PREFACE
Lô8 nations périssent par le réye, la contemplation, leg privilèges de caste, et le despotisme religieux.
L'Espagne Tient de faire sa révolution contre le cierg« etTeau bénite... Attendons, avant déjuger!
L'Italie ne peut parvenir à constituer.son unité.
Borne se prépare à condamner dans un concile général toutes les conquêtes de Tesprit moderne, libre arbitre; liberté de conscience, indépendance des pouvoirs civils, etc....
L'excommunication essaye de rajeunir ses foudres impuit»santes, et de courber sous son joug, les empereurs, les rois et les peuples.
Les évéques anglais tentent au nom de Luther d'établir une umité de dogme qui leur donnerait la puissance, et ils proscrivent Colenso (1).
L'Angleterre étouffe les gémissements de l'Irlande.
Les sectateurs d'Omar luttent au nom d'Allah pour pros • crire les réformes qui pourraient sauver la Turquie, et ils massacrent les Cretois.
La Pologne n'existe plus, le sabre moscovite a réalisé la prédiction de Eosciusko mourant.
(1) Évêque d« Natal qui a nie la divinité du UitUi.
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Le czar de Russie est pape.
Et cependant I entrez dans les église«i, dans les temples, dans les mosquées, partout on place sous Tégide de Dieu rintolérance et les perséeutiosa.
Ce n'est plus le fanatisme du moyen âge, car la foi est morte, c'est l'hypocrisie qui Ta remuer les arsenaux du passé pour j trouver des armes qui puissent encorA faire peur aux peuples, et les courber à deux genoux, dans la poussière des ténèbres et de l'oubli.
Oui ! mais la liberté est un arbre fort et jeune, et plus oni;aillera ses rameaux, plus on lui donnera de force pour Tavenir.
Beule la France possède Tégalîté, sa sève etâ, toujourr yiTace et puissante : qu*elle' marche donc sans secoussep, sans révolution, à la coAquéte pacifique de ses libres institutions.
Les sécoussoB ii*ont produit jusqu'à ce jour que des temps d'arrêt, des divisions et la peur de la liberté I
Mais pourquoi, au milieu de tous ces bruits qui Tentourent du Nord^au Sud, de l'Est à TOuest, semble-t-elle parfois hésiter?... qui entrave samarchef .. . Que craint-ellel...
Est-ce que la jeune génération, est-ce que la France -mouvelÎB n*est pas là pour renier lesr impuissances d'un passé dont eîlenô veut pas le retour, et pour suivre hardiment le drapeau qui . faisant un pas de plus en avant, lui assure: a la vie libre à Tintérieur et le respect au dehors.
Donc en avant I
Le temps des agitateurs et des tribuns refigieux est passé. Noue savons ce que valent les oligarchies cléricales qu*on plaee sur le pavois, et combien facilement, au lendonain du succès, elles se retournent contre les principes de eeux qui les ont élevéeg.
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Nous ne leur tiendrons plus la chaise enrule.
Et puisque nous commençons à marcher... aidons loytilement et courageusement à la marche.
En face de Tintolérance qui relève la tête, et de toutes ces luttes religieuses qui divisent TEurope, je viens vous dire la vie d*un peuple qui fut grand entre tous, par sa ci- Tilisation, ses lois et sa morale, et dont les prêtres ont creusé le tombeau.
Je viens vous dire comment rhnmanité^ après s'être élancée jusqu'aux régions les plus élevées de la critique philosophique et de la libre raison, sur la vieille terre de rinde, a été asservie et étouffée par Tautel qui a substitué» à la vie intelligente, Tabrutissement, Timpuissance et ie rêve.
Le concile va se réunir, tous les ennemis de la liberté se préparent à la lutte suprême, et je me lève pour leur montrer d*où ils tirent leur origine, leurs livres saints et leur révélation. Et je me lève pour dire au gouvernement et à la France :
Prenez garde aux héritiers des brahmes indous^
Box aussi ont commencé par la panvreté et Tabnégation . 4t ils ont fini par Tôpulence et le despotisme.
Ëeontes ce que le missionnaire catholique Dubois a éohl »ar les anciens brahm#s : on ne peut certes le suspecter An partialité.
• La justice, Hiomanité, la bonne foi, la oompaasioa, U désintéressement, tontes les vertus enfin leur étaient ùaad • itères» il les enseignaient aux autres par leurs disooum et leurs exemples ; de là Tient que les Lidous, professent, au jDoina dans la spéculation^ à peu près leà niiémes principes de morale que nous (1). »
(1) Usun its Indet, par Tabbé Daboia, I. JI«
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C68t ainsi qa*ils gagnèrent les peuples à la divine pai ola de Chritana, dont ils firent un marchepied à leur puissance, et quand les rajahs, qui leur avaient tout sacrifié, voulurent s'affranchir de leur tutelle, ils ne se soulevèrent que pour retcniber esclaves. Terrible enseignement du passé que l'avenir doit mettre à profit I
Entourons de respect l'autel que surmonte l'image du Créateur, repoussons l'autel qui arbore cette devise :
Domination des gouvernements, asservissement des peuples.
