‹ Études indianistes (volume 2)Chapitre 75 sur 134 · Petites fourmis blanches · texte numérisé non relu

Petites fourmis blanches

castes naît et meurt dans la maison de son père: où donc le fils du pariah peut-il ouvrir les yeux? où donc est la terre amie qui recevra ses dépouilles?.… Ciel et terre, voyez ce que nous sommes.

« Quand l’ombre monte des vallées au sommetdes boig sacrés, que le padial ramène lestroupeaux d'’éléplants, que le soudra quitte en chantant les rizières, la pierre à cacry retentit sous la main des jeu-

es filles qui préparent le repas du soir ; quand on jette aux chiens le restant de la nourriture, où donc le pariah peut-il manger ?... Ciel etterre, voyez ce que nous sommes.

« Quand les femmes ont tracé sur le seuil des demeures, les signes consacrés qui chassent les mauvais esprits, quand tout le monde repose, où donc le pariah peut-1l dormir ?..… Ciel et terre, voyezce que nous sommes.

* k + « Lorsque chacun pleure dans les maisons, que

le char des funérailles est couvert de fleurs, l'âme du mort est satisfaite, le baume liquide coulera sur

le bûcher ; celui qui a l'espoir d’être actompagné par les prières sacrées peut attendre aveo joie 1e ré veil céleste. Mais où donc le pariah peut-il mou- -rir ?.. Où donc a-t-il l'espoir de renaître ?... Ciel et terre, voyez ce que nous sommes | | (Tirouvallouva.)

Nous avons entendu bien souvent ce chant triste et désespéré sur la côte de Coromandel, dans les jungles du Travencor, ou les forêts du pays Malabare. Tantôt c’était une jeune fille qui modulait ces stances sur un ton monotone et plaintif, en tressant des corbeilles sur les bords d’un marécage, tantôt c'était un pauvre enfant conduisant une maigre chèvre dans des pâturages déserts, ou un vieillard abandonné qui jetaient ainsi aux solitudes le récit de leurs misères.

En face de ces souffrances imposées à toute une race, nous avons voulu connaître la place que cette dernière a tenue dans l’humanité.

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