‹ Études indianistesChapitre 80 sur 122 · MIL · texte numérisé non relu

MIL

Iripa.

Iripa, pétikBt, insolent.

Vahin,

Vahiné,

femae ^tMeiote.

Je pourrais -pousser fort loin ces comparaisoi», et optes répuisement des mots qui se sont conservée ipurs, ramener au samserrt presque tous les radicaux àe cette langue eu» rieuse; mois ce n'est pas une étude du mahon que j'entreprends dans ces pages, et les quelques exemples que je viena de citer me suffisent pour démontrer jusqu'à l'évidence, que toutes les peuplades de l'Océanie qui parlent cette langue sont d'origines indoues.

Ces diverses émigrations ont porté aux quatre coins du globe des traditions religieuses morales et philosophiques, des traditions de législation identiques, et des mœurs, des coutumes se rattachant à la môme origine; héros, demidieux, divinités, mythes, légendes cosmiques, tout est venu de rinde, et trouve dans ce pays seulement, son explication, sa raison d'être, son but. Et cela n'est que logique, les fils de la vieilLe tacre des ibrahmes en apportant leur langage si

'BB lA BBQR 1M9IS l'iNI^B. 14

■perféetî^!!!^ «tans les oontréts aoovelkB qu'ils ▼•naient ool<>- «ûer n^abandonBèFMft point les mœurs, les croy^noes, kB -ImdHions èe leur berseau.

Ctos Tentés générales Réhnises, prouTées, il Testait à exba*, oner tout oe passé grandioBS, à étaâiar wtte ooloanik civi«* ^sation aux lieux mtotestoù-eDe s'est ^produile» en se faîMnrt inîtier^r les hnâmne ^aarsitéto, à la«»enoe«éorie«se âe la langue et du Iruro...

Depuis tpielqitQB-arnBiee, tltaut le constater avec vegret, i^tude sérieuse èm samaerit, «emi^ subir on temps d'arrêt. Vivant sur les résultats aoqiris^ cm édifie des systèmes, on 'prooède par indue tien •M'par hypotkése, cm fait de l'orientalieme de coterie^ au fiemde ^ooevper li traduire ow milliers d*ouvrages en tout genre que l'Inde ancienne nous a légués. 'On invente des peuples qui n'oilt janiais exitfté, les aryens , par exemple (r-expression eamsorrte d'arym, qui à •causé rerreuTy n'est qifun qualificatif iionorîflqae app/iîq«é «aux hommes excelleBEts Ûe certaines fonotions). On oireona- *oiit rinflueivoe brahmanique à certains plateaux de la iiaute âeie, et oela par imagination pure, alors que toutes les "preuves de l^antiqnité delà Taoe humaine sur la terre, que les -première vestiges de civilisation ee rencontrent dans le sud de rinde seulement, et que toutes les plm iriaillee légendes de rhumanîté^ à oommefioer par celle d'Adhima et A'Bèva, ont pris naissance à Geylan, au cap CîomoriB, dans «le Malayalam, le Carnatic et le Malseour.

iLa tradition, les mani»crits vieux de quinie à vingt mille «ns, les ruines imposantes, les pagodes encore debout, les t)mhmes savants et les ^pundits disent que la civilisation «et partie du eud pour remonter -vers le nord... mais la adenoe oflScielle européenne répond, sans autres preuves que eon autorité de scûenoe officielle : * La oivilisation est partie du nord vers le sud.

On a beau lui dire, vous étes^n contradiction avec l'histoire de l'Inde , avec tous les mcniuments épigrapkiques.

12 RÊPONSB A QUELQUES CRITIQUBS

avec le livre... On n'ébranle pas son système, et triom* phanle, elle se met à vous tracer la marche à travers TAsia centrale et le mondA, des Aryens, conquérants qui n'ont jamais existé, ainsi que je le prouverai au cours de ce volume.

Il semblerait que le dernier mot soit dit sur une langue, une littérature, une civilisation que nul n'approfondit (car il ne suffit pas de pauer les ponts pour cela), et que beaucoup n'étudient qu'au point de vue de leurs préjugés.

Sans doute le samscrit se peut apprendre en Europe, mais c*est en vain que vous aurez franchi les difficultés de la lec« ture,envain que la syntaxe n'aura plus de secrets pour vous» tant que vous ne serez pas allé dans l'Inde demander aux brahmes la consécration de vos études, vous ne serez pas aptes à traduire...

Chaque pagode a ses brahmes, ses pundits, qui après avoir p&li trente ans sur leurs livres, sont encore arrêtés par une foule d'abréviations et de textes presque indéchiffrables... Étes-vous donc à même de refaire ce passé, de dire le dernier mot sur cette civilisation sans vous être initié aux sources?... alors que vous ne pouvez même pas vous mettre d'accord sur les origines de votre propre pays, et que pas un de vous n'est capable de faire une histoire sérieuse des rois de France de la première race.

