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Et ils ont souri en laissant tomber ces mots :
Vivre c'est être utile à soi et à tous; vivre c'est être bon, et nous apprenons à être utiles et bons dans ce livre des Vedas que noue feuilletons, et qui est la parole de Téiéraelle sagesse, du principe des principes révélée à nos pères.
J*ai entendu les poètes chanter... et Tamour, les parfums, les fleurs et la beauté, leur donnaient, eux aussi, des enseignements divins.
J*ai vu les fakirs sourire à la douleur sur un lit d'épines et de charbons ardents... La douleur leur parlait de Dieu.
J*ai remonté jusqu'aux sources du Gange, et des milliers d*Indous s'agenouillaient au soleil levant sur les bords du fleuve sacré, et la brise m'apportait ces paroles :
tf Le riz verdit dans la j laine, le cocotier ploie sous le fruit, remercions celui qui nous les a donnés. »
Et cependant, malgré cette foi ardente et ces croyances vivaces, malgré les sublimes enseignements des brahmes, des savants, des philosophes et des poètes, j'ai vu tes fils, pauvre vieille mère indoue, énervés, décrépits, abrutis par les plus hideuses passions, livrer sans se plaindre à une poignée de marchands qui les oppriment, ton sang, tes richesses, tes flUes vierges et ta liberté.
Que de fois n'ai-je pas entendu des cris rauques, des plaintes sans nom, surgir le soir au coin des bois, sur les rives des fleuves et des marais déserts ou dans le sentier sombre, etcl... Était-ce la voix des temps passés qui revenait pleurer sur la civilisation éteinte, sur la grandeur perdue?... Était-ce le râle suprême des cipajes mitraillés pêle-mêle avec leurs femmes et leurs enfants, au lendemain de la révolte, par quelques habits rouges qui se vengeaient d'avoir tant eu peur?... Étaient-ce les pleurs des