L'Inde est le berceau du monde, c'est de là que la mère commune, en faisant rayonner ses fils jusque dans les contrées les plus occidentales, nous a légué à tout jamais comme signe de notre origine, sa langue et ses lois, sa morale, sa littérature et sa religion.
lies émigrants auront beau s^enfoncer dans les froides et brumeuses contrées du Nord, ou traverser la Perse, l'Arabie et 1 Egypte, loin de cette terre du soleil qui leur a donné naissance; en vain ils oublieront le point de départ, leur peau restera bronzée ou deviendra plus blanche au contact des neiges de l'Occident; des civilisations fondées par eux, de splendîdes royaumes tomberont pour ne laisser debout que quelques ruines, quelques tronçons de colonnes sculptées; de nouveaux peuples renaîtront de la cendre des premiers; de nouvelles cités s'élèveront sur remplacement des anciennes, et rien, ni bouleversements, ni invasions, ni révolutions, rien ne pourra effacer le signe ori« giiieL
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La science admet aujourd'hui, comme une yérité qui ii*a plus besoin de démonstrations, que tous les idiomes de Tantiquité ont pris naissance dans Textrême Orient; grâce aux travaux des Indianistes nos langues modernes y retrouvent leurs racines et leurs bases.
It'est-ce pas hier que le regretté Burnouf disait à ses élèves à la suite d'un de ses cours : « Combien nous comprenons mieux le grec et le ktin depuis que nous étudions îe sanscrit ! »
N'est-ce pas aujourd'hui qu'on rattache à la mém^ origine les langues slaves et germaniques.
Manou a inspiré les législations égyptiennes, hébraïques, grecques et romaines^ et son esprit domine encore l'économie entière de nos lois européennes.
Cousin a dit quelque part : « L'histoire de la philosophie de l'Inde est l'abrégé de l'histoire philosophique du monde. »
Mais ce n'est pas tout :
Les tribus émigrantes avec leurs lois, leurs usages, leurs eoutumes et leur langue emportèrent également leur religion. Elles conservèrent un souvenir pieux des dieux de la patrie qu'on ne devait plus revoir, des dieux du foje? domestique que l'on avait brûlés avant de partir pour toujours.
Aussi, en remontant à la source, retrouvons nous dans l'Inde toutes les traditions poétiques et religieuses des peuples anciens et modernes. Le culte de Zoroastre et les symboles de TÉgjpte, les mystères d'Eleusis et les prétresses de Yesta, la Genèse de la Bible et ses prophéties, la morale du philosophe de Samos et le sublime enseignement du philosophe de Bethléem.
Ce livre vient vulgariser toutes ces vérités qui no s'a*
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gitent aujourd'hui que dans les sommets de la science, css vérités que beaucoup ont entrevues sans doute, sans oser les produire^
G*est Thistoire de la révélation religieuse, transmise à tous les peuples, dégagée le plus possible des fables qu*y ont ajoutées l'ignorance et la soif de domination dea lévites de tous les temps.
Je sais quelles haines je vais soulever, mais je les attends sans crainte. On ne brûle plus comme au temps de Michel Servin, de Savonarole et de Philippe II d*Espagnc, et la libre pensée peut se produire dans un pays libre. C'est tout oe qtie je voulais dire au lecteur qui ouvrira cès pages.
LBS VOa DR LINDB
Tleille terre de Flnde, berceau do genre hvmain^saluil tSaltri vieille nourrice aux mamelles puissantes, que les siècles et les brutales inyasions n*ont pu encore coucher dans la poussière de Toubli! salut, patrie de la foi, de l'atmour, de la poésie et de la sciencel... Oh I comme je ▼•«drais que ton passé pût être plus tard..» notre avenir I
J'ai vécu au fond de tes mystérieuses forêts, cherchant à comprendre le langage de ta grandiose nature, et le vent du soir qui murmurait dans le feuillage des multipliants et des tamariniers me jetait ces trois mots magiques : Zaus» Jehova, Brahma.
J*ai interrogé les brahmes et les prêtres sous Les arceaux des temples et des antiques pagodes.
Et ils m'ont répondu :
Vivre c*est penser, penier c'est étudier Dieu qui est tout et dans tout.
J'ai écouté les leçons des pundits et des savants, et ils disaient :
Vivre c'est savoir... savoir c'est rechercher et approfondir, dans toutes leurs formes sensiblas, les manife&tfttions innombrables de la puissance céleste.
Je suis allé aux philosophes et leur ai dit :
Que faites-vous donc là debout depuis plus de six mille ans, et quel est ce livre que vous feuilletés constammâai lar vos genoux?