‹ Études indianistesChapitre 17 sur 122 · KOMB ET SES CASTES · texte numérisé non relu

KOMB ET SES CASTES

C'est presque une vérité qui n*a pas besoin de démonstration que de faire remonter à TAsie les origines de Rome.

Italus, dit la légende, fuyant l'Asie Mineure avec les Troyens vaincus, vint s'établir sur le sol de Tltalie et lui donna son nom. Quelques tribus grecques, ayant du reste le même berceau, aidèrent plus tard à la colonisation.

On pourra dire que nous relevons ici des preuves empruntées précisément à ces époques héroïques et fabuleuses que nous prétendons renverser; la réponse est facile. Soutenant que ces temps héroïques et fabuleux ne sont que des traditions indoues et asiatiques , les admettant comme un souvenir ^e Forigine commune, ce devient, on le conçoit, une boni 3 fortune pour notre raisonnement, que de rencontrer sur "Chaque coin de terre colonisée la légende qui fait venir de l'Orient le colonisateur. Et si do cette légende viennent se dégager des institutions et des mœurs, accusant mieux encore cette filiation et cette origine, ne sommes- nous pas en droit de soutenir que nous avons fait la lumière aussi complète que possible?

Nous avons vu que Rome devait à l'Inde ses grands principes de législation. Si le latin, de même que le grec, n'est aussi, comme la science moderne Tadmet, qu'un dérivé du sanscrit; si, comme cela est incontestable, l'Olympe romain n*e6t qu'une émanation de l'Olympe grec, qui lui-

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même a pris Daissauce dans les mystères de Tlnde, de la Perse et de l'Egypte , que nous restera-t-il à dire pour rendre encore plus vraie la yérité?

Borne n*a-t-elle pas eu ses castes, eomm^ les nations plus anciennes ses devancières? Et si ces divisions eurent une moindre importance et furent plus facilement renversées, ne doit-on pas attribuer ce résultat à rinfiltration d'un sang plus jeune sur une terre plus riche, plus énergique, produisant moins facilement sans doute les choses nécessaires à la vie, mais par cela même exigeant plus de travail et plus de force?

Est-ce que cette constitution du peuple romain en prêtres, sénateurs, chevaliers et prolétaires ne 'vous représente pas, quoique affaiblie, l'image de la société indoue? Est-ce que les mêmes impossibilités de sortir de la classe où Ton était né, pour s'élever jusqu'à une plus relevée, n'avait pas été décrétées ? Est-ce que l'on ne sent pas enfin, au début de cette civilisation nouvelle, surgir les mêmes envies de domination par l'esclavage et l'abrutissement systématique des meusses ?

Et si nous recherchons où Rome pouvait avoir puisé l'idée de ces institutions, nous trouvons qu'elle avait envoyé ses législateurs, ses sages, en Grèce, en Egypte, et sans doute même en Asie, pour aller puiser à ce grand foyer de lumières, qui de l'Orient avait illuminé le monde ancien tout entier?

A cette époque, les traditions vieillies du brahmanisme s'écroulaient de toutes parts. Boudha, il est vrai, venait d'être expulsé de l'Indoustan , mais il avait porté aux sec* tateurs de Brahma un coup dont ils ne devaient pas se relever. Zoroastre révolutionnait l'Inde occidentale et la^ Perse; à l'ère sacerdotale avait succédé en Egypte la période monarchique, et la Grèce , rejetant les nuages du passé, préparait ses institutions républicaines. On comprend que la tentative faite à Rome de régénérer cet état

de choses, par le pouvoir des prêtres et de certaines classes privilégiées, ne devait avoir pour résultat qu'une suite de luttes et de guerres civiles , devant aboutir tôt ou tard à une égalité sociale et politique que les peuples commençaient déjà à entrevoir et à exiger.

En vain, pour conserver le pouvoir, les hautes classes ârent-elles luir aux yeux des populations, et pour occuper leur énergie, la guerre et les conquêtes, il leur fallut céder, et peu à peu courber la tête sous le souffle nouveau qui menaçait de les détruire.

Mais si les divisions sociales furent abolies ou virent paralyser leur influence, il ne resta pas moins dans les mœurs et dans les lois des signes ineffaçables de la primitive tradition orientale , qui conservèrent même chez les nations modernes le cachet de leur origine.

Nous ne délaierons point ces réflexions. Aussi bien , le latin n*e8t-il point là pour se dire hautement issu du sanscrit, et n*avQns-nous pas déjà, dans nos précédentes études sur les législations, montré Finfluence prépondérante et directe de Tlnde sur ce pays ?

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