J'ai écrit autre part sur le même sujet :

c Un reproche que je ferai à beaucoup de traducteurs et d'orientalistes, c'est, n'ayant point étudié dans l'Inde, de manquer de justesse dans l'expression, de ne connaître pas le sens symbolique des chants poétiques, des prières, des cérémonies, et d'arriver ainsi trop souvent à des erreurs matérielles^ soit de traduction, soit d'appréciation... Peu d'écrivains sont aussi nuageux, aussi obscurs que les écrivaitis indous. On est obligé de dégager leurs pensées d'une foule de périphrases poétiques, de hors-d'œuvres et d'invocations religieuses, qui certes ne contribuent point à faire la lumière ^8ur le sujet traité. D'un autre c^té le samscrit, pour chaque

DB LA. BIBLB DAMS L'INDB. 13

variété d'images et d'idées, possède une quantité innombrable d'expressions diverses qui n'ont pas d^équivalent dans nos langues modernes, et ne pouvant se rendre qu'à l'aide de circonlocution, exigent une science sérieuse qu'on ne peut acquérir que sur le sol des mœurs, des coutumes, des lois et des traditions religieuses de ces peuples dont on traduit les œuvres et étudie les origines, i

Ainsi je demanderais à certains indianistes d'où peuvent leur venir les singulières opinions émises par eux, sur Siva, troisième personne de la trimourti (trinité) indoue. A les en croire, Siva serait une divinité sombre et cruelle, ne se plaisant que dans la destruction et les œuvres de mort, et que les Indous n'invoquent qu'en tremblant. Rien n'est moins sérieux et moins philosophique qu'une pareille idée.

La trimourti indoue se compose de trois personnes Brahma, Vischnou, Siva, et cette triade, dans son unité, reçoit le nom de Zeus.

Brahma est le principe créateur et reçoit, en samscrlt, le nom de père, pitri. Zeus pitri, Dieu le père, dont les Grecs ont fait leur Zeus pater et Jupiter.

Vischnou est le principe protecteur et conservateur, le flls incamé dans Gbristna, dont les catholiques ont fait le Christ et adopté la légende.

Siva enûn ou Nara, c'est-à-dire l'Esprit divin, est le principe qui préside à la destruction et à la reconstitution, image de la nature ^ui renferme en elle les attributs de la fécondité et de la décomposition, de la vie et de la mort; c'est en un mot j'esprit qui dirige cet éternel mouvement d'existence et de dissolution, qui semble être en ce monde la loi de tous les êtres.

Voilà ce dieu sanguinaire dont quelques orientalistes ont fait un véritable épouvantail.

D'autres ont pris au sérieux les avatara (incarnations) du poisson, du sanglier, de la tortue, du lion, ainsi que les fables du nain, et de Paraçourama, et au lieu de les regar-

14 RÉPONSE A. QDELQUAS GRITIQUBS

dec <iomina> des> légendes poétiques^ daa actions populaires, fmU.da nmagjïMfciioa vag^ndg des OcLantaax, s'en sont* sar^ pottc caiactôriser la culte brahmanique qui les^ rejette, ai taxer, oe culte de grossièreté et de superstition.

Trop longue serait,, même lajiimpla nomend'aJture des er^ reun propagées par rigAocanoe on Eeq^frit de partf, sur J» croyances religieuses des Indous.

Deux époques sont à.condxiérer dans FMstoire de la cl^« liaatkm. de l'Inde.

La pr^niôra oompcend FépoqiiB pattrareale, et Te régùSi des védas ou Écriture sainte..

Tonta cette période se distingue par une fd ardente quf na laissa aacuna place à Texaman, à la discussion.; Te gou» veBnemettJLeBt théocratic^ua pur, sous Fautorîté du péra di famillaetdeaprôtreB; tout vient de Dieu,, tout se faiien son nom tout est rapporté à sa 8agaa8e,.&.sa bonJté,.& sa pnùp sance. Les brahmes donnent aux peuples raxemple de fou* tes laa i^u^toa,, eL gj^àca âKlaur piété,, à leur lie toute d^aB» négyillon,^ 4'anmûne et de prièfiss,. Ha asaofent sur I^Cide entière une domination qjna nul na leur conteste, fla opdiveni à repréaejiter le pouvoir rellg{anx «C la pouvoir dMK DîJBu^ et la pitee de fismilla.

Dans la seconde époque, nous voyons Ibs firakmjeaouUBail peu à peu leurs traditions premières dans UrbutdiBr «oimr vacpour jiunaia le pouvoir qaHs amdenC usurpé; proposer i'ig^orance^ étoufler toute UBarté^ toute JhitlafiNFe, et tknueaar tons leurs ^Eocts vers un abrutissement sysCématGiua <to masses, quoi seul pouvait assurer un long régne an detff^ tisme sacerdotaL

A partir de ce moment, toute science est enfèrméb laa tamplea, la civilisation s'asréte, le peuple divisé en ( est sans forces pour réagir contre ceux qui rétrsfgnent, et le plongant dans l'immobilité et l'escTavage,, eCIs régne dtos U^ tiés commencent.. Oa pousse Ta tbisJé aux superstllfon? gmasières, au culte dés dévas et des safntb pour luf faire <

I». UL BIBLK. DANS L'INJQE. i^

adHi4aDÂia«.Aiix «Miiuaa ijni^aAntâs dû morale^ de ylàilo- ■nphint irt ftim^T"^ '^i^r* r"" '"" r-^r"'"^*^ àgeB> aoccédani. lifcMptite%,tesfoM(Mj,.laiiMg<iniing ■Milfigiléaa &. plaisir pax une poésie mercenaire à la soldé dafkpcâUttk Les ^viéda^^el f le TMhjpmmm^k. ftfttfcasrlivataa^. aoni remrlid PaugMiâa>, la lianawii Dhar m ti»Safltga, la Ito» habarata, le Ramayana et autres oBiutnaa deiladécadânfie,, <pMihomttgu|^ de ii«a ir'alMtiaânL an^nl'huL L csgasder riMMainn «ouviû dflb MMinL& cultes darextréina

lia«a lac dâffosa. auui «i»iiite| ^ jHn& déflûos q^i <fiiie ea aoii 4i aona «oatMdiffe^ ma nanaaanAa Lbsi maiAs plainâfr da pBMWtfift petir aoâfldaigMtwi dt 6mum jfoî :

