAH. 44 LE COTOUAL · texte numérisé non relu

THÉATRE PARIAH. 44 LE COTOUAL

Laisse-moi cueillir une des fleurs qui ornent ta brune chevelure.

MARYAMA

Que diraient mes compagnes, si elles me voyaient causer avec un homme dans ce lieu désert ?

LE COTOUAL.

Elles diraient que tu as tort de te soustraire à l'amour que tu as inspiré. |

MARYAMA

Je ne comprends point vos paroles.

LE COTOUAL.

Et que tu dois éteindre le feu que tu as allumé.

‘MARYÂMA.

b La nuit vient, laissez-moi continuer mon chemin. LE COTOUAL,

Pas avant que tu n’aies contenté mes désirs.

MARYAMA

Hélas ! que vais-je devenir?

LE COTOUAL,.

Cède à mes transports.

MARYAMA

Des paroles ne suffisent pas pour prouver son amour.

LE COTOUAL.

Tiens, reçois cette bague sur laquelle est gravé mon chiffre, je te la changerai demain contre vingt pagodes.

MARYAMA

Je préfère la garder.

LE COTOUAL.

C'est le signe de ma charge et je ne puis te la laisser.

MARYAMA

Donne-moi la donc et je te suis vers cette tope de cocotiers.

Le cotoual lui remet la bague, et Maryama s'enfuit en riant,

RANGUIN, paraissant.

Salam, seigneur cotoual.

LE COTOUAL.

Que viens-tu faire ici, vagabond ?

RANGUIN.

Je viens vous rendre ce rotin que vous avez oublié ce matin, sur la place du bazar.

LE COTOUAL.

Cesse de plaisanter où je te fais administrer une correction plus belle encore que ce matin.

RANGUIN.

Je ne plaisante pas, et la preuve, c’est qu'avec le rotin je viens vous rendre encore les coups, et vingt de plus pour avoir voulu séduire ma sœur.

LE COTOUAL.

Demain tu mourras sous le bâton.

RANGUIN.

Demain tu me payeras bien cher pour que je te rende ta bague, attrape d’abord ceci, c’est pour les dettes anciennes.

Il le frappe à coups de rotin.

LE COTOUAL.

Ahio ! ahio ! samy, ahio ! ahio!

LES IVROGNES, paraissant.

Quels sont ces cris, qui viennent troubler les bos-

quets d'amour... Tiens, c’est le seigneur cotoual; bonjour seigneur cotoual.

LE COTOUAL.

Aidez-moi, seigneurs commoutys, à me défendre de ce vagabond.

Ranguin n’est pas un vagabond, c’est un joyeux compère qui paye ses dettes, et qui'joue de la trompe pour les morts et pour les vivants.

L£E COTOUAL.

Je vais de ce pas chez le pundit saëb *.

LES IVROGNES

Cours vite, seigneur cotoual, tu lui diras que nous étions cachés là, et que nous t’avons vu donner ta bague à la belle Maryama.

LE COTOUAL.

Je suis perdu.

RANGUIN.

Non, car tout peut s'arranger, tu garderas tes

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