‹ Études indianistesChapitre 111 sur 122 · I.1 JVaiHIIIT WÊ DIBO · texte numérisé non relu

I.1 JVaiHIIIT WÊ DIBO

Le législateur Manon a éléPiaipiraleurde tontes les légis« lations dyilae da nuMide ; tout «e^ui toucke k rorgaoisation de la fainillOy 4e 1a pioiuriété^ des eoniiatSy lui a M em* pnmté piur le dooit de JusUnien, et a paesé tel quel dans nos oodesy qui, À ^nse onidngtiDJUe «ns.de date, n'ont tn>a¥ô rien de mieux à nons oflrir»

J'ai donné, dans mon précédent ouvrage, des rapproche ments entre les trois législations indoue> romaine et française, à ce point singuliers, qu'on dirait des traductions dTun même texte ; je ne yeux pas reyenir sur ce 8u)et, mais on me saura gré de ne point quftter Vépoque brahmanique, sans donner vn aperçu du droit criminel quTelie «yait adopté.

Autant le droit civil qui ne réglait que les rapports des biatee oaeles ipd aonles poutaieiit pweéder^ liériter et tntnemefttia, ftit élevé et phUoeopklqaa, autant ie droit lorimiiiel^ qui n'atteignait que les basses castes, les -vajrsiasat Im iOO' djras, fut grossier, superstitieux et cruel.

La mort, les supplices, les tortures, les privations, for« mèrent la base de ce droit, adopté par toute l'antiquité» et que le monde moderne n'a pas encore exclu de ses codes.

Je laisse de côté la nomenclature des crimes et des délits» ainsi qiie celle des divers supplices que les coupables avaient à subir, suivant le cas, me boymaat à constater les priaé^fêB aoii-iuuaaaitaires «ur leequele lepoea, 4aas l'Inde bfslàiaaaique, la répreesioa pénale, liais il est na point que Je veux retenir, c'est celui de la pretm^ car il domine, an

matière de culpabilité ou dlnnocenco, le droit du moyen âge tout entier.

C'est au jugement de Dieu qu'était conûé, dans l'Inde, le soin d'indiquer le coupable ou l'innocent, lorsque le flagrant délit n'avait pu être constaté, ou que les témoignages étaient insuffisants. Ce mode de procéder se nommait ordalyha ou jugement par épreuves.

Tout accusé' avait le droit d'en appeler à ce jugement par épreuves, et même d'y défier ses accusateurs.

Les principales épreuves étaient celles: lo du combat» 2^ de la balance, 3odu feu, 4ode l'eau, &> du poison, 60 celle de l'huile bouillante, 7o celle du serpent.

Dés qu'un accusé avait déclaré en appeler au jugement de Dieu, les choses se passaient de la manière suivante :

Au jour convenu, il était amené detant l'assemblée des brahmes ou tribunal de l'ordalyha, et là, s'inclinant devant les saints personnages, il leur adressait les paroles suivantes :

c Sages pundits, issus du cerveau des brahmes, dites c que ce jour sera pour moi un jour heureux, un jour de c vertu, un jour où je serai reconnu innocent du crime c dont on m'accuse, un Jour où Je serai comblé de biens. •

Les brahmes répondaient :

c Que ce jour soit pour toi on Jour heureux, un jour de vertu, un jour où ton innocence sera reconnue, un Jour où tu seras comblé de biens. 1

Ceci dit: un prêtre brahme était donné à l'accusé pour l'assister.

Avant qu'on ne commençât l'épreuve, le prêtre prenait un yase plein d'eau avec du riz et des fleurs, et faisait le sacrifice de l'obla ion, en prononçant les paroles suivantes.

« Adoration aux trois mondes :

c Déesse Vertu, venez dans ce lieu, venez*y accompagnée i des huit dieux gardiens des huit coins du monde, des dieux c des richesses et des vents. >

L*1NDB BR/LHICANIQOB. S05

Pais se tournant vers les huits points principaux de la sphère, il disait :

A l'orient. ~ c Adoration à Indra, gardien des sphères célestes .

Au sud. — c Adoration à Yama-Ahaka le juge des enfers.

A l'ouest. — • Adoration à Varouna, le dieu des eaux.

Au nord. — t Adoration à Couvera, le dieu des richesses.