Les orientalistes qui n*étudient et aa tmdnisant qjcia. I» «morafrdaoïtt» sûcoiida Apôq^ue» foui ûuisAa loute^. Stoas doute, c'est à cette date que partirent de l'Inde les diffiuwa* tea énigjMLiiûaa qui v fuyant la Jpug lurahmaniqjae ,. ont caioAisé laPeise,, l'Asift-MinfluiHy rËgpjte, la Qr^cSi, FRalie et la plupart des autres contrées occidentales. Sans doute aa.étBdtanilaa aqrthaa ei Isa )égfinàêA. cosmiques^ éclos 8 Scœilica da lapalaaance brahmanique on. arn^e à rattadar à l^de l'origine de la» plupart das paq^ qui couTreniia C(oha.Sans douta» cap^rodiar Hercule de HarA-Eàlay Jngâar éaBrahHiau ZwMpîtri, Indob da Thunar ai de Thor deaScan'» dinaves et da& Germains^ ei la tdnité indoue da la tiâiilÉ daa tsgguïlaoa et du mf^^imn.. a^eat démcmtrer d*ana ma^ aièra évidanta la filiation dea pesqplea et daa mythologha» ai la mat4^rnlté da rioda; mais borner là sea étadas», piêlaBdfia qu'il a']^ adaiLaadalâ» et lag^ oeâ aatiqjaapi^ par les légendes poétiques que nous avons signal&i^. c'aat aafas 4'aaaanl tcaii da^ama dmia à. qiainza rnSSa ans dkUAaciidliaatioaplaa ngfc^ii>«nA aw^m^^ t^o ctajiigattaa. da réj^aina patriamala et védiapie^

« Sm dapaaplaa^ditlft aaiantHallad^ont dea anaatespltta aaJjMBltoaaaatplAaaéEiaBaaaasalM^ Im^ftHUi a

c Quel passé grandiose à exhumer, et quel étonnement sera pour l'Europe, de voir la jeunesse de l'antiquité greo* que en présence des âges brahmaniques, s'écrie William Jones avec enthousiasme, i

La plupart des recherches faites sur l'époque yédiqne, n'ont en réalité porté que sur l'époque brahmanique» ou époque de la décadence.

Ces mythes, ces légendes, ces demi-dieux, ces héros, Ra« ma, Ravana, Indra, Vacoudéya, Paraçourama et autres, les iackchas, les assouras, les nagas-rackchasas et autres, tous les anges, tous les saints mounis, ne sont que les exa* gérations de la poétique orientale, nées de principes purs et sublimes à l'origine, sur la divinité et ses œuvres, dénaturés plus tard à l'infini.

Ainsi, les livres saints considèrent Zeus (Dieu) dans trois situations.

Dans la première, 11 est non agistant, irrhèU et cet état Bè rend par l'expression samscrite de Bavahny, inaction immoU^ litè.

Dans la seconde, il descend de Vinaetion à raeîion, il se mac nifeste en créant, il anime la matière, et cet état se rend par ^expression sanscrite de Brahmy, erèation.

Dans la troisième, il conserve et protège la nature, et tous les êtres émanés de sa puissance, et cet état se rend par l'expression samscrite Latchoumy, comervation.

Les poètes indous, ne pouvaient manquer une aussi belle occasion de diviniser, aussi les voyons nous faire de ces substantifs simples, trois déesses tour à tour épouses de Brahma ou Zeus dans les trois situations que nous venons d'indiquer.

Autre exemple : Suivant les védas, Dieu renferme en lui toutes les formes, tous les organes, toutes les images, toutes les idées, tous les principes. Cette pensée philosophique n'a d'autre but que celui de faire remonter au Créateur, aussi bien dans la nature iatoUectuelle et morftle que dans

DB LA BIBLE DANS l'INDE. 17

la nature physique le germe type de tout ce qui existe.

D'après le savant commantateur Vyasa, toutes ces idées abstraites ne sont pas des êtres substantiels, mais elles sont mieux que des mots, elles existent de tout temps dans la • pensée de Dieu, à l'état de possibilités.

Sur ce, Técole philosophique de Tlnde se divise : Djerminy soutient, à propos des idées générales^ que les individus seuls existent dans la pensée divine, et que les idées abstraites^ ne sont que des mots, créés par la mémoire. Narada vient apporter un troisième système : suivant lui les idées abstraites existent dans l'intelligence de Brahma comme les noms propres de certaines natures, subsistantes par ellesmômes, distinctes des esprits qui les conçoivent et des indivl* dus qui leur ressemblent... On discute encore sur cela dans les pagodes, sans parvenir à mieux s'entendre qu'Abafilard et Guillaume de Ghampeaux, sur les réaux et les nominaux.

Mais alors arrive le poète, et avec la logique ordinaire au poète, il peuple d'êtres imaginaires le cerveau de Brahma, chaque idée générale de puissance, de bonté, d'amour, de sagesse, d'infini, d'espace, de perfection de bien ou de mal, reçoit la vie, devient une force créatrice, un demi-dieu, et s'appelle Maritehi^ Angiras^ Poulastya, Atri, Indra, Soma, Vazichtat Brighou, etc.... Ces demis-dieux coopèrent avec Brahma à la création, chacun suivant la nature qui lui est attribuée, puis ils unissent par se subdiviser eux-mêmes à l'infini et par donner naissance à une foule de saints per^ sonnages, les Richi, les Mouni, les Vanaprasta qui viennent jouer leur rôle sur la terre, côte à côte avec les humains. Toutes les forces intellectuelles de Zeus deviennent aussi des dieux, les forces de la nature sont représentées par des demi-dieux, les actions, les vertus^ les qualités par des anges, des dévas et de saints personnages.

