‹ Études indianistesChapitre 79 sur 122 · RÉPONSE · texte numérisé non relu

RÉPONSE

n n'y a pas encore un siècle que Tillustre William Jones^ Juge à la haute cour de Calcutta est venu révéler le ianuerit (samscroutam) à r£urope étonnée» qui ne ee doutait même pas de l'existence de cette langue merveilleuse.

Nous n'avions jusqu'alors, à l'imitation des anciens, considéré l'Inde que comme un centre immense de production, auquel le commerce occidental allait demander les riches étoffes de Cachemire et de Dacca^l'or et la soie, les perles du cap Comorin, et les diamants du Bengale.

On savait bien, par oui-dire, que les peuples de cette contrée étaient doux et industrieux, qu'ils adoraient la Divinité dans de gigantesques pagodes ou temples, qui, pour la plupart en ruines, témoignaient d'une haute antiquité, mais il était d'une croyance convenue, que ce culte superstitieux et cruel, était peu digne des recherches de la science.

Les quelques voyageurs qui avaient pu voir à Djagger* nath, à Chélambrum, à Villenoor les fakirs et les sannyassis, se jeter en foule sous les roues du char qui promenait la statue du Dieu, s'en revenaient l'imagination pleine de récits légendaires, sans se douter du passé grandiose de cette vieille terre, berceau du genre humain.

Bt cependant, dès Tannée 1497, après la découverte de la

6 BâPONSfi À. QUELQUES GRITIQUBf^

nouvelle route de Textrôme Orient, par le cap dô Bonne- Espérance, les Portogsis AiTBtenft établi de nombreux comptoirs sur toutea les côtes de Flndoustan. Pendant plus dedeux .siècleB leur puissance ne^t^iue s'accroître. £roa était devenue avec un vlcenroila capitale d'un impof taiit empire, et de nombreux missionnaires, transportés par leurs navires; prêchaient la^lbi oiitiioMqiAe«izr;QeB.ri«açeB^intains.

Je me suis souvent demandé comment il se pouvait que ce peuple intelligent, eût passé sans les voir, devant les vestiges* importants de Tancienne civilisation de l'Inde, devant ce» temples encore debout malgré les dégradations du temps» devant ces statues gigantesques taillées dans le granit, et surtout devant ces livres qui remplissent les bibliothèques il88 brahmes, psnBàa vinwnte des promieve àps, cti^sors de sdenoe, de morale, de {dtihiscphie, devant tosciuels nosroiyilîwtioDB modernes lont aujoardUmi ioreéee de s'inoiîaer avec respect.

Me itrcminint à Goa^enlSOô, l'idée «me i^hit d'aller visiter ht «vieille ville d'Albuquerqiie, atendonaiée eur la fin du "flcvin® eièole à la suite d'une «épidémie *qui malt -eiilevé les trois quarts de «es hobitante*. De eette/olté splendide qui avait autrefois commandé A tout l'Océan indien il :iie restait que des ruines habitées par deemétie Indo-^Porlagais, qui, abrutis par l'abus desl^oiesoiiB aloooliques, ne se souvenaient de leur origine que pour tous demander raumâme ^n se diapant orgueilleusement dans nn lambeau d'étoffe.

Les rues étaient envahies ^ar une ^végétation luxuriante, au milieu de iaqoelle apparaissait inorfois un tronçon de «olonne couvert d'arabesques , un mur à demi écroulé; ou une pierre, tumulaire... œuvres d'hier!... c'était déjà le

Et en faoe, sur la^ grande terre se détachait, nettement éclairé par le sokil oQuchant, le fronton noir&lre d^une pagode ; indoue, à laquelle le temps n'avait rien fait perdre de sa. grandeur etaie aa.maj.esté^

Tant les deux peniyles eit to Aem dpaques; ^« phu jemw il *neT60t&it presque pVtif! rien... Tsiilra an'OVilti'aii'ey lémca- 'gixalt ûe -sa fbroepor tes iBimmieiils ifiA 'depuis pluaieitrs mille ans fléfiâieirt l'ouMB.

Tout à c(mpje metœu^vieiilàBedesniiiiBsttiipaWsdu saint-office... Terqiremafla «ralt passé par là... at je eonapris commeitt 'les tBaAftkms ékrietoéennes^e 4!iade, -et ^eette langne immerieSe dans laqndfe nmit éorils des-^pédas ne purent, jasqii'à la ^n du sièdle dernier, «fmnehir lesbarriàres que lenr impossât Tinqnisitimi.

LesfioIlantefe^tleB Praaçai8«vaie])Él>ien eu kumncnent de splendeur dans rindoustan, mais eesdeia peuples b^obcnpérenft trop, rtm de son eetimieree, el l^aMlrede ses luttes avec TADi^terre pour ^^adonner & des études qui demandent un cafane dégagé de totft *sonoi i^alfoîres et ^ loisirs de la paix.

H était i^èeervé au peuple qui n soumis œ pays à 'ses lois, de nous initier à oeite vieine oiyilistftionlHiahmaniqae'qui, en faisant rayonner ses 'fils dans tontes les paitiee du globe, a légué aux nations modernes «omme on eôgne ineffoçable de leur origine, sa langue, sa morale, sa philoaof kie ei ses traditions réligîeuHes.