Au sud-est. — t Adoration à Agny, le feu.

Au sud-ouest. -^ c Adoration à Neihirita, le dieu des mauyais génies.

Au nord-ouest. — • Adoration à Vahiavou, le vent.

Au nord-est. — c Adoration à Isannia, le dieu des com^ bats. >

Toutes les divinités ayant été ainsi rendues propices à l'accusé par le sacrifice de Tadoration, le brahme prêtre dépouillait son client de ses vêtements, lui mettait dans la main une feuille de palmier, sur laquelle étaient écrites la qualification de son crime, et l'invocation suivante.

c Soleil, lune, vent, feu, ciel, terre, eau, vertu^ Yama- Ahaka, jour, nuit, crépuscule du soir et du matin, vous connaissez les actions de cet homme, et si le fait dont on l'accuse est vrai ou faux, i

Le brahme qui présidait au jugement de Dieu, livrait alors l'accusé à l'épreuve à laquelle il s'était soumis, en prononçant les paroles suivantes , selon le genre d'épreuve.

Pour le combat entre l'accusateur et l'accusé :

c Que la victoire soit au juste 1 •

Pour répreuve de la balance :

c Balance, les dieux vous ont établie pour rendre j ustice aux hommes» et leur dévoiler la vérité. Manifestez la donc dans cette circonstance, et si l'homme que vous allez éprou*

yer asi réellement coupable, faitesqu'il ne conserve pas l'éqnl» libre^ et que le poids de son crime vous fasse pencher à aon à son désavantage. >

Pour l'épreuve du feu :

c Feu, vous êtes les quatre vedams, et je vous offre en cette qualité le sacrifice. Vous êtes le visage de tous les dieux, vous êtes ri aspiration des savants, vous effacez toutes les souillures ; faites que cet homme qui va vous porter dans ses mains ne soit pas atteint s'il est innocent, dépouillez- vous pour lui de la propriété de brûler. >

Pour l'épreuve de l'eau :

c Eau, vous êtes la vie, vous créez et détruisez à votre gré, vous puriûez tout, et l'on est toujours sûr de connaître la vérité quand o& vous prend pour juge ; délivres-noas doue du doute où nous sommes, et DaiiesHaoua connaître ai oet homme est coupable oci non. >

Pour l'épreuve du poison:

f Poison, vousétesune subtance malfaisante, créée pour détruire les créatures coupables ou impures; vous fûtes vomi par le grand serpent Bachouky pour faire périr les géants coupables : voici une personne accusée d'un délit dentelle se prétend innocente; si elle n'est pas coupable, dépouillez-vous de vos qualités malfaisantes et devenez pour elle de l'anirita (ambroisie). •

Pour Téprewe de rhuflë bofdlhmte:

c Huile, soyez au corps de eeit koMie, «11 est iniiocent, comme les parfums que la jeune vierge répand sur son corps, après l'ablution. •

Pour répreuve du serpent:

c Sarpa, si vous pensez que cet homme n'est point coupi^

l'inds brâhuakioub. 807

ble, enroulez->Yoas autour de son bras, comme un bracelet inoffensif. >

Quand on songe que ces épreuves barbares, qui se transformaient en tortures légales lorsque Taccusé ne voulait pas s'y soumettre de bonne gr&ce, et qui n'avaient été inventées par les brahmes que pour les classes inférieures qu'ils maintenaient dans un 8Jt>rutissement systématique, apportées en Europe par les émigrations indoues, sont restées comme les bases fondamentales du droit pénal en Europe Jusque sur la fin du zvin« siècle, on se prendrait à désespérer de l'avenir de l'humanité, si l'on se savait que l'alliance des prêtres et des rois qui maintint si longtemps de pareilles monstruosités, ne pourra prévaloir désormais contre la volonté des pénibles.

La Révolution de 89 a aboli la question, les supplices, les tortures. Il nous reste à rayer de nos codes la peine de mort, et à remplacer la prison, ainsi que le ûrent plus 'tard dans l'Inde même, les sectateurs de Ghristna, par un travail moralisateur.

On ne se douterait pas de tout ce qui nous reste à liquider de ce passé sacerdotal des brahmes, réédité par les prêtres de Rome au profit de leur domination*

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