Et le poète de s'écrier avec enthousiasme dans les Pouranas, « Et c'est ainsi que le cerveau divin a produit des mil-

16 RÊPONâS A, dUELOUfiS GfilTIOlTES

lîors de dieux, -et de dévas qui fiont ie lien naturel «ntre le* créateur et la puissance céleste. »

Ainsi cette simple parole des védas que Tout est en Dieu, gr&ce aux exagérations philosophiques et aux rêves de la poésie, devient à Tépoque du despotisme hrahmanique, le prétexte des mythes les plu8étranges« des croyances les plu& insensées.

£t certains critiques de s'écrier : Que venez -vous nous parler des .grands principes de l'Inde ancienne sur l'unité de Dieu, ne savons-nous pas que votre Brahma s'éj)uise dès l'origine de la création à peupler les cieux et la terre de rakc basas, de pisalchas, de iakchas, de |;nômes, de démons de dragons, de géauts, avec lesquels il est ensuite obligé de lutter pour conserver sa puissance.

Et l'on ne veut pas avouer que l'on applique à la primitive époque védique, que Von ne cohuaU poc, les divagations poétiques de l'âge brahmanique.

£n peuplant leur Olympe de dieux, d'anges et de saints, Jes hrahmes n'avaient d'autre l>ut que celui de régner par la peur et la superstition. La dégradation morale de Tlnde est une œuvre sacerdotale.

Toutes les religions qui suppriment le libre examen arri- :irent au même résultat, et le catholicisme^ à l'imitation du brahmanisme dont il est descendu, n'a-t*il pas peuplé ses temples, de vierges, d'archanges et de saints dont la princi* pale occupation est de lutter avec le diable et tous les esprits malfaisants de la mythologie romaine, comme aussi d'être les médiateurs entre Dieu et ses créatures.

il ne suffît pas pour connaître l'Inde ancienne d'avoir traduit quelques passages des Pouranas» du Mahabarata, du Ramayana, du Manou abrégé par les prêtres, et de quelques autres ouvrages de la même ^oque, rejetés avec raison comme autorité religieuse par les pundits et les brahmes de la pointe orientale de rindoustaA, qui ont conservé au culte de Brahma sa primitive pureté. U faut, je ne saurai

DE LA BIBLE DANS l'INDB. 19

trop le répéter, remonter aux époqnes patriarcales et védifues, si Ton veut trouver Torigrae des traiitions religieuses du -monde entier.

N'étudiez pas Tlnde des védas à trois mîlle lieues de distance, venez vivre ici avec les pundits et les brahmes savants, dont les leçons peuvent seules vous permettre d'inrterroger le passé avec fruit, et d'émettre sur cette antique contrée des opinions sérieuses et puisées aux -vérhables sources.

Depuis William Jones, Golebrooke, Lassen, Bumouf etHalled, qu'avez ^ous révélé au inonde savant, qu'avez-vous traduit de nouveau, qu'avez-vous produit, et parmi vos mémoires fantaisistes en est-il un seul qui n'ait été écrit sur une hypothèse ? I>epuis Vingft ans, la science officielle se traîne sut les traces de deux ou trois indianistes de grand talerrt, qui pour avoir ouvert la voie avec éclat, n'en ont pas moins pour cela accrédité de nombreuses et graves erreurs.

Gela se conçoit. Il ne pouvait pas ôlre donné aux premiers savants qui révélèrent le samscrit à TEnrope, de dire le dernier mot sur cette vieille civilisation de Tlnde dont dix générations ne suffiront pas à traduire les oeuvres.

Aussi voyez le résultat :

L'un rejette la chronologie brahmanique, sans autre mo- ' tif que ceux tirés de son autorité personnelle. L'autre l'admet, mais jusqu'à telle époque seulement; plus loin tout est fabuleux. (Où sont leurs autorités, nul n'ayant encore rassemblé les matériaux de cette chronologie ?) Celui-ci, qui est catholique, prêche l'influence de Moïse sur l'Inde ancienne, et il se . drape dans cet anachronisme, d'où les meilleurs raisonnements ne le feront pas sortir. Celui-là fait vivre Bouddha au xv® siècle avant notre ère; cet autre place sa naissance au VI» siècle seulement.

Il n'y a pas deux orientalistes d'accord sur une date, sur tm fart, sur im règne, sur un livre; suppositions, affirmations> négations^ se croisent pèle-mèle^ et la dernière chose

dont on tienne compte en parlant de Tlnde, c'est de l'opinion des Indous... Vous vous trompez^ dit-on aux brahmes qui ont la prétention d*avoir des annales sérieuses, authentiques suivant l'expression de M. Halled ; nous savons bien mieux à quoi nous en tenir sur le passé de l'Inde, sur les bords de la Seine qu'aux rives du Godaverry.