A William Jones, traducteur de Manon et de Kalidasa, succédèrent Colebrooke, qui poursuirit Toeu^re du mattre et pxLblia le digeste des lois fndoues comnencé paar tei, puis Thomas Strange, Princeps, Wilson qui, à des «degrés différents s'illustrèrent dans la nouvelle «arriére, et continuèrent la tradition des ^udessamscrites en Angleterre.

Les autres nations n^assi^érentpohït indifférentes à nette Renaissance des littératures de rertrôme Orient, et la répirtation scientifique de l'Allemagne fut soutenue par Us Lassen, les Halled, ScMegel, Weber et autres, qui apporléwiït aux recherches nouvelles, rapptri de leur érudition.

8 RâPONSB A. QUBLQUB8 CRITIQUBS

La France eut Burnouf, ce philologue de gèniê, à qui l'on doit la rectification grammaticale du zend, cette langue oubliée de Zoroastre, la traduction inachevée despouranas, et les notes qui ont servi à Desgranges pour rédiger sa grammaire samscrite^ la plus complote et la plus savante que possède TEuropOi et que J'ai vue appréciée par les brahmes eux-mêmes comme une œuvre de haute science.

Je ne parle pas de Loiseleur-Deslongchamps^ qui n'a évidemment traduit le Manava-Dharma-Sastra, qu'en copiant la traduction de William Jones, ni d'une foule d'autres prétendus indianistes, incapables de déchiffrer un manuscrit original^ et qui n'ont vécu et ne vivent qu'en rééditant les opinions et les œuvres de leurs devanciers.

Dès les premiers pas des indianistes sérieux que nous avons cités plus haut, l'histoire de l'humanité s'est enrichie d'un certain nombre de vérités générales... 11 est désormais hors de doute, que l'Asie et l'Europe, et j'ajouterai, pour mon propre compte, me réservant de donner mes preuves, que certaines parties des côtes africaines, et un grand nombre d'iles océannienes ont été colonisées par divers courants d*émigrations partis de l'Indoustan, qui, d'un côté, par le nord, ont couvert la Russie, les pays slaves, Scandinaves, germaniques et gaulois (en samscritKalata, les conquérants); par l'est, se sont avancés Jusqu'aux lies de la Sonde et de la Polynésie; par le sud-ouest, ont envahi la Perse, l'Asie- Mineure, le pays de Misrah ou Arabie, l'Egypte, la Grèce et l'Italie.

L'histoire de l'Inde a gardé le souvenir et la date chronolo* giqM de ces différentes émigrations. Les langues slaves, germaniques, celtes, islandaise, le zend, le pehlvi, le parsi, le persan, l'hébreu, le grec, le latin et le mahori que parlent les Océaniens, ont conservé le signe indélébile de leur filiation, malgré les transformations fatales que les siècles et les civilisations nouvelles leur ont fait subir. Ces langues ne sont que des dérivés du samscrit.

DB LA BIBLB DAMS L INDE. 9

Puisque nous introduisons une nouvelle langue sur la scène littéraire» le mahori océanien qui se parle de la Nouvelle-Zélande aux Sandwichs, aux lies Marquises, aux îles de la Société, à Talti et dans l'archipel des Poumoutou. Citons quelques-uns de ces rapprochements extraordinaires entre le mahori et le samscrit, qui prouveront aux anlhropologistes, que c'est par la linguistique qu'ils arriveront le plus sûrement et le plus promptement à rattacher entre eux les différents rameaux des races humaines.

Samterit.

Mahori.

Tomara, troBe d'arbre, lerier, masiM.

Tomara, eœnr d*arbre.

Totara, bèrisaon.

Totara, Dèrissou de mer.

Ura.

braise roage sons la cendre.

Dra, flamme.

Upa, u — Upa-artyani, danser en pibUd,

Upa, danser.

Uta, table.

Uta, terre.

Gugupa, tourterelle.

Uupa,

toartereUe.

(Le 6 n'existe pas en maborA,

Ari, mattre de maison.

Arii, ehefdeCunUle.

Ara, Honpt, èreillè, rapide.

Ara, être èrelUè^sar ses gardes.

Ariva, faible, dëbUe.

Ariva, Btnee, dèUat, teiblt.

Maya, aoune de magieien, de naédeeln, Mge-femme.

Matara, Ubre, afllrancbi.

Maia, sage-femme.

Matara, dèU6, être débarrassé.

10 RftPOWBE K OUBLOm -CRITIQUES

Stnnscrit, MHnOft»

eoBsUèntlon. puiisanee, boni».

Mani^ foiiMBeA, potTotr. ioliMM»*

Uina, Ad» mort.

ttterrrr, enfouir.

Nupa,

Sombre, obscar, ombragé.

Nupa, obiearit^, foorré impénétrable.

Urupj!^ tempête.

Tent Tiolent.

Rata,

Rata,

joTen.tMR, prlTé.

Tana,

Page 1