CHAPITRE VI
LE DtLVQE, d'après LE MAHABABATA BT LBS TBADITIONS BEAHMANIQUBS v
Ici nous n*avons que Tembarras du choix; il n'est pas un livre dellnde ancienne, traité de théologie ou poëme, qui ne tienne à donner sa version sur le grand cataclysme dont tous les peuples ont gardé le souvenir.
Voici un abrégé du récit des Védas sur cet événement :
« Suivant la prédiction du Seigneur, la terre se peupla, et les fils d'Âdima et d'Héva devinrent bientôt si nombreux et si mauvais qu'ils ne purent plus s'accorder entre eux. Ils oublièrent Dieu et ses promesses, et finirent par le lasser du bruit de leurs sanglantes querelles.
« Un jour même, le roi Daytha eut l'audace de lancer •es imprécations contre la foudre, la menaçant, si elle ne se taisait, d'aller conquérir le ciel à la tête de ses guerriers.
« Le Seigneur résolut alors d'imposer à ses créatures un châtiment terrible, qui pût servir de leçon à ceux qui survivraient et à leur descendance. »
(Ainsi qu on peut le voir, Brahma ne regrette point, eomme le Jéhovah de la Bible, d'avoir créé le monde, foi* blesse qui s'accorderait mal avec sa prescience.)
OBNÈSB INDOLB 249
Brahma ayant jeté les yeux sur ce monde, pour savoir quel était entre tous Thomme qui méritait d'être sauvé et de conserver la race humaine, il choisit Yaiwasvata à cause de ses vertus, et voici comment il lui fit connaître m volonté et ce qui en arriva.
Yaiwasvata était arrivé à cet âge de la vie où les fervents serviteurs de Dieu doivent quitter leur famille, leurs amis, pour se retirer dans le désert et dans les forêts, pour y finir leurs jours au milieu d'austérités de toute nature, dans la perpétuelle contemplation 'de la pure essence di« vine. ~
Un jour, comme il était à faire ses ablutions sur les bords 8ac(;é8 de la Yiriny, un petit poisson orné des plus bril- . lantcs couleurs vint s*échouer sur le sable.
— Sauve-moi, dit ce dernier au saint personnage; si tu n'écoutes, ma prière, je vais être infailliblement dévoré par les poissons plus gros que moi qui habitent cette rivière.
Emu de pitié, Vaiwasvata le plaça dans le vase de cuivre qui lui servait à puiser dans la rivière et Teniporta dans sa demeure; il se mit à grossir avec une telle rapidité que bientôt un vase plus grand ne pouvant le contenir, Yaiwasvata fut obligé de le transporter dans un étang, où sa ^ croissance continuant avec la même rapidité, il demanda à son sauveur à être porté dans le Gange.
— Cela est au-dessus de mes forces, répondit le sair.t ermite, il faudrait être Brahma lui-même pour te tirer do
"^ là maintenant.
— Essaye toujours, répondit le poisson.
Et Yaiwasvata, l'ayant saisi, le souleva avec la plus grande facilité et s'en fut le déposer dans le fleuve sacré, et non-seulement l'énorme poibson était léger comme un fétu de paille, mais encore il répandait autour de lui les parfums Ua plus suaves.
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Vaiwasvata comprit qu'il accomplissait la volonté du Seigneur, et fut dans Tattente de merveilleux événements.
Le poisson ne tarda pas à le rappeler, et cette fois il demanda à être conduit dans TOcéan, ce qui fut accompli avec le même empressement. Il dit alors à son sauveur :
H — Écoute, ô homme sage et bienfaisant, le globe va être submergé et tous ceux qui Thabitent seront anéantis, car voici que la colère du Seigneur va souffler sur les nuages et sur les mers, pour les charger du châtiment de cette race mauvaise et corrompue, qui oublie son origine et la loi de Dieu. Tes semblables ne savent plus contenir leur orgueil et ils osent braver leur Créateur, mais leurs menaces sont arrivées jusqu'au pied du trône de Brahma, et Brahma va faire connaître sa puissance.
« H&te-toi donc de construire un vaisseau dans lequel ta t'enfermeras avec toute ta famille.
M Tu prendras aussi des graines de chaque plante et un couple de toutes les espèces d'animaux, en laissant tous ceux qui naissent oe la pourriture et des vapeurs, parce que leur principe de vie n'est pas émané de la grande âme.
« Et tu attendras avec conûance. »
Vaiwasvata se hâta de suivre cette recommandation, et ayant construit ce navire il s'y enferma avec toute sa famille, les graines des plantes et un couple de tous les animaux, ainsi qu'il avait été dit.
Dès que la pluie commença à tomber et les mers â déborder, un poisson monstrueux, muni d'une corne gigantesque, vint se placer à la tète du navire, et Vaiwasvata, ayant attaché un câble â cette corne, le poisson s'élança au milieu de tous les éléments déchaînés et se mit à guider le navire.
Et ceux qui le montaient virent que la main de Dieu les protégeait, car l'impétuosité de la tempête et la violence des vagues ne purent rien contre eux.
3BNÂSB INDOUB 251
Gela dura ainsi des jours, des mois, des années, JQsqu*au moment où l'œuvre de destruction fut entièrement accomplie. Les éléments s'étant calmés, les voyageurs, toujours guidés par leur mystérieux conducteur, purent aborder au sommet de THimalaja.
« C'est Yischnou qui vous a sauvés de la mort, leur dit le poisson en les quittant; c'est à sa prière que Brahma a fait grâce à Thumanité; allez maintenant accomplir Tœuvre de Dieu, et repeuplez la terre. »
Suivant la tradition, c*est en rappelant à Brahma qu'il avait jadis promis de l'envoyer sur la terre pour ramener les hommes à la foi primitive et racheter leurs fautes, que Vischnou obtint que Vaiwasvata serait sauvé, afin que la promesse de Dieu put s'accomplir plus tard.
Cette légende, pensons-nous, peut se passer de tout commentaire, et le lecteur saura aisément apercevoir toutes les conséquences qui en découlent.
Selon les uns, Vaiwasvata fut le père par sa descendance des peuples nouveaux.
Selon les autres, il n'eut qu'à jeter des pierres dans la boue causée par les eaux, pour faire naître des hommes en aussi grand nombre qu'il le voulut.
C'est, d'un côté, le mythe retrouvé et adopté par le judaïsme et le dogme chrétien.
De Tautre, c'est la tradition de Deucalion et Pyrrha, apportée en Grèce par les chants poétiques des émigranu.
2r:3 LA. DfBLE DANS L*iKDl