‹ Études indianistesChapitre 20 sur 122 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

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Nous en ayons fini avec cette revue rapide de Tinfluence de rinde et du brahmanisme sur les civilisations antiques.

Nous avons expliqué cette influence, d*un côté par les émigrations apportant sur les différents sols qu'elles venaient coloniser les souvenirs de leur langage et de leurs primitives institutions sociales et religieuses, et de l'autre, par les législateurs et les sages qui tous, pour compléter leurs études, s'en furent en Orient retrouver l'origine de toute science et de toute tradition.

Partout nous avons vu, à la tête de chaque société nouvelle qui se fondait, l'influence désastreuse du prêtre engendrer le despotisme le plus inintelligent, Tesdavage des peuples et la corruption la plus éhontée.

Nous avons montré le monde ancien, malgré ses velléités d'indépendance, finissant comme l'Inde dont il était une émanation, par une vieillesse hâtive et une décrépitude qui eurent leur cause dans le pervertissement de l'idée religieuse et les superstitions des masses. ^ Toutes les vérités sublimes sur l'unité de Dieu, la tri« nité, l'immortalité de l'âme, furent conservées par devers eux par les brahmes et les prêtres, qui eussent rougi de

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croire à toutes les superstitions qu'ils avaient eux-mémefc engendrées dans la foule dans un but de domination pour leur caste et leurs initiés.

Zoroastre eut, sans doute, l'intention de Tulgariser ces notions sublimes. Mais il fut débordé par ses sectateurs, et sa réforme ne put aboutir qu'à une nouvelle consécra* tion de la puissance sacerdotale.

Boudha, qui l'avait précédé, après s'être fait chasser de rinde par l'indépendance de sa pensée, devient plus tard, lui aussi, au Thibet, en Chine et au Japon, un drapeau d'asservissement et d'intolérance.

Ces novateurs devançaient leur siècle, et leurs hommes n*étaient point nés.

Dans la suite de cet ouvrage, nous allons étudier l'œuvre de Moses ou Moïse et du Christ, œuvre que nous expliquerons par celle de Christna, le plus grand des philosophes, nous osons le dire, non- seulement de l'Inde^ mais encore du monde entier.

Si nous avons réussi à démontrer que l'antiquité tout entière ne fut par sa langue, ses usages, ses coutumes, ses traditions politiques qu'une émanation de l'Inde ;

Qui donc osera nous jeter la pierre, si nous sommes amenés logiquement et fatalement à soutenir et à prouver que l'on doit retrouver dans l'Inde la source de la révélation primitive et de toutes les traditions religieuses?

Quoi! ces peuples qui ont imprimé si fortement leurs traces sur la Perse, l'Egypte, la Grèce et Rome; qui donnèrent à ces pays leur langage, leur organisation politique, leurs lois, n'y auraient pas également apporté l'idée religieuse ?

Quoil le grec, le latin, l'hébreu seraient nés du sanscrit, et l'emprunt se serait borné là ?

Cela est inadmissible.

De même que le brahmanisme apporta sur ces différents sols toutes les superstitions à l'aide desquelles il lui avait

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pin d'aveugler les masses pour les ployer plus faciliment 80US le joug, de même Manou et Manès apportèrent areo eux les pures traditions primitives, les traditions des Vedas qu'ils conservèrent pour les prêtres, les lévites et les initiés, et qui inspirèrent les deux philosophes à qui on doit la fondation des sociétés hébraïque et chrétienne.

Nous verrons où Moïse a puisé son Pentateuque^ c'està dire les cinq premiers livres de la Bible dont il est est reconnu Tauteur, et qui sont la Genèse, l'Exode, le Lévitique, les Nombres et le Deutéronome.

Quand nous aurons ainsi déblayé le terrain, en prouvant que la civilisation hébraïque n'a été, comme toutes celles des temps anciens, qu'un reâet de Tlnde, qu'un souvenir de cette patrie commune, il nous sera permis alors d'abor» der sans crainte l'étude du rôle joué par le philosophe chrétien qui, en continuant la tradition hébraïque, l'épura à l'aide de la morale de Christna, le grand novateur indou, morale qu'il lui avait été donné, sans doute, de pouvoir étudier par lui-même dans les livres sacrés de l'Egypte et de l'Inde.

Quoi de plus naturel, de plus simple et de plus logique, que notre pensée, du moment où nous nions énergiquement toute révélation comme contraire au bon sens, à la raison et à la dignité de Bien, du moment où nous rejetons toutes les incarnations dans le domaine du mythe et du rêve?

Ne devions-nous pas chercher à voir si un lien commun n'unit pas tous les peuples; si dans l'histoire, enfin, des civilisations passées, toutes les conquêtes de la pensée n'ont pas été solidaires les unes des autres?

Est-ce que les dix-neuf siècles de l'ère moderne ne se sont pas soutenus les uns les autres dans leur marche ? Est-ce que chaque progrès réalisé ne s'est pas appuyé sur an progrès déjà conquis?

Le chercheur qui, dans trois mille ans, alors que d'autres

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peuples seront nés, que d'antres civilisations auront suocédé à la nôtre, viendrait proclamer cette vérité plus que vulgaire aujourd'hui, n'accomplirait pas sur notre époque une reconstitution différente de celle tentée par ce livre sur les temps ancietid.

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