‹ Études indianistesChapitre 9 sur 122 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

&a'4N0U. — MANES. — MINOS. — MOSfia

Un homme donne à Tlnde des lois politiques et religieuses, et il s*appelle Manou.

Le législateur égyptien reçoit le nom de Manès.

Un Cretois se rend en Égjpte pour étudier les institutions dont il veut doter son pays , et l'histoire conserve son souvenir sous le nom de Minos. '

Enfin le libérateur de la caste asservie des Hébreux fonde une société nouvelle, et se nomme Mosès. '

Manou, Manès, Minos, Mosès, ces quatre noms dominent le monde ancien tout entier ; ils apparaissent au berceau de quatre peuples différents, venant jouer le même rôle, entourés de la même auréole mystérieuse, tous quatre légisUteurs et grands-prêtres, tous quatre fondant des sociétés sacerdotales et théocratiques.

Qu'ils aient procédé les uns des autres , que Manou ait *iô leur précurseur, cela ne peut faire Tombre d'un doute,

64 LA UIDLE DANS L ÎNDK

en présence de la similitude des noms et de Fidentitë des institutions qu'ils oat cré(5os.

Kn sanscrit, Manou signifie Tbomme par excellence , le l^gii^lateur.

^ Manès, Minos et Mosès ne proviennent-ils pas de /a même racine sanscrite? Ces noms n'accusent-ils pas une origine unique et incontestable , et dont on ne peut attri- ' buer les variations, bien légères du reste, de la prononciation et de récriture , qu'aux langues égyptienne, grecque et bébraïque, qui toutes trois, en s'emparant de ce nom primitif de Manou, devaient nécessairement récrire avec des changements appropriés à leur génie et à leurs formes particulières?

Nous avons là, en sachant le suivre, le fil de Dédale qui doit nous diriger dans nos recherches à travers les civilisations antiques, et un immense champ d'exploitation duquel vont surgir en foule les preuves les plus convaincantes en faveur de la paternité de l'Inde et de son influence directe sur toutes les nations des temps anciens.

C'est par là aussi que nous allons pouvoir remonter aux Bources uniques de la révélation et de toutes les traditions religieuses.

Quand nous aurons démontré que l'Égyptien Manès, le Cretois Mines et l'Hébreu Mosès ne sont que les continuateurs de Manou, alors qu'on ne pourra plus nier que l'antiquité n'ait été qu'une émanation indoue, plus facile sera la tâche que nous nous sommes imposée, de faire remonterj Et la haute Asie les origines de là Bible, et de prouver que ( l'influence et les souvenirs du berceau se continuant tj travers les âges, Jésus-Christ est venu régénérer le moncie ^ iouveau, en suivant l'exemple de lezeus Christna, qui avait régénéré Tancien monde.

Au seuil de chaque civilisation qui se fonde, paraissent û^B hommes qui , plus intelligents que leurs frères , s'imposent aux masses dans un but de domination ou de pro-

L'iNDB £N PAOB DBS TBMPS ANCIENS CC

ftèB'j seuls contre tous, alors que la force bratale est la loi suprême, la condition du pouvoir qu'ils cherchent à fonder est de chercher un appui dans cette idée de l'Être suprême, laissée par le Créateur dans la conscience de tous, et alors ils s'entourent d'une mystérieuse auréole, dissimulent leur origine, s'intitulent prophètes on envoyés célestes, et appellent à eux, pour se faire accepter plus facilement, les fables , les prodiges , les songes , les révélations obscures qu'ils prétendent seuls pouvoir expliquer, ainsi que tous les phénomènes physiques, qui deviennent sous leur main habile des manifestations de la colère céleste qu'ils peuvent susciter ou apaiser à leur gré.

De là les mythes de toutes naturea qui entourent Tenfance de la plupart des nations, et que l'histoire s'^&t habituée à enregistrer pieusement, sans voir qu'elle enra* cinait ainsi de ridicules préjugés et leur donnait de Tau* thenticité , au lieu de les combattre énergiquement et de les reléguer dans le domaine du ï*éve et de la poésie.