Que dirait-on d'un brahme, qui après avoir appris péniblement le français, et traduit quelques lambeaux d'ouvrages poétiques^ sans avoir vécu de longues années en Europe» prétendrait approfondir nos mœurs, nos coutumes, nos législations, et, non content de trancher de haut toutes les questions économiques, philosophiques et religieuses sur lesquelles nous ne pouvons nous accorder nous-mêmes; viendrait encore rectifier nos dates, changer la tradition de nos monuments historiques, indiquer l'origine de ceux sur lesquels l'archéologie n'est point d'accord, et donner des leçons d'épigraphie et de numismatique à messieurs de l'Institut.

Est-il un seul écrivain qui oserait faire l'histoire d'une des provinces de France, sans l'aller visiter en détail, sans interroger ses monuments, sans scruter un à un tous les manuscrits qui s'y rapportent? Gomment alors étudier à distance une civilisation vieille de vingt à vingt-cinq mille ans, la première peut-être qui se soit produite dans le monde.

Chose étrange, nous ne sommes point ûxés sur nos propres origines, on discute encore pour savoir si Pharamond, le premier roi de France, est un personnage historique ou fabuleux, et quand il s'agit de l'Inde, on émet hardiment, du fond de son cabinet, des opinions qu'on prétend irréfutables.

Qu'on le sache bien, ce n'est qu'en allant demander aux brahmes savants, la consécration de ses études, ce n'est qu'en établissant dans le sud de l'Inde une école de sams« crit, qu'on arrivera à une science sérieuse du passé, et dénué de tout soupçon de charlatanisme.

Mais, me dira-t-on, William Jones, Colebrooke, Thomas Sti ange, ont vécu de longues années dans Tlnde, comment pouvons-nous errer, en nous inspirant de leurs enseignements en suivant leurs traces?

La plupart des critiques qui ont écrit sur la Bible dam l'Inde ont reproduit cet argument, qui n'a de valeur que pour les lecteurs qui ne s'occupent point spécialement deo sciences orientales.

En effet : aucun de ces indianistes n'a connu l'époque patriar^ cale et védique t aucun n'a cherché à dégager le principe primitif, des légendes brahmaniques! aucun n'a étudié^ approfondi la ques^ tionreligieuse ! William Jones et Colebrooke, ont surtout dirigé leurs efforts vers l'étude des législation indoues, et la recherche des rapports du samscrit avec les langues orientales et indo -germaniques. On conçoit qu'ils n'aient pu tout embrasser, quel qu'ait été leur talent,. sur cette vieille terre de l'Inde qui usera bien des générations encore, avant de livrer ses secrets. Il y a plus, ils n'ont pas eu en mains^ les ouvrages nécessaires à l'étude du problème religieux, et ce n'est pas au Bengale, contrée qu'ils n'ont jamais quittée, que l'on peut retouver les primitives traditions.

Depuis plus de cinquante ans, la Société asiatique de Calcutta, découvre interpolations sur interpolations dans les copies des védas qu'elle a fait faire. Elle n'a pu se procurer encore un Vriddha-Manava, ou ancien Manou, et s'aperce* vant depuis peu seulement de l'insuccès de ses recherches dans le nord de l'Inde, cette terre classique des invasions, elle vient de s'adresser aux brahmes de la pointe orientale de l'Indoustan auprès desquels (si le mouvement de reconstitution du passé se fût produit dans cette partie de l'Inde) on eut depuis longtemps trouvé les productions les plus authentiques de l'ancienne littérature védique.

Qu'on ne nous oppose donc pas William Jones et Colebrooke, qui n'ont ni connu ni même soupçonné les nombreux ouvrages que les bibliothèques des pagodes du sud de

22 RÉPONSE A QOELQUES CRITIQUES

l'Inde possèdent» sur Tépot^ue qui a précédé et suivi les védas. Grandes et respectables autorités, quand il s'agit des législations et de la philosophie indoues issues du brahmanisme, ces illustres indianistes Anglais ne peuvent être invoqués contre nous, sur une question d'origines religieuses qui ne fut jamais le but de leurs études*

Pas de fétichisme inintelligent^ ne faisons pas de la science autour du nom d'un homme, ne créons pas de doe^ trine officielle... Je ne crois pas qu'il soit bon de nier des choses uniquement parce que tel ou tel ne les ont point vues ou ne les ont point dites, cela n'est pas scientifique^ et l'on sait combien de temps le moyea âge a marqué le pas sur le terrain de la véritable science, pour s'être mis à la remorqxia d'Âristote et de la Bible.

n est dans l'Inde, croyez mol, beaucoup de livres et d& manuscrits qui attendent qa'oa veuille bien les traduira.

L'Inde ancienne^ c'est-à-dire l'Inde patriarcale et védique, fut si peu entrevue par William Jones, Colebrooke, Thomas Strange, Princeps, Wilson et autres,, qu'à en croire les savants pundits du sud de l'Inde^ ils n'auraient môma pas apporté en Europe le véritable alphabet samscrit dava? nagueri (issu de la divinité).

A ce propos, je crois d'un haut intérêt de parler d'une querelle célèbre dont on semble fort peu se douter en Europe, et qui divise^ depuis plusieurs siècles, les rares, savants des provinces du nord, c'est-à-dire du Bengale, et les brahmes des provinces du sud de l'Inda» c'esti>à-dire du Carnatic, du Tandjaore, du Maïssour et du Malayalam.

Les brahmes du nord disent à leurs frères du sud : t Noiu ne vous reconnaissons point comme apipartenant à notoa caste; vous êtes plus bronzés que nous, et nous seuls, qui n'avons jamais quitté les rives sacrées da Gange, possédoo» la vérité. »

Les brahmes du sud, attachés par milliers au^ service de» grandes pagodes, leur répondent :

DE LA BIBLK DANS l'INMB. 23

« Vbuaqni nous parier ainsi, vous n'ôtes plus des brarhmes, ily a longtemps que l'Esprit de Dieu s'est détourné de vous. SI nous sommes bronzés^ c'est que nous avons conservé le type pur et la couleur de nos ancêtres nés dans ce pays. Tandis que vous, si votre peau a blanchi , c'est par une alliance impure avec les musulmans, ces stupides envahisseurs de la terre sainte^ et, par ce fkit, vous avez perdu les véritables traditions et la science des livres sacrés.

c Tous ne portez plus lé costume consacré des prêtres, vous vons nourrissez de viandes proscrites par l*Écriture sainte, vous ne vivez plus d'aumône, vous convrervos femmes de longs voâés^ comme les sectateurs de Mahomet, et vous les enfermez dons- le lieu le plus secret de vos maisons, car vons êtes jaloux de votre frère. Où sont vos temples, vos autels, vos grandes fêtes? les superstitions de la plèbe ont réagi sur vous. Qu'importe que vous n'ayez jamais quitté les rives du Gtoge, toutes nos traditions religieuses sont nées dans le sud et à Geylan, et le Gange n'est devenu un fleuve sacré que par les ablutions qne Ghristna y ât en compagnie de son fidèle Ârdjouna. Vous adorez Kali, la déesse du meurtre et de le guerre, vous adressez vos prières aux nagas et aux sarpas; le génie du mal a renversé le culte de la Divinité... Vous n'êtes plus des brahmes, vous n'êtes même plus des Indous, vous n'êtes que des tchandalas (hommes de classe mêlée : paria), t

Rien n'est plus exact que ces rq)roches adressés par les brahmes du e^à aux brahmes dn nord.

L'Inde, que rBùropéen visite le plus volontiers^ séduit par la puissance de la domination anglaise, l'Inde, que l'on a jusqu'ici étudiée presque exclasivement, c'est-à-dire Calcutta, le haut Bengale, le royaume d'Aoude, Delhi et Agra, Benarès et Lahore, n'est plus llnde des anciennes tradi- ! tiens. I

Beecendez des hauteurs du Pundjab, traversez ces plaines limm^ses qui s'étendent au pied de l'Hymalaya, «uivea

le Gange, des montagnes du Eauauwer où il prend sa source, jusqu'au Saunderbounds, où il se Jette dans l'Océan. Quels vestiges avez-vous rencontrés de l'ancienne puissance brahmanique? les ruines même ont disparu... Vous ne trouvez là que des populations b&tardes^mi-indoues, mi-musulmanes, qui ont perdu tout cachet, toute originalité. Les diverses invasions: Mahmoud, Gengis-Khan,Tamerlan, les Afghans, Baber, Aureng-Zeb, et Nadir, qui tour à tour ont ravagé ce sol, n'ont rien laissé subsister de la splendeur des temps passés, temples, monuments, pagodes y inscriptions, manuscrits, tout a été détruit et brûlé; à peine çà et là apercevez-vous, en remontant le fleuve sacré, quelques tronçons de colonnes à demi enfouies dans l'herbe, quelques marches brisées de ces escaliers gigantesques que les prêtres avaient édifiés le long du Gange pour les ablutions des fidèles.

Les mosquées ont remplacé les pagodes, Mahomet a renversé Brahma, les sectateurs d'Omar ont nivelé par le sabre la terre et les peuples, les croyances et les statues des dieux. Depuis la conquête européenne, les cottages anglais sont en train de remplacer les palais des rajahs; la brumeuse Albion achève dans le nord de l'Indoustan, l'œuvre des Mogols.

C'est en vain que vous chercheriez sur cette terre envahie par les chemins de fer, le télégraphe, les usines et les comptoirs, le moindre souvenir de l'œuvre des védas. Ce , n'est pas au milieu de ces populations qui n'ont plus rien 1 d'indou, que l'on peut tenter la reconstitution du passé. Ce n'est pas dans leurs ouvrages falsifiés, que l'on peut retrouver les écrits des premiers âges...

' Les provinces du sud, au contraire, ont échappé à la funeste influence des envahisseurs. Là les brahmes savants, qui méprisent les superstitions delà foule, conservent le précieux dépôt des traditions religieuses, dans l'espoir d'une procliaiue régénération. Là sont les temples, les grands mo-

DE LA BIBLE DANS l'IKOB. 25

Duments, les ruines gigantesques, et les dieux taillés dans cinquante pieds de granit, qui, aux jours des fêtes solennelles, voient encore des foules de six à huit cent mille âmes s'agenouiller devant eux. Pas un village qui n'ait sa pagode, ses brahmes officiants , ses pundits commentant sous les portiques la loi ancienne. Et l'on ne se douterait pas que le seul temple de Ghélambrum, dans le Gamatic> nourrit une population de plus de quinze mille brahmes parlant encore samscrit. Aussi est-ce là, au centre de toutes les antiques traditions, en face des institutions brahmaniques, puissantes encore au point de vue religieux, que la science parviendra à reconstituer l'Inde ànciennOv à découvrir l'origine de tous les mythes mythologiques de l'antiquité grecque, et de l'idée chrétienne, à faire l'histoire de toutes les invasions qui ont colonisé le monde ancien, des sombres forêts de la Scandinavie aux rivages des îles océaniennes.

J'ai dit plus haut que la Société asiatique de Calcutta avait découvert, dans la plupart des manuscrits qu'elle avait recueillis, de nombreuses interpolations. Il y a longtemps que les brahmes du sud de l'Indoustan, dans leur querelle avec ceux du nord, ont émis cette opinion, que les livres sacrés du Bengale n'étaient pas des ouvrages originaux, ni même des copies fidèles, et voici les explications que j'ai entendu donner par beaucoup d'entre eux à l'appui de cette opinion.

c L'invasion musulmane, disent-ils, eut à son début un caractère essentiellement religieux; tous ses efiforts tendirent à soumettre à la loi du prophète les populations qu'elle avait vaincues. Pour arriver à ce résultat, tous les moyens lui furent bons, massacre en masse de tous les sectateurs de Brahma réfractaires à la circoncision, destruction par le fer et le feu de tous les monuments historiques, de toutes les bibliothèques, de toutes les pagodes, édification de mosquées dans toutes les contrées soumises... Elle porta sa main sacrilège sur tout ce qui rappelait un souvenir, une croyance, une œuvre du passé.

èà HÊPONSK \ QUBLQnttâ CltrriQtJSS

Le»liyre8« la langue sacréa, les tra<litionft religieuses dis* parurent, puiscfu'il n'y avait plus, de temples pour prier. »

Plu» tard, qoQoid remplre de D^hi fut solideineni aesis^ le» seetatfturs d'Hayder-Ali se ralAcbèiseni un peu de leur per* séeution, et suie autoriser le rétablisBement de» pagodes qu1ls avaient détruites» ils» permirent ài eiiaqua Indou de aft livrer aux exerciees de son culte dUMis rintètleur de sa maison; de là est venue la eoutrume qui existe encore dans le Bengale et les provinces supérieures, d-avoir dans ohaquep maison un brahme attacké aox esercices religieux^

A cette époque, quelques sannyasis (pèlerins) et autres dévots personnages vinrent chepcher dans* les pagodes du sud de rinde, qui avaient échappé à la persécution musulr* mane, des copies des livres sacrés qu'ils ne possédaient plusw Ces hommes de benne volonté mianquaieet, pourlaplupart» de la science nécessaire à Faceomplissementde leur œuvre; et ee9 eopves mal faites servirent à leur tour de modèle à d'autres copies plu» eu moins tronquées et dénaturée», aui^ vaut l'inti^UigpBnoe de ceux: qui furent chargée de les truiacrire. Pour faniliter Pétade du samscrit, que personne n'entendait plus dane le nord, l'alphabet ancien fut lemplaeé par un nouveau emprunté à l'écriture vulgaire du kanara, du bengali, et surtout de l'indouetani, alphabet que, d'après William Jone& et Goiebiooke, Tfiurope «.adopté pour Tétuda de la vieille langue des védas.

Ainsi, d'après les brahmes du sud de l'Indoustan, l'alphabet ssunscrit en usage dans nos facultés serait ou alphabet apo^ crypbe, appelé mennagueri (d'origine humaine), et non l'alp phabet devanagueri, que Vischnou lui-même a, d'après la légende, révélé aux hommes.

Je ne me dissimule pas la gravita! scientifique de ces opinions. Sans prétendre leur apporter le bi^i minée appui dé mon autorité Je puis dire qu'elles pèseront d'un poids incoa^ testable dans les étudesde l'avenir, lorsque la science voudra bien se décider à puiser aux sources primitives, et à s-oo-

DC LA. OIBXX DA:f3 L'jN1>B. SE7

euper de samscritplus sérieusement qu'elle ne Ta fait jusqu'à ce jour. Elld& sontan eifet soatenue» par des bommea d'une incontestable science qui passent leur vie dans Tétude des antiquités de leur pays, et que Ton voudra bien reconnaître comme plus experts en cette matière, que-ceuxqui jugent de loin une civilisation si différeate de la nôtre, par ses moeurs i>es coutumes, ses croyances, et sa littérature. Elles ont enfin une consécration historique dans ce fait incontestable : Que le sud d$ CLtàe a échappé dT influence directe de toutes les invo-* s ions dont les provinces du nord ont été le théâtre, et qui ont détruit jusqu'aux derniers vestiges de lavieUle civilisation védique.

M. Gicé, le sa vaut orientaliste de Pondickéry, qui parle le samscrit, et huit à dix dialectes de l'Inde, et qui a consacré trente ans de son existence à- l'éiude du passé, est un partisan sérieux et convaincu de ces opinions que l'Europe sera tôt ou tard forcé d'adopter.

Q.ie da fois- ne la.'a'^il pas dit, loiâcpiv nous causions en^ semble de ce merveilleux pays, aima parens des principales nations du mon le. — t Les croyances religieuses, de la primitive époque des vtfdas ne peuvent être ni étudiées ni comprises ailleurs que dans rinde; la poésie et ses grossières légenles, les ont par trop défigurées, il y a trop de manuscrits à traduire^ de monmmeat» à interroger pour qu'une reconstitution de ce passé grandiose, soit possible de loin, quels que soient la science et le dévouement de ceux qui pourraitentla tenter.»

On nous saura gré de donner ici l'alphabet devanagueri que nul n'a encore apporté en Europe et qui est considéré par lesbrahmes du sud de l'Indoustan comme le seul alphabet authentique des védas.

Nous le faisons suivre, pour que le lecteur puisse comparer, de l'alphabet en usage dans les Facultés d'Europe.

ALPHABET SAMSCRIT DEVANAGUERI (émané d$ Dim}

DBS BRA.HMES DU SUD DE l'IKDOUSTAN.

Voyelles.

a ft i î ou où re rô le

3tj. ^. Z. ^/1^. €. £<^.ôc5. ôd5.<r^.

le e ai 0 aôu.

Consonnes, k kh g gh ng to ths

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Signes muets.

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DE Là biblb dans l'indb. 29

ALPHABET SAMSCRIT DEVANAOUERI (émané de Dieu)

DBS BRAHMBS DU MORD DB I.'lNDOUSTAN.

VoyelUs.

ti à i i ou où re rô le lé

e ô acu.

Consonnes.

k kh g gh ng ts ths ds dsh ugs

^.i. JT. ^.5, "^. ^..^.^.51

tt tth dd ddh nn t th d dh

(^.5.5.^. ni. .çî..zi.2:.H

n p pp b bb m y r

e V s ch st b ksb.

Signes mueu, bk bp am aa.

30 r6PO«6B a aUfiLQUWB dUTIQUES

S'il est vrai, selon Topinion des pun<iits et des brabme» fiftvaats du sud deJ'Iiidef que nos univârfiités ne possèdent môme pas le véritable alphabet devanagueri, si jusqu'à ce |our (d'après les mômes autorités) on n'a pu interroger en Europe, que des copies mal faites des ouvrages sacrés des brahmes; espérons que avant peu une science mieux entendue du samscrit, et puisée aux sources mômes du brahmanisme, en rétablissant dans nos écoles les véritables textes d'ouvrages si précieux, ponr l'histoire de l'humanité rendra au monde savant pour les études orientales le môme service que la chute de Gonslantinople, qui nous fit connaître les ouvrages des anciens rendit aux éludes grecques et latines.

En démontrant de mon mieux, quenul jusqu'à ce jour, n'a étudié l'époque patriarcale et védique, que c'est à peine si l'ère brahmanique a été effleurée, que l'on s'est appuyé surtout pour Juger l'Inde ancienne, sur des ouvrages de poésie que les brahmes savants ne regardent que comme des œuvres vulgaires et sans autorité, j'ai répondu aux principales critiques qui se sont produites dans les deux mondes à l'occasion de mon ouvrage, la Bible dam rinde. Je ne crois pas devoir répondre aux personnalités dont certains critiques catholiques, ont bien voulu m'honorer, ni prendre au sérieux, la série d'anachronismes historiques, à laquelle ils sooft réduits, pour prouver que Moïse esrt antécieur à Manon.

Cependant M. Théodore Pavie, élève de Burnouf, ex-suppléant de la chaire de aamscrit au Collège de France, me permettra de ne point laisser passer sans y répondre la plus grosse de ses erreurs, en raison môme de l'énergie avec laquelle elle est aihrmée.

Dans un article critique publié sur la Bible dans Vlnde^ dans la Revue de l'Anjou en 1870, première livraison de janvier, M. T. Pavie s'exprime ainsi :

c Si nous avons admis les rapports qui existent entre la

I>B Ul bible DiLKS L'jNDtS. 3i

Genèse de Moïse et celle de Manou, en expliquant les causes , qui nous portent à' les accepter, nous nions formellement que

la triade soit mentionnée dans le législateur indou. Non, ] ni les védas, ni Manou n'ont parlé du trimourli (trinité)

que vous faites apparaître à l'aurore de la création* •

Pour rendre son affirmation plus imposante encûre* M. T. Pavie, cite la phrase suivante de M. Loiseleur-Deslongchamps^ le traducteur de Manou : c On ne voit aucune trace dans le code de Manou de cette triade, ou trinité (trimourti) si fameuse dans des systèmes philosophiques sans doute postérieurs. >

Sur ce point, je vais prier le législateur indou lui-même de nous dire s'il est vrai qu'il n'ait point connu la triade, c'està-dire la trinité. Et sa réponse ne se fera pas attendre.

Lois de Manou, Livre XI, eloca (verset) 2G5

f La sainte syllabe primitive, composée de trois lettres (au m) dans laquelle la triade védique est comprise, doit être gardée secrète comme un autre triple véda. Celui qui connaît la valeur mystique de cette syllabe connaît le véda. >

Userait difficile de rencontrer un texte plus formel. Et si Manou ne parle pas plus souvent de la triade védique, ou trinité mystérieuse de qui émanent les quatre védas ou sainte Écriture, c'est que cette notion de la trinité divine était réservée aux initiés, et qu'il était défendu, sous peine de mort, de la révéler au vulgaire.

Suivant l'abbé Dubois, missionnaire aux Indes, la triade védique est représentée par aum et cette syllabe primitive signifie a-Brahma, u-Vischnou, m-Siva, le môme auteur constate qu'il était défendu aux anciens brahmes, de révéler le mystère de la trinité aux castes inférieures...

Ce n'est pas Manou qui n'a point connu la Irini'é, c'est M. Pavie qui comprend mal Manou I...

Toute la critique catholique de M. T. Pavie, est conçue dans cet esprit, pour arriver à courber Tlnde des védas, ilnde d'il y a vingt mille ans et plus, sous la révélation mosaïque qui n'est qu'une pâle copie des bas mystères de VÊgyple.

Je n'insiste pas, et me hâte de clore ces pages pour continuer mes études sur l'Inde ancienne, avec les nombreux manuscrits que j'ai eu en ma possession, et d'après les principes que m'ont inculqués mes maîtres, les brahmes pnndits des pagodes de Villenoor et de Ghélambrum dans le Garnatic.

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