LINDE EN FAOB DES TEMPS ANCIENS
loire à leurs yeux le moyen de 8e soustraire à rinfiuence des brahmes, de qui ils tenaient leur investiture, et, grâce à cette habile tentation, les ayant gagnés à sa cause, il put prêcher la doctrine nouvelle et soumettre à ses lois riran tout entier jusqu'aux pays du Sind, c'est-à-dire jui-^ qu'aux frontières mêmes du sanctuaire de la puissance brahmanique.
Ainsi, plus tard, Luther, en faisant entrevoir aux princes d'Allemagne la possibilité de secouer le joug ca« pricieux et despotique des papes, les enrôla dans le camp de la réforme.
Seulement, le grand moine de Wittemberg, au lieu de frapper l'imagination des peuples, comme ses devanciers, par le merveilleux et le prodige, au lieu de se présenter comme un envoyé céleste, se borna, pour le succès de sa mission, à parler au nom de la raison. Il n'est pas douteux que, quelques siècles plus tôt, il n'eût été obligé, pour frapper l'imagination de la foule, de s'entourer d'une auréole mystérieuse, et de ne soulever le voile que pour un petit nombre d'adeptes ou d'initiés.
Zoroastre a si bien une origine indoue, que l'histoire elle-même vient nous apprendre que les brahmes, furieux de l'abandon de ce faux frère, qui venait porter les premiers coups à leur puissance, le sommèrent de se rendre auprès d'eux pour s'expliquer sur son schisme, et que, n'ayant pu l'attirer dans le piège à la tête d'une puissante armée, ils partirent de l'Iran (l'Inde) oriental pour envahir l'Iran occidental, et ressaisir ce pays, qui s'était soustrait à leur domination. Battus par Zoroastre, ils furent contraints de se retirer et de laisser se poursuivre en paix l'œuvre commencée.
Dans son enseignement Zoroastre s'éloigna peu du système brahmanique. Il divisa le peuple en castes, à la tête desquelles, et au-dessus des rois, il plaça le mage ou le prêtre, réglementa la vie publique et privée, et admit enûn
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an système pénal semblable à celui que nous avons vu s'établir dans rinde et en Egypte. Sa réforme religieuse n'en fut pas une également, en ce sens que, se bornant à repousser les superstitions nombreuses auxquelles les prêtres indous laissaient la foule s'adonner, il admit complètement pour les vulgariser, les principes religieux des Yedas» c'est-à-dire V unité de Dieu dans la Trinité.
Il donna à l'essence divine par excellence, à la puissance créatrice, le nom de Zervane-Âkerône.
Au principe qui préside à la conservation le nom d'Ormuz, et au principe qui préside à la décomposition et à la reconstruction le nom d'Ahriman.
C*est entièrement la trimourti (trinité) indoue avec ses attributions symboliques et son rôle dans la création.
Zoroastre n'extirpa point toutes les superstitions que peut-être il s'était donné le rôle de renverser; libre penseur au début, il comprit bientôt qu'il devançait son siècle, et que les populations n'étaient point mûres pour des institutions telles qu'il pouvait les comprendre. Chaque novateur^ de plus, a toujours malheureusement par derrière lai ses disciples, dont les ambitions personnelles viennent faire dévoyer le char et changer les principes primitifs.
Les mages devinrent bientôt des initiés et une caste absorbante comme toutes les castes sacerdotales. Les divisions des classes concoururent habilement à ployer le peuple sous leur autorité, et il fallut, comme dans l'Inde, comme dans l'Egypte, des mystères, des sacrifices, des processions pour la plèbe qui, pas plus que les peuples de ces derniers pays, n'eût compris un culte dégagé de toute pompe et de tout charlatanisme. De là ces monstrueuses hécatombes et ces fêtes gigantesques du soleil ou du feu, dont l'antiquité garda longtemps le souvenir.
Les disciples de Zoroastre, dana les légendes qu'ils répandirent à profusion sur le compte du maître, racontent
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qii*nn jour, et comme il priait sur ane montagne élevée; aa milieu des tonnerres et des éclairs qui sillonnent la nue de toutes parts, il fut enlevé au ciel, vit Ormuz face à face dans tout l'éclat de sa grandeur et de sa migesté, et reçut de lui les enseignements divins qu'il devait plus tard révéer aux hommes.
Quand Zoroastre redescendit sur la terre, il apporta le livre de la loi appelé Nosks, qu'il avait écrit sous la dire^» tion de l'Être suprême.
Ce livre n'est autre chose qu'une réminiscence des Ye» das et des livres sacrés des Indous que, dans sa jeunesse^ Zoroastre avait étudiés avec les brahmes.
Ainsi, l'influence de l'Inde sur la Perse et sur tous les pays du Sind a toute l'authenticité d'une vérité historique. Ici la tradition^ moins nuageuse qu'en Egypte, à toutes les preuves tirées de la similitude des institutions religieuses et politiques, vient ajouter le témoignage de l'histoire de ces temps reculés à qui il est possible de suivre les traces de Zoroastre, de l'Inde orientcde à l'Inde occidentale, des rives du Gange aux rives de Tlndus.
Comprend-on bien maintenant comment toutes ces traditions indoues, s'échappant du grand foyer par l'Arabie et l'Egypte, la Perse et TAsie Mineure, ont pu, tout en se transformant, parvenir en Judée, en Grèce et à Rome î
Constatons, en finissant ce chapitre, que Zoroastre, comme ses prédécesseurs Manou et Manès, s'est donné au« prés des peuples qu'il venait soit régénérer, foit dominer, une origine et une mission célestes.
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