C'est à l'aide de cela que les ambitieux ont asservi, do« miné les peuples dans les temps anciens ; c'est encore à l'aide de ces souvenirs fabuleux que Ton tente de les as* servir aujourd'hui.

Manou, en s'unissant aux brahmes et aux prêtres pour renverser la primitive société des Vedas, a été le point de départ de l'abaissement et de la ruine de son pays, étouffé sous une théocratie égoïste et corrompue.

Son successeur Manès» en asservissant l'Egypte sous la domination des prêtres, lui préparait l'immobilité et l'oubU.

Et Mosès ou Moïse, poursuivant avec un égal succès le rôle despotique de ses devanciers, n'a su faire de sa nation, appelée si pompeusement le peuple de Dieu , qu'un troupeau d'esclaves, bien discipliné pour le joug, et constamment emmené en servitude par les populations étrangères •es voisines. \

«6 L4 BIfiLB DAMS L^INDB

4 Athènes et à Rome se produisirent, il est Trai, qocU ques éclairs de libre pensée, quelques velléités d'indépendance; mais entourées de nations abruties et en pleine décadence, elles devaient subir le sort commun , et elles tombèrent parce qu'elles furent sans force pour luttear contre la corruption générale.

Une ère nouvelle se leva ; Vidée religieuse épurée tenta la régénération par là morale, le libre arbitre et la raison. Mais le philosophe chrétien devint bientôt un révolution^ naire pour ses successeurs, qui sortirent dos catacombes pour s'asseoir sur des trdnes, et à partir de ce moment s'appliquèrent sans relâche à dénaturer les principes maître et à substituer à cette sublime parole :

« Mon royaume n'est pas de ce monde, «• cette autre, qui menace de faire son chemin :

M Le monde entier est notre royaume. »

Prenons garde, les temps brahmaniques, sacerdotaux et lévitiques, dans l'Inde, en Egypte et en Judée n'ont rien a nous opposer aux bûchers de l'inquisition, aux massacres des Vaudois, à la Saint-Barthélémy, pour laquelle Borne fit retentir Saint-Pierre d'un Te Deum d'allégresse.

Henri d'Allemagne, empereur et roi, passant trois jours les pieds dans la neige, la tête oourbée sous la main stupide d'un prêtre fanatique, n'a pas eu son pendant sous les sectateurs de Brahma, d'Isis ou de Jehovah. Prenons garde I

H9 est venu donner le signal de la lutte entre ceux qui, suivant la loi de Dieu, marchent en avant à la conquête du progrès et de la liberté, et ceux qui prétendent se servir de la loi de Dieu pour détruire la liberté et le progrès.

Pas de faiblesses; regardons en arrière, et voyons si nous voulons finir comme les nations de l'antiquité.

Ayons la foi qui remercie Dieu de la raison qu'il now a donnée; repoussons La foi qui fait de Dien on instrumi^iii pour asservir la raison.

L*INDB KN FACK DBS TBMPS ANOIBNS ^'7

Voilà co que me disent ces quatre noms de Manou, Mânes, Minos et Mosès ; Toilà les enseignements qve je puise dans le passé et que me donne l'histoire dénuée de réres, de préjugés et de superstitions, Thistoire que noQS deyrions faire étudier à nos enfants, au lieu de cette scienco de convention qui se prélasse dans les temps héroïques et fabuleux, élève des autels aux tueurs d*hommes, et préconise les sortilèges, les pjthonisses, les miracles, Dieu et le diable, et la révélation.

Avant d'étudier l'influence politique et religieuse de Hanou sur Vlnde, TÉgypte, la Judée, la Grèce et Rome, je ne puis résister au désir de jeter ici les ba^es d'un procès il rhistoire, qu'il nous faudra tôt ou tard juger, si nous voulons la régénérer, la rendre conforma à l'humanité et à nos aspirations vers l'avenir.

Je n'expose ici que des idées personnelles.

Les traitera de folies qui voudra.

Les admettra qui pensera y trouver quelques vérités 1

Page 1