‹ Études indianistesChapitre 37 sur 122 · TRINITÉ JNDOUB. — SON BÔLB. — CREATION DB LA. TERRE · texte numérisé non relu

TRINITÉ JNDOUB. — SON BÔLB. — CREATION DB LA. TERRE

Quand la durée du Praîaya (dissolution) prit fin , Brahma, selon l'expression de Manou , u parut resplendissant de V éclat le fins pur ^ et^ déployant sa propre splendeur, dissipa Tobscuritô et développa la natare, ayant résolu dans sa pensée de faire émaner de sa substance toutes les créatures. »

Bagaveda-Gita :

« Lorsque la nuit profonde pendant laquelle le germe de toute chose se régénérait dans le sein de Brahma se dissipa, une lumière immense parcourut les espaces infinis, et TËsprit céleste apparut dans toute la force de sa puissance et de sa majesté; à sa vue le chaos se changea en une matrice féconde, d'où allaient sortir les mondes, les étoiles resplendissantes, les eaux, les plantes, les animaux et l'homme >•

Au moment où le Zeus irrévélé , non agissant , devient Brahma, c'est-à-dire le Dieu agissant et créateur, trois personnes se révèlent en lui pour Taider dans son œuvre, sans cependant porter atteinte à son unité.

Cette divine Trimourti (Trinité;, disent les livres sacrés et les brahmes, est indivisible dans son essence et indivisible dans son action, mystère profond que Thomme ne pourra saisir que quand son &me sera admis à se réunir à la grande âme (brahmatma) dans le sein de la divinité.

Cette Trinité se compose de Brahma, Yischnou et Siva.

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Brahma représente le principe créateur, et reçoit en sanscrit le nom de Père.

Vischnou représente le principe protecteur et conserva* ieur; c*est le Fils de Dieu, le Verbe incarné dans la pe^• sonne de Christna, qui est venu sur la terre, et, pasteur ef prophète, sauver l'humanité, puis mourir, son œuvre ao^ complie, d'une mort violente et ignominieuse.

Siva enfin ou Nara, c'est-à-dire TEsprit divin, est le principe qui préside à la destruction etàja reconstitution, image de la nature, qui renferme en elle les attributs de fécondité et de la vie, ceux de la décomposition et de la mort. C'est, en un mot, TEsprit qui dirige cet éternel mouvement d'existence et de dissolution qui est la loi de tous les êtres.

A partir du premier acte de la création, le rôle de cette Trinité commence : Brahma crée, Vischnou protège et Siva transforme, et Dieu continue à se mouvoir dans ses triples attributions, jusqu'à une nouvelle dissolution de la nature, jusqu'au jour où tout cesse d'exister, où tout rentre dans le chaos.

Suivant la révélation védique, la matière est soumise à une loi unique, qui se retrouve la môme dans tous les corps, dans toutes les plantes, dans tous les animaux.

Ainsi une semence est jetée dans la terre, un germe se développe : il naît une plante ou un arbre : cette plante oi: cet arbre grandissent, vieillissent, meurent et retournent à la terre. Mais cette plante ou cet arbre ont produit àet graines, qui à leur tour reproduisent le type premier qu' A disparu. Il en est de même des animaux et de tout ce qu exisfte.

De même la matière nfdt d'un germe fécondé par l'Être suprême, se développe d'après des lois fatales, et finit comme la plante, l'arbre et l'animal, par la décomposition. Mais un germe reste, qui se régénère, se féconde à nou-

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yeaa dans le sein de la grande âme de la suprême puissance, et de nouveau donne naissance à Tunivers.

Pendant cette période la Trinité se perd dans Tunîté; elle est comme si elle n'existait pas, puisqu'elle ne se révèle point par son action.

Ce qui me séduit dans cette croyance indoue, c'est qu'elle ramène tout à l'unité et en accepte toutes les conééquences logiques. Et comme cette grande loi de la matière est sublime dans sa simplicité I

On peut, je crois, fouiller tous les systèmes philosophiques et toutes les religions sans rencontrer des idées aussi rationnelles, aussi conformes aux règles de la nature et & la dignité de Dieu.

Voyons maintenant Toeuvre de cette Trinité sous la directicn suprême de Brahma.

De la matière Dieu tira d'abord la lumière , l'air, les eaux, la terre.

Puis il exprima de l'&me suprême, la vie ou manas commune aux plantes, aux animaux et àVhomme, puis Vahan" earay c'est-à-dire la conscience, le moi, avec toutes ses facultés, et qui devait être l'apanage de l'homme seulement.

Puis, pour distinguer les actions qui allaient naître de la conscience, il établit le juste et l'injuste, et en donna la notion à ce flambeau, à ce moi, qui était destiné à guider les créatures raisonnables qu'il allait tirer de sa substance.

Après cela, Dieu créa les plantes, les arbres et les animaux, et quand, suivant Texpression des livres sacrés, la nature entière ne fut qu'un chant d'amour et de reconjiaissance, Brahma forma l'homme et la femme du plus pur de lui-même ; et ceci fait, il se reposa et s'admira dans son œuvre.

Le Manou, abrégé et transformé par les brahmes au proût du système nouveau qu'ils venaient établir, n'a pas

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la simplicité et la grandeur du Veda; sur ces matières cependant» on peut dire que les paroles suivantes sont un écho, quoique imparfait et infidèle, de la doctrine primitive.

« Lorsque Dieu s'éveille, aussitôt cet univers accomplit ses actes; lorsqu*il s'endort, l'esprit plongé dans un profond repos, alors le monde se dissout.

« Car, pendant son paisible sommeil, les êtres animés, pourvus des principes de Taction, quittent leurs fonctions^ et le sentiment, c'est-à-dire la vie, tombe dans Tinertie.

m Et lorsqu'ils sont dissous en même temps dans P&me suprême, alors cette &me de tous les êtres dort tranquille* ment dans la plus parfaite quiétude.

« Après s'être retirée dans l'obscurité primitive, elle j demeure longtemps avec les organes des sens, n'accomplit pas ses fonctions, et se dépouille de sa forme.

« Lorsque, réunissant de nouveau les principes élémentaires subtils, elle s'introduit dans la matière, alors elle reprend une foi^me nouvelle.

M C'est ainsi que, par un réveil ou par un repos alternatifs, l'Être suprême fait revivre ou mourir éternellement tout cet assemblage de créatures mobiles et immobiles. *»

C'est en vertu de son rôle de protecteur que Vischnou revêt une forme visible, ou s'incarne, et vient sur la terre rappeler les hommes à la foi primitive, chaque fois qu'ils s'en éloignent.

Cette croyance indoue à l'incarnation divine a au moins, sur beaucoup d'autres, ce côté logique, de penser que Dieu se manifeste sur la terre chaque fois que la faiblesse et le^ erreurs de l'humanité rendent sa présence nécessaire.

La Trinité dans l'unité, repoussée par Moïse, a servie plus tard de base à la théologie chrétienne, qui incontestablement en puisa l'idée dans l'Inde. Des preuves suffi- , santés appuieront en son lieu la véracité de cette opinion.

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