CHAPITRE II
DBRNiiUBS PRBUYES.
Du temps même des apôtres des hommes se levèrent pour assigner au christianisme une origine tout orientale, et de tous leurs efforts ils essayèrent de le pousser à un retour plus complet au brahmanisme.
Ils admettaient le Zeus irrévélé, non aprissant, des Indous, dans le sein duquel réside le germe de la matière et de tous les principes de vie.
Puis le Dieu devenait démiurge, c*est-à-dire auteur du ^onde actuel; il se révélait alors par la création.
Les partisans de ce s^rstème niaient la révélation, pour ne reconnaître qu'une tradition non interrompue remon* tant au berceau de l'humanité , et conservée à tous les peuples par Textréme Orient, où, suivant eux, Thomm» avait pris naissance. Et dès lors Jésus-Christ, qu'ils re* gardaient comme émané do Dieu, était venu sur la terre non pour réformer, mais bien pour compléter l'œuvre d^ la tradition, et rappeler l'homme à la foi simple et pur* des premiers &ges.
Ces doctrines furent soutenues du temps des apétres par Philon le Juif, Dosithée, Cérinthe, Simon le Magicien et I^Iénandre le Samaritain, et développées plus tard, au deuxième et au troisième siècles, par Carpocrate, Basilide^ Valentin et Tatien d'Alexandrie, Saturnin d'Antioche, Bardesane d^Édesse, ainsi que par Marcion et Cerdon, qui
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prétendaient avoir retroayé en Asie les TéritaUes sources de ridée religieuse.
Les apôtres, se Toyant déToilés et menacés dans leni œuvre, traitèrent Simon, Dosithée et autres, d*hérétiques, de blasphémateurs, de possédés du diable, et accumulèrent i sur eux toutes les foudres de l'Église naissante. l
Quand ces opinions Toulurent se renouveler plus tard, ^ avec de nouveaux arguments, la religion chrétienne avait oublié la pauvreté et Tabnégation pour escalader les trônes, et elle se servit de sa puissance pour faire torturer et proscrire par les empereurs tous ceux qui essayèrent de discuter son origine, préludant ainsi à tous les massacres, à toutes les proscriptions, à tous les bûchers qui ensanglantèrent le mojen âge et les temps modernes.
Origène, un des plus célèbres docteurs de TÉglise, croyait à la préexistence des âmes dans des mondes supérieurs, d'où elles étaient descendues pour animer les corps, et qu'elles étaient venues se purifier sur cette terre de péchés antérieurs, pour retourner ensuite se réunir à Dieu.
Il soutenait encore que les peines de l'enfer n'étaient pas éternelles.
Tout cela n'est autre chose que la pure doctrine indoue.
On voit que l'idée qui domine ce livre n'est pas née d'hier, et que les contemporains des apôtres et des premiers chrétiens regardaient l'Orient, dix-huit siècles avaLi nous, comme le berceau de toutes les idées religieuses.
Nous n'avons donc fait qu*apporterà la discussion. des arguments nouveaux puisés aux sources antiques de toutes les traditions.
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