‹ Études indianistesChapitre 71 sur 122 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

D*OU TIENNENT LES OiNOBTTES ET EBMITBS CHb£t!KN9 DBS PBBMIBB8 StàCLBS DE l'^OLISB.

Le paganisme et le judaïsme ne connurent point la vie eénobitique.

D*où vient cette affluence d*ermites et d'anachorètes qui apparaît tout à coup aux premiers siècles de l'Église chrétienne f

Jésus n'a point prêché cette doctrine d'anéantissement et de contemplation, qui porta les premiers chrétiens à se retirer dans le désert pour j vivre dans Tabstinence et au milieu de macérations de toute nature.

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La haire, le cilice et toutes les souffrances corporelles ne «ortent point de la morale du sublime pasteur.

On ne peut placer sous Tin vocation de celui qui sanctifia le travail : rinutilité et la fainéantise... «•

Nous avons vu qu'à la vie militante des brahmes succédait la Tie ascétique, et que c^est ainsi qu'ils devaient purifier toutes les souillures contractées dans l'exercice de leur ministère.

Les dwidja ou saints personnages étaient également astreints par la loi à cette renonciation à toutes les joies, à toutes les affections^ à tous les biens de la terre.

Les cénobites chrétiens sont issus de la résurrection des idées brahmaniques.

Nous avons donné plus haut la règle imposée aux Indoua fervents qui veulent s'abimer dans la contemplation de Brahma. On ne lira pas sans étonnement les paroles suivantes de Manou, qui s'adaptent merveilleusement à la vie des anachorètes chrétiens :

« Qu'il (celui qui a renoncé au monde) renonce aux ali* ments qu'on mange dans les villages, à sa femme, à ses fils et à tout ce qu'il possède.

« Qu'il emporte le feu consacré et tous les vases nécesaaires aux sacrifices, et se retire dans la forêt pour y maîtriser ses sens.

« Qu'il porte une peau de gazelle ou un vêtement à'é* corce, et se purifie soir et matin ; qu'il porte toujours sei cheveux longs et laisse pousser sa barbe, les poils de son corps et ses ongles. ^

« Qu'il trouve moyen sur sa chétive nourriture de faire encore des aumônes. i

« Qu'il s'applique sans cesse à la lecture de TÉcriture •ainte (Védas), endure tout avec patience, soit parfaitement recueilli, se montre compatissant envers tous les êtres, et donne toujours..... sans jamais recevoir. *

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• Qu*il ne mange que des herbes, des racines et des fruits.

M Qu*il couche sur la terre nue, sur des épines et sur des cailloux.

« Qu'il garde un silence absolu, même quand il mendie dans les villages la nourriture de ce corps périssable.

« Il ne doit vivre ni de Tastrologie ni de la chiromancie. (Comme on le voit, ces sciences sont vieilles ; ne sontce pas du reste les Arabes qui de TOrient les apportèrent en Europe?)

« En maîtrisant ses organes, en renonçant à toute es» pèce d'affection et à toute haine, en fuyant le mal et pratiquant le bien, il se prépare Timmortalité. »

Et igoute encore la sainte Écriture :

« Qu'il ne désire point la mort, qu'il ne désire point la vie, et ainsi qu'un moissonneur qui, le soir venu, attend paisiblement son salaire à la porte du maitre, qu'il attende que son moment soit venu.

« Et lorsque Theure de la mort sonnera pour lui, qu'il se fasse étendre sur une natte et couvrir de cendres, et que sa dernière parole soit une prière pour l'humanité entière qui va continuer à souffrir, alors qu'il sera réuni au père de toutes choses. »

Telle fut la règle des anachorètes indous et chrétiens ; citer, c'est prouver; ces derniers ne furent que des imi* tateurs.

L'exagération de ces principes brahmaniques produisit les sann jasis et les fakirs, dont nous avons décrit le genre de vie, ainsi que les tortures et les affreuses mutilationV (u'ils s'imposent

Les mêmes causes amenèrent les mêmes résultats dant^ le christianisme, et l'on vit les fakirs Siméon le Stjlite» Origène et autres riv&User avec les fakirs indous.

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