CHAPITRE XVI
GfiBÉMOlOBa FUNÉRAIHE3. — KlCBA.trMBMBMT. * GRÉMAXIOMt.
Une étude sur les cérémomiet funéraires da U période brahmanic[ue, ma conduirait Déoessairemeot à une comparaison de ces cérémonies avec celles de tous les peuples aïkciens. Il y aurait à faire sur ce sujet un ouvrage des plus intéressants au point de vue de l'histoire des races humaines* Je veux me borner^ pour le moment, à rattacher à Tlnde, par une preuve de plus, les traditions des différentes tribus qui ont colonisé le monde.
Les brahmes, dans le gouvernement théocratique que nous venons d'étudier, n'admirent même pas l'égalité des classes au delà de la vie, ils soumirent les mart» aux divisions de castes qu'ils avaient créées.
Voici, d'après le Jfaranam^ ou rituel fonécaire, le aort rérserve aux morts d'après leurs ca&tes :
Maranam, livre I«v slocal et suivanto.
c Écoutez les trois modes prescrits par le divin Svrayambhouva, qui les avait reçus de Brahma lui-même^ pour lo traitement des morta dans les quatre classas. >
c Que le brahme et l'arya (xchatria), aprèa avoir été proclamés justes par le conseil des êtaviroha (vieillards), soîenV après leur mort, plongés pendant trois jours dans le bain dea parfums, et qu'aprèa lea avoir enduits des matières qui C4msertent, ils soient déposés dans les caveaux où le saga
Tama doityenir les chercher à l'heure où, sur la fin du Jour de Brahma, le pr&Iaya (dissolution de toutes choses) doit commencer.
c Mais que le cadavre du brahme ou de l'arya dont le conseil des êtaviraha aura dit : Celui'là n'a pas aimé le$ hommêf, n*a point fait Vaum6n$y et a vécu dans tè mépris du véda^soii livré aux chacals et aux oiseaux immondes, aûn qu'il soit forcé, par une suite de mi^^^rations nouvelles, de conquérir, par une vie conforme à la sainte Écriture, la sépulture réservée aux justes des deux premières classes.
c Que le corps du vaysia, soit après sa mort, aspergé d*eaa lustrale, couché sur un lit de bois et d'herbes consacrées, et brûlé.
c Le cadavre du soudra doit être rendu à la terre.
c Voici maintenant les différentes cérémonies qui doivent accompagner ces trois modes de sépultures, etc.... »
Toute rhistoire des émigrants indous^ des motifs de leurs émigrations, des castes auxquelles ils appartenaient^ pourrait être faite à propos de ce texle.
Vaincus dans leurs premières luttes avec les brahmes, les aryas ou xchatrias s'échappent de l'Inde par l'Iran oriental, conduit par Manou-Vena, ils vont coloniser l'Egypte, et conservent le mode de sépulture des hautes classes, par l'em* baumement et la momiûcation, qui va donner naissance aux pyramides et aux vastes nécropoles du pays des pharaons; ils conservent également le staviraha, ou cénacle des anciens, pour juger les cadavres des prêtres et des rois.
Et ainsi se trouve logiquement expliquée, par la loi indoue, cette étrange coutume de l'Egypte, dont aucune inscription n'avait pu donner la clef. A la suite d'Hara-Kala et de Souryastara, les classes moyennes, surchargées d'impôts, émigrent en Perse, en Asie«Mineure, jusqu'en Grèce et à Bome, et pendant des siècles ces différentes contrées brûlent les cadavres de leurs morts, respectant la tradition de leurs premiers habitants, les vaysias de l'Inde.
Enfin, 8i nous jetons nos regards vers le nord, nous voyons lodah (Odin) et les deux millions de soudras qu'il aurait
L'iMDE BRAHMANIQinE. 801
soulevés, d'après les annales brahmaniques, traverser les plateaux de l'Asie centrale, se jeter sur le nord de l'Europe, et coloniser peu à peu toutes ces contrées, dont les langues ont conservé comme un signe d'origine de si étroits rapports avec le samscrit. Ces diverses parties du globe^ Russie, pays slaves, Scandinaves, germaniques et celtiques envahies par les soudras indous, ont conservé la coutume d'enfouir les morts, suivant la parole du Maranam :
t Le cadavre du soudra doit être rendu à la terre. >
Le brahmanisme, tout en indiquant, pour chaque classe, un mode particulier de sépulture, ne touche pas à l'esprit des cérémonies de l'époque pastorale; et le père de famille^ ou le fils aîné à son défaut, continuèrent à présider aux funérailles de leurs parents, et à accomplir la purification.
Ils restèrent et sont encore les gardiens du culte des ancêtres.
Deux flambeaux n'égareront jamais la science, quand elle voudra s'en servir sérieusement pour éclairer la nuit du passé, ce sont la philologie et l'étude de la coutume. L'étude des formes physiologiques en matière d'anthropologie, ouvre la porte à tous les systèmes, sans qu'on puisse d'une manière exacte prouver la vérité ou l'erreur. En changeant de climat ou de nourriture, les races se modifient à bref délai; quelques siècles en arrière seulement, tout point sérieux de comparaison manque. Deux cr&nes peuvent se ressembler et provenir de la Polynésie et de la Bretagne.; deux autres, au contraire, peuvent n'offrir aucuns points de contact, et sortir de la même chaumière; aussi^ sur ce sujet, au lieu de posséder une science, n'avons-nous que ce qu'on appelle des théories.
Au contraire, les langues, les coutumes, les usages civils et religieux^ dans leurs rapports d'identité, dans la commune signification de leurs symboles, accusent tellement leur origine, que, malgré l'éloignement des contrées qu'ils habitent, et une nuit historique de dix à douze mille ans qui peuvent les séparer, deux peuples peuvent être rame-
803 UB wuM ML van.
b6s à tttt «iieétM ftWMi— , noA p«r la iàéocle de Darwin, par exemple, mais par M esfiitvda matbémaiiqie qua don* naat om iientitéa de iftAgaf e «t de eontame.
Un axanple amtre mille :
hb lecteur doit se am^enir des étonnants rapports qae fat ai|;iialès entM le makaci, laogae d'une partie des indigènae derOoéanie, et le saascarit, dans la première partie de cet ouvrage.
Lorsque j'arrivai en Océanie, groupe des lies de la Société^ après quelques mois d'études, rencontrant & draqne pan des mots entièrement semblables de forme et de significationy daaa les éeaz laufsea, voyant également qne la plupart des radieaaxmahoii pewaient se rtononer an samsorit, ]e nliésiAai pas à assigner mne oiigiRe indove anx habitants fc catte partie de TOoéanie.
J'iotenogeai alors la oontnme, qui ^nt donner pkis ^ force ofioore à IViphiton cpM je m'étais formée. Dans flnde, les chefs s'appelaient les aryas ; en Océanie les cheii s*appeileiii las arii ; mêmes formes de mariage, mêmes motifs d'adoption, mêmes loissitr la propriété, mêmes ftaérailles : emlMumement pour les càefe, enfooiasemont pour le monai peuple et les eoclaves; même i^enêse, et frappantes shniHtudes reUgiesMa.^ toatae réaait pour donner une cerUtikde hâstoriqae à l'origine ^m de prime ateid f avais assignée à cespeupk8«
LIMDB BRAHMAKU2UB.
CHAPITBE